Paru en 2018 au Japon et composé de 7 tomes, L’amie de ma fille (ou Musume no Tomodachui) est désormais disponible en France aux éditions Meian. Il est écrit et illustré par Asami Hagiwara.
Droit d’auteur : MUSUME NO TOMODACH Vol. 1 © Asami Hagiwara 2019

Une rencontre inattendue
Kôsuke n’a décidément pas la vie facile. Depuis le décès de sa femme, il enchaîne les journées de travail, croulant sous les responsabilités. Une fois rentré chez lui, il doit également s’occuper seul de sa fille, Miya, qui traverse elle aussi une période compliquée. Fatigué, épuisé moralement, Kôsuke avance tant bien que mal, sans vraiment prendre le temps de souffler.
Son collègue Yoshida tente bien de lui changer les idées et de l’entraîner à l’extérieur, mais rien n’y fait. Kôsuke n’arrive pas à décrocher, ni à oublier le poids qui pèse sur ses épaules. Son seul véritable moment de répit, il le trouve dans un petit café discret, légèrement à l’écart, où peu de clients se rendent. Un endroit calme, parfait pour se détendre quelques instants, cigarette à la main.
Le gérant des lieux n’est qu’un vieux monsieur tranquille, et le service est assuré par une jeune fille aussi charmante que réservée. Peut-être même un peu trop jeune… En la voyant, Kôsuke a une étrange impression de déjà-vu. Elle lui rappelle sa propre fille : belle, douce, et surtout très timide, notamment face à certains clients un peu trop insistants.
Lorsque Kôsuke surprend un client en train de lui demander son numéro de téléphone avec une familiarité déplacée, il ne peut s’empêcher d’intervenir pour venir en aide à la jeune fille. Un geste instinctif, presque paternaliste… sans se douter qu’à partir de cet instant, il va lui aussi se retrouver pris au piège d’une situation bien plus complexe qu’il ne l’imagine.
Les signaux ignorés
En rentrant chez lui ce soir-là, Kôsuke est inquiet. Sa fille n’est pas sortie de sa chambre de la journée et n’a même pas touché au repas qu’il lui avait préparé. Un silence pesant s’est installé dans l’appartement. Lorsqu’il frappe à la porte, Miya laisse soudain éclater sa colère. Depuis quand son père s’inquiète-t-il vraiment pour elle ?
C’est un coup dur pour Kôsuke. Trop préoccupé par son travail et par le poids des responsabilités, il n’a pas réellement pris conscience de la souffrance de sa fille. Il réalise alors, avec amertume, qu’il est passé à côté de signaux évidents… Et ce n’est que le début.
Kôsuke est convoqué au lycée de Miya. Les résultats scolaires sont en chute libre et pour cause : voilà près d’un mois que Miya ne se rend plus en cours. Un énième coup dur, d’autant plus que le professeur se montre particulièrement strict, allant jusqu’à reprocher à Kôsuke son manque d’attention. Comment un père peut-il ignorer autant d’appels à l’aide ?
Pour couronner le tout, à la fin du rendez-vous, un appel du travail vient tout compliquer. On lui demande de se dépêcher et de revenir immédiatement. Pas le temps de souffler, pas le temps de réfléchir. La vie continue de courir, implacable, laissant Kôsuke tenter de suivre le rythme, épuisé.
C’est assis sur un escalier, le regard perdu, les larmes aux yeux et le cœur battant, que Kôsuke craque enfin. Accablé par la fatigue, le stress et le deuil, il se sent vidé, à bout de forces depuis la mort de sa femme. Puis, en relevant la tête, il croise un visage familier. Celui de la jeune serveuse du café. En la regardant de plus près, un souvenir refait surface. Ce visage, il le connaît. Et pour cause : Koto est une amie de Miya.


Le début de l’interdit
Koto, surnommée Kii, propose alors au père de son amie d’échanger leurs numéros afin de rester en contact et de tenter, ensemble, de venir en aide à Miya. Kôsuke accepte sans trop réfléchir. Après tout, où serait le mal ? Son intention est claire : tout cela n’a qu’un seul but, aider sa fille. Pourtant, très vite, les choses vont se révéler bien plus complexes qu’il ne l’imaginait.
De fil en aiguille, les messages de Koto se multiplient. D’abord pour prendre des nouvelles de Miya, puis peu à peu pour autre chose. Des mots rassurants, une écoute attentive, un soutien discret mais constant. Un réconfort inattendu qui aide Kôsuke à tenir bon, à ne pas sombrer complètement.
Un soir, alors qu’il passe devant le café où travaille Koto, leurs chemins se croisent à nouveau. La pluie tombe à verse et la jeune fille n’a pas de parapluie. Sans vraiment se poser de questions, ils se retrouvent tous les deux serrés sous le même abri, avançant côte à côte.
Mais très vite, les regards des passants se font insistants. Parmi eux, certains collègues de Kôsuke. Pour couper court aux suppositions, Koto réagit instinctivement : elle affirme être la fille de Kôsuke. Une manière de se protéger, de faire taire les rumeurs… mais y avait-il seulement matière à rumeurs à cet instant ?
À ce moment-là, leur relation est encore purement amicale. Pourtant, là encore, de fil en aiguille, quelque chose change. Un lien se tisse lentement, presque malgré eux. Un lien interdit, dérangeant, mais qui semble peu à peu devenir plus fort que la raison.