Petit rappel
Fire Punch est un manga de type shōnen, publié en France en 2017 chez Kazé. La série s’est achevée en 8 tomes. Dans cette nouvelle réédition, deux albums de l’édition originale sont regroupés en un seul volume. Nous en avons déjà parlé dans un article, toujours disponible sur notre blog (cliquez ici pour le lire). Aujourd’hui, nous vous présentons la réédition des volumes 3 et 4, qui est disponible en librairie depuis le 30 avril 2025.
Les personnages
Avant de plonger dans le contenu de l’histoire, rappelons brièvement les personnages principaux. Nous avons Agni, le protagoniste, dont la triste histoire nous est racontée dès le début de l’œuvre. Après une attaque contre le village où il vivait avec sa sœur, il se retrouve piégé dans un incendie pendant plusieurs années. La cause de son calvaire, en dehors de l’attaque des troupes de l’armée de Behemdog, réside dans sa capacité à se régénérer. Son corps étant gravement endommagé au départ, sa guérison a pris plusieurs années.
Il y a également Judah, que l’on suppose être la sœur d’Agni, car elle lui ressemble fortement. Et, comme lui, elle possède le pouvoir de régénération. Enfin, on rencontre Togata, une jeune fille particulièrement décalée et imprévisible, totalement obsédée par le cinéma. Dans le monde de Fire Punch, les films ont disparu, mais elle rêve de réaliser son premier film grâce à une caméra qu’elle a trouvée.


En quête de vengeance
Nous retrouvons donc Agni, prêt à exécuter sa vengeance contre la ville de Behemdog. En chemin, il se retrouve face à une prison où des détenus sont enfermés, et ceux-ci implorent Agni de les libérer. Togata, qui lui rappelle que ce n’est pas dans le script (car oui, elle est en train de filmer aussi), tente de le recentrer sur sa mission. Mais Agni reste figé, envahi par de nombreux souvenirs. Sa vengeance ne lui ramènera pas sa sœur, et il repense à ses moments de survie, à la difficulté qu’il avait même pour chasser afin de se nourrir, une tâche qui lui demandait un effort immense. Soudainement, il se met à frapper la cage pour libérer les otages, ce qui déclenche l’alarme. À cet instant, tout le monde est au courant qu’il est là, prêt à se battre.
J’apprécie beaucoup ce passage, car il nous rappelle que, peu importe l’ampleur de la vengeance, la raison peut toujours refaire surface.


Un sauvetage
Lui qui avait rencontré Sun et qui était resté prisonnier, il décide désormais de la libérer. Maintenant, en plus de pouvoir se régénérer à volonté, il est capable de manipuler le feu qui l’a tant consumé. Aux yeux des otages qu’il a libérés, il devient un véritable héros. Il s’interpose courageusement devant les soldats qui ont décidé d’ouvrir le feu sur eux.
Nous arrivons sur un passage que l’on connaît bien dans les shōnen : le combat entre deux puissances. D’un côté, Agni, et en face, une armée. Parmi les soldats, un gigantesque robot en métal s’avance, déterminé à accomplir une seule mission : pulvériser Agni.


L’action le coeur des shonens
Le combat fait rage dans la ville, détruisant plusieurs bâtiments sur son passage. D’un côté, le colosse, et de l’autre, Agni. Les scènes de combat s’enchaînent parfaitement, nous permettant de suivre chaque détail et de mesurer l’ampleur de l’affrontement. C’est un excellent point pour un shōnen, car les dessins doivent être suffisamment fluides pour nous faire imaginer l’incroyable bataille qui se déroule sous nos yeux.


Les thématiques choquantes
Je vous en avais déjà parlé dans mon précédent article : c’est un monde post-apocalyptique. Les thèmes pouvant choquer certaines sensibilités sont toujours présents. Dans la ville de Behemdog, les humains dotés de capacités utiles à leurs communautés sont exploités comme combustible, comme source d’énergie, à l’instar des humains dans la saga Matrix. D’un côté, Behemdog, les dominants, et de l’autre, les combustibles, les dominés, exploités pour leur pouvoir.


Les défauts de l’humanité
Avec les thématiques qui peuvent être choquantes, nous retrouvons les défauts de l’humanité. Nous savons déjà depuis le début que la soit disant antagoniste principale, la sorcière de glace, n’est soit disant qu’une invention de Belhegom pour garder le contrôle sur la population, et les réduire en esclavage et même pire encore, s’en servir comme combustible. Leur politique se tourne donc sur le fait de sacrifier des innocents pour garder un maximum de confort, quoi qu’il en coûte. Ça ajoute un certain réalisme à tout ce récit.


Agni l’indomptable
Agni a vécu énormément de souffrance pendant que son corps prenait feu, mais ça lui a forgé un sacré tempérament de feu. Lors de son combat face au guerrier métallique, il se rend compte d’une chose : il ne veut pas être contrôlé par des chefs, et encore moins être un esclave. Tandis que le combat ne joue pas en sa faveur, il lui vient une force sortie tout droit de son mental. Un symbole qui peut être interprété par un désir de liberté. Il parvient à éliminer son adversaire, et devient un vrai symbole, limite un dieu. De son acte va surgir un élan d’espoir, qui va être suivi par plusieurs personnes, en quête de venir protéger les plus faibles.

