Imaginez, ne serait-ce qu’un instant, pouvoir ramener une personne disparue à vos côtés, même pour quelques jours seulement… C’est l’expérience bouleversante que va vivre Damian dans La Fleur des Absents, publié chez Casterman. Entre tendresse, humour et émotions, le récit de John Moore, sublimé par les illustrations de Neetols, nous promet une lecture touchante et pleine de surprises.

Le prix du souvenir
La vie de Damian n’a rien d’un long fleuve tranquille. Sa mère est décédée d’une maladie alors qu’il n’avait que quatre ans, et depuis, son père, qui a refait sa vie, ne veut plus de lui sous son toit. Résultat, Damian s’est retrouvé chez son grand-père Lou. Comme si cela ne suffisait pas, il doit aussi subir les moqueries incessantes de ses camarades de lycée. Pour eux, il n’est que le petit nouveau, et malgré un mois déjà écoulé, il n’arrive toujours pas à se défaire de cette étiquette. Être « le nouveau », c’est loin d’être facile…
Il y a bien Elijah, ce garçon que Damian trouve particulièrement beau. Il aimerait lui avouer ses sentiments, mais en réalité, il n’en a pas la force.
Cependant le destin prend un tournant inattendu lorsqu’il découvre une publicité intrigante : « La fleur des absents », une fleur mystérieuse qui aurait le pouvoir de ramener une personne morte à la vie… pour un court laps de temps. Pour Damian, c’est l’occasion rêvée de retrouver sa mère, de lui parler, de sentir à nouveau sa présence.
Déterminé, il se lance à corps perdu dans ce projet. Il revend ses films préférés, enchaîne de petits boulots, tout ça pour réunir assez d’argent. Car une fleur des absents, ça a un prix.
Le moment venu, Damian se rend devant le monument dédié à sa mère. Face à la pierre froide, il craque. Mais au lieu de grands mots d’amour, ce sont des sanglots qui jaillissent. Il se livre entièrement, avoue combien sa vie est devenue insupportable sans elle, à quel point son absence le déchire un peu plus chaque jour. Les larmes brouillent sa vue tandis qu’il embrase la fleur, dans un dernier geste empli d’espoir et de désespoir mêlés.
Et soudain… quelqu’un apparaît. Mais ce n’est pas la silhouette maternelle qu’il espérait. Devant lui se tient une enfant.
Quand la fleur éveille les morts
Une jeune fille apparaît soudain : rousse, menue, vêtue d’un k-way jaune éclatant. Elle s’appelle Saskia. Et si elle se tient devant Damian, ce n’est pas par hasard. Elle est morte elle aussi et ce, malgré son jeune âge.
Damian est bouleversé. Lui, ce qu’il désirait plus que tout, c’était revoir sa mère, pas une enfant débordante d’énergie qui ne tient pas en place et parle sans cesse. Son agitation l’agace, mais il n’a pas le choix : Saskia devra rester près de lui jusqu’à ce que la fleur se fane. Impossible de l’abandonner, surtout qu’elle n’a que neuf ans.
Sa première réaction est d’aller demander des comptes à son grand-père Lou. Après tout, c’est lui qui lui avait assuré que ce monument était dédié à sa mère. Mais la vérité est tout autre : voyant à quel point Damian s’y était attaché, Lou a préféré lui laisser croire qu’il s’agissait d’un lieu en mémoire de sa mère. Après tout, où est le mal ? De toute manière Saskia est là et il va devoir faire avec ! Le vrai problème ? Damian découvre qu’il est le seul à pouvoir voir Saskia.


Quand le passé se manifeste
Pas le choix, Damian va devoir composer avec la présence de Saskia. Fidèle à elle-même, la fillette déborde d’énergie et le bombarde de questions. Mais lorsqu’elle ose lui demander comment était sa mère, Damian finit par ouvrir son cœur. Il lui raconte combien elle était douce et gentille… avant que la maladie ne l’emporte bien trop tôt, lui volant le temps qu’il aurait dû passer à ses côtés. Difficile pour lui d’accepter que la Fleur des Absents ait invoqué la mauvaise personne.
Le lendemain, rien ne s’arrange. En retard au lycée, Damian trébuche et s’écroule en plein milieu de la salle de classe. Madame Woodhouse, une enseignante touchée par son sort, en profite pour prendre la parole et inciter les élèves à le soutenir dans cette épreuve. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’il a déjà utilisé sa fleur… pour la mauvaise personne.
Mais hors de question pour Damian d’avouer qu’il a ramené la mauvaise personne. Par honte, il préfère mentir en prétendant qu’on lui a volé la fleur. Un petit mensonge qui lui attire d’abord de l’empathie… mais la vérité finit toujours par remonter à la surface. Et pendant que le secret se fissure, Saskia, de son côté, le pousse à avouer. Car elle aussi souffre. Son propre drame, qui jusqu’ici était tenu secret, va alors également refaire surface…