Avant-propos
En 2026, malgré les progrès impressionnants de la médecine et les avancées dans le traitement de nombreux cancers, cette maladie reste un combat pour beaucoup et continue d’arracher trop de vies, trop tôt. Elle bouleverse les familles, transforme le quotidien et impose à ceux qui en sont touchés une épreuve physique et émotionnelle sans équivalent.
La vie en plus est une bande dessinée qui nous invite à découvrir ce combat de l’intérieur. Elle nous plonge à la fois dans les coulisses du centre Gustave Roussy, l’un des centres européens les plus réputés pour la lutte contre le cancer, et dans la vie de Marion, une jeune femme dont le quotidien bascule après une mammographie.
Droit d’auteur : © 2026 éditions Glénat

Un rendez-vous qui change tout
Marion a tout d’une vie ordinaire. Un travail qui lui plaît et dans lequel elle s’investit avec sérieux, un époux aimant avec qui elle partage le quotidien, deux merveilleux enfants… Autour d’elle, il y a aussi des amis, présents, rassurants. Parmi eux, Audrey, une maman de l’école. Marion lui fait confiance, notamment lorsqu’il s’agit de récupérer son fils à la sortie des classes. Et justement, ce soir-là, Marion en a besoin.
Elle a un rendez-vous médical. Rien d’inquiétant. Un simple examen de routine, comme elle le répète pour se rassurer. Dans sa famille, le cancer du sein a déjà frappé. Une réalité qu’elle connaît trop bien et qui l’oblige à rester vigilante. Cette mammographie de contrôle, elle ne peut pas y échapper.
Elle se dit qu’une heure suffira. Une heure, puis elle rentrera chez elle, retrouvera son mari et ses enfants, comme si de rien n’était. Marion n’a pas peur. Après tout, quelles sont réellement les chances qu’on lui trouve une anomalie ?
Les minutes s’étirent. Les heures passent. La nuit finit par tomber. Le rendez-vous prend plus de temps que prévu, beaucoup plus de temps. Puis vient l’annonce. La mammographie a révélé une boule. Il s’agit probablement d’une tumeur, mais pour le moment, il est difficile d’en dire plus. Il faut attendre, faire d’autres examens, confirmer ou non ce diagnostic qui vient de faire basculer son monde.
Elle va devoir l’annoncer à son mari. Trouver les mots, sans vraiment savoir de quoi il s’agit, sans pouvoir le rassurer, ni se rassurer elle-même. Comment expliquer l’incertitude, l’attente, cette peur sourde qui commence à s’installer ? Un nouveau rendez-vous est fixé dans deux jours au centre Gustave Roussy. Deux jours. Deux jours qui lui paraissent déjà interminables.
Le début d’une longue bataille
Le centre Gustave Roussy n’est pas un hôpital comme les autres. Il est reconnu comme le premier centre français et européen dédié à la lutte contre le cancer. Sa réputation n’est plus à faire, puisqu’il figure parmi les dix meilleurs centres au monde dans ce domaine. Un lieu synonyme d’expertise, mais aussi d’angoisse pour celles et ceux qui en franchissent les portes. C’est là-bas que Marion va se rendre.
Dès son arrivée, elle est prise en charge par le docteur El Haïdi, chirurgienne, accompagnée de Laëtitia, une assistante médicale. Leur attitude est professionnelle, bienveillante, presque rassurante. Dans ce bureau aux murs trop blancs, trop froid, Marion va en apprendre davantage sur la suite des événements.
Le premier examen à réaliser est une cytoponction. Un geste rapide, précis, qui permettra de déterminer si la lésion détectée est bénigne ou maligne. Le verdict tombera dans quelques heures seulement. Quelques heures. Une éternité.
Marion patiente. Elle attend, le regard perdu dans le vide. Elle pense à ses enfants, à son mari, à cette vie qu’elle menait encore quelques jours plus tôt, sans imaginer qu’elle pourrait basculer aussi brutalement. Puis vient le moment que l’on redoute, celui que l’on espère repousser le plus longtemps possible. Le verdict tombe. Un cancer.
Dans la tête de Marion, tout se chamboule. Les pensées se heurtent, les mots perdent leur sens. Après l’annonce à son mari, vient celle aux enfants. Puis à la famille. Trouver les mots, affronter les regards, contenir les émotions. Rien n’est simple. Annoncer la maladie n’est jamais un acte anodin. Certains se montrent présents, soutenants, essayant de rassurer comme ils le peuvent. D’autres, au contraire, esquivent le sujet. Ils changent de conversation, minimisent, évitent les questions. Une manière maladroite de masquer leur propre peur, leur impuissance face à la situation. Mais cela ne changera rien. Marion doit rester forte. Pour elle, pour ses enfants, pour ceux qui l’aiment car après tout, le combat ne fait que commencer.


La rage de vivre
C’est le jour J. Aujourd’hui, Marion subit une mastectomie, suivie d’une reconstruction mammaire. Même si elle sait qu’elle est entre de bonnes mains, elle ne peut s’empêcher d’avoir peur.
Puis les jours passent. Les semaines s’enchaînent. La tumeur a été retirée, mais Marion le sait désormais. Tout cela ne fait que commencer. Le combat ne s’arrête pas à l’opération.
Une chimiothérapie l’attend dans le but de détruire les éventuelles cellules restantes. Ce mot, chimiothérapie, résonne douloureusement dans son esprit. Il lui fait peur. Aura-t-elle mal ? Perdrait-elle ses cheveux ? Comment son corps va-t-il réagir ? Les questions s’accumulent, sans toujours trouver de réponses immédiates.
Le docteur El Haïdi se veut rassurante. Elle prend le temps, trouve des mots doux, simples, humains. Suffisamment pour apaiser un peu Marion, mais parfois, les paroles médicales ne suffisent pas. Rien ne vaut le regard de quelqu’un qui vit la même chose.
Lors de sa première séance de chimiothérapie, Marion fait la rencontre de Nour. Un homme qui subit actuellement sa troisième chimiothérapie. Entre eux, les mots viennent naturellement. Pas besoin de longues explications. À ses côtés, Marion se sent moins seule. Elle trouve du soutien. Et du soutien, elle en a cruellement besoin.
La chimiothérapie épuise Marion. Son corps la trahit. La fatigue s’installee. Elle perd ses cheveux. Son reflet dans le miroir devient difficile à affronter. Les goûts disparaissent, les aliments n’ont plus de saveur. Tout devient effort. Se lever, manger, sourire.La fatigue est là, omniprésente. Et puis viennent les nuits. Les plus difficiles. Quand le silence laisse place aux pensées sombres.
Heureusement, Marion n’est pas seule. Elle peut compter sur le soutien de ses proches, sur leurs gestes, leurs mots, leurs petites astuces pour l’aider à mieux vivre cette épreuve. Chaque présence compte. Et surtout, Marion peut compter sur ce qui la maintient debout, jour après jour. Sa rage de vivre.