Les guerres invisibles

DATE DE SORTIE
18/06/2025
ÉDITEUR
Casterman
AUTEUR
Marina Lisa Komiya
DESSIN
Marina Lisa Komiya
TYPE
Manga
NOMBRE DE PAGE
336 pages
PRIX
18 €

SYNOPSIS du livre

Une quête de liberté à quatre voix contre les conventions.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un Tokyo en ruines et occupé par l’armée américaine, l’heure est à la survie et à la reconstruction. Mais pour certains, forcés de taire qui ils ou elles sont, les combats font toujours rage.
Drame intime et flamboyant, Les Guerres invisibles, ce sont celles que mènent quatre personnes discriminées pour leur nationalité, leur orientation sexuelle, leurs origines ou leur identité.
Du Japon aux États-Unis, elles se rencontrent, s’aiment, se perdent et s’attendent dans les replis de l’histoire.
DATE DE SORTIE
18/06/2025
ÉDITEUR
Marina Lisa Komiya
PRIX
18 €
AUTEUR
Marina Lisa Komiya
DESSIN
Marina Lisa Komiya
TYPE
Manga
NOMBRE DE PAGE
336 pages

SYNOPSIS du livre

Une quête de liberté à quatre voix contre les conventions.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un Tokyo en ruines et occupé par l’armée américaine, l’heure est à la survie et à la reconstruction. Mais pour certains, forcés de taire qui ils ou elles sont, les combats font toujours rage.
Drame intime et flamboyant, Les Guerres invisibles, ce sont celles que mènent quatre personnes discriminées pour leur nationalité, leur orientation sexuelle, leurs origines ou leur identité.
Du Japon aux États-Unis, elles se rencontrent, s’aiment, se perdent et s’attendent dans les replis de l’histoire.

Paru en 2023 au Japon et composé de 2 tomes, Les guerres invisibles (ou On Their Frontlines) fait son apparition en France aux éditions Casterman.

Droit d’auteur : © 2023 Komiya Marina Lisa, LEED

Les guerres invisibles

Quatre destins

De nombreux mangas abordent la guerre, mais qu’en est-il de l’après ? Les Guerres invisibles choisit justement de s’attarder sur ce moment charnière, où les combats cessent mais où les blessures, elles, demeurent.

Ce récit nous invite à suivre quatre personnages, chacun porteur d’une histoire singulière : une histoire d’amour, de rejet ou de quête personnelle. Différents dans leurs parcours, ils partagent pourtant la même volonté : survivre dans un monde meurtri qui cherche encore à se reconstruire.

L’ombre de la solitude

Yoriko Murata – l’an 23 de l’ère Shôwa (1948)

Après des mois de recherches, elle revient enfin à Tokyo. Mais personne ne l’attend. L’air est différent, les gens ont changé… affaiblis, tristes, eux aussi marqués par la perte de proches.

Pourtant, Yoriko s’accroche. Elle est toujours à la recherche de Haru, cette personne qui a tant compté pour elle. Malheureusement, en quatre ans, beaucoup de choses ont changé : sa maison a disparu et a laissé place à une cahute misérable. À l’intérieur, une vieille femme et son fils l’accueillent.

En annonçant son nom, la vieille femme lui tend une lettre venant d’Haru. Yoriko est soulagée : la présence de sa correspondance prouve qu’Haru est toujours en vie, et le soin qu’Haru a pris à soigner son apparence la rassure. Mais dès qu’elle lit la lettre, son cœur se brise : Haru a choisi d’épouser un soldat américain et de partir vivre aux États-Unis, laissant Yoriko seule, encore une fois.

De l’espoir au désespoir, Yoriko s’effondre. Un homme l’emmène alors dans un recoin d’une ruelle et lui propose un travail. Là, elle pourra être logée, nourrie et gagner de l’argent. Mais cet endroit n’est pas recommandé, surtout pour une jeune femme seule : il s’agit d’un lieu où la survie se paie au prix de son corps. Mais ayant perdu tout ce qu’elle avait de plus précieux, Yoriko n’a d’autre choix que de se plier aux circonstances.

Les guerres invisibles
Les guerres invisibles

Entre attente et désespoir

An 22 de l’ère Shôwa (1947)

Cela fait un moment que Haru attend patiemment le retour de Yoriko. Cette dernière lui avait promis de revenir à Tokyo, mais malgré son attente et son inquiétude, Yoriko ne revient toujours pas. La nostalgie gagne Haru lorsqu’elle passe devant le restaurant de son père, mais elle sait qu’elle ne goûtera plus jamais les délicieux sôba qu’il préparait. En attendant, elle continue de lui écrire des lettres, trempées de larmes, ce qui exaspère son père, qui lui rappelle sans cesse qu’elle a “passé l’âge”. L’ambiance à la maison est tendue, surtout lorsque son père lui annonce lors d’un repas qu’il lui a trouvé un époux.

Haru n’a d’autre choix que d’accepter cette décision : il s’agit d’un bon parti. Pourtant, son cœur est déjà pris. Même si Yoriko est parti, elle refuse d’épouser un homme qu’elle n’aime pas. Bouleversée, elle prend ses jambes à son cou et s’éloigne de sa maison, courant loin de sa famille et de tout ce qu’elle connaît. Elle songe à mettre fin à ses jours, consciente que ses options sont limitées en tant que jeune femme seule. Refusant de vendre son corps et encore moins d’épouser un inconnu, elle se retrouve acculée par le désespoir.

Et alors qu’elle est sur le point de céder au désespoir, un homme lui vient en aide, offrant une lueur d’espoir dans cette période particulièrement sombre de sa vie.

Un lien inattendu

1947

Cet homme n’est autre qu’Arthur Jirô Hashimoto, un soldat d’origine mi-américaine, mi-japonaise, dont le frère aîné est mort durant la guerre. Ce qu’il cherche avant tout, c’est la liberté. Après l’accident, il recroise Haru, qui a retrouvé goût à la vie et travaille désormais. Une amitié se noue alors entre eux, dépassant largement la simple reconnaissance. Sous l’effet de l’alcool, Arthur se confie à Haru au sujet de son frère, tombé sur le front italien. Lui aussi, comme Arthur, n’avait jamais souhaité devenir soldat, mais il était difficile d’échapper à la guerre, surtout pour un homme de sang japonais vivant comme Américain. La mort de son frère témoigne de son statut et Arthur refuse que ce sacrifice soit vain.

Alors qu’Haru décide de le raccompagner chez lui, ils croisent son père… Lorsque ce dernier frappe Haru, Arthur se place immédiatement entre eux pour la protéger, annonçant qu’il est son fiancé. Ce moment scelle sa transformation : d’homme marqué par la guerre et les pertes, il devient celui qui protège, qui s’engage et qui accepte pleinement son rôle.

Les guerres invisibles

Premiers pas dans un monde inconnu

1949

Pour la première fois, Scott pose le pied au Japon. Soldat habitué au sol américain, il découvre un pays radicalement différent de ce à quoi il s’attendait. Les rues, les sons, les comportements : tout le surprend et le déstabilise. À Yokohama, il retrouve d’anciens camarades, d’abord Bruce, puis Jim, qui tente de le détendre en lui proposant de se balader et d’aller rencontrer des femmes.

Scott, lui, préfère garder ses distances et économiser son argent. La barrière de la langue et les différences culturelles compliquent ses échanges avec les habitants et renforcent son isolement. Ses amis l’emmènent finalement dans un bordel, cette fois-ci en payant pour lui. Contre son gré, Scott fait face à des femmes, et la situation devient particulièrement troublante lorsqu’il aperçoit Yoriko. Il ne sait pas comment réagir et peine à exprimer ses émotions.

Pour communiquer, ils utilisent des dessins de fleurs, un langage subtil qui traduit ce qu’ils ne peuvent dire avec des mots. Voyant que Scott commence à se détendre, Yoriko tente un pas supplémentaire, mais il s’effondre intérieurement : il ne peut pas et surtout, il ne veut pas.

Malgré cette confrontation difficile et dans quelques mois, un événement rapprochera Scott et Yoriko, créant un lien particulier au cœur de leur relation et de l’évolution de leurs personnages…

CONCLUSION

Les mangas qui abordent la guerre ont toujours ce pouvoir de bouleverser, et Les Guerres invisibles ne fait pas exception. Au début, je me suis sentie un peu perdue face à la multitude de personnages et à leurs histoires entrecroisées, mais très vite, j’ai perçu le fil qui relie tous ces personnages. Ici, il n’y a pas de héros au sens classique : chacun porte ses blessures, ses pertes, ses souffrances. Malgré leurs parcours difficiles, ils partagent tous un objectif commun : se reconstruire et avancer dans un monde profondément marqué par la guerre.

La finesse et la sensibilité des illustrations amplifient cette humanité et rendent les émotions palpables. Ma fille de 11 ans, passionnée par l’histoire de guerre et qui a déjà lu le journal d’Anne Frank, a été captivée par ce manga. Elle n’a pas été choquée, car elle comprend que ce récit, même fictif, reflète des réalités vécues et les conséquences réelles de la guerre. C’est une lecture qui ouvre les yeux et qui reste nécessaire pour comprendre non seulement les événements eux-mêmes, mais aussi l’impact durable sur ceux qui les traversent.

Les Guerres invisibles se distingue par sa poésie et son intensité émotionnelle. Chaque page, chaque regard, chaque silence fait réfléchir sur l’après-guerre et sur la résilience des personnages. C’est une lecture poignante, bouleversante et profondément humaine, que je recommanderais presque comme outil pédagogique pour aider à comprendre la guerre et ses conséquences. Il est important de garder à l’esprit que ce manga peut émouvoir ou choquer certains lecteurs. Si l’histoire est imaginaire, elle s’inspire de réalités difficiles et invite à réfléchir sur les expériences et les pertes engendrées par la guerre.

J’attends avec impatience le tome 2, qui sera le dernier, en espérant que Yoriko et Haru puissent enfin se retrouver. Pour l’instant, aucune date n’a été annoncée, mais le récit promet une conclusion émotive et mémorable.

Cet article a été rédigé avec un service presse

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