Nos étoiles polaires, également connu sous le titre The Journey to Find Only Star, est un manga publié en 2019 au Japon et composé de cinq tomes. En France, il est édité par nobi nobi! depuis novembre 2025. Découvre cet ouvrage derrière lequel se cache Mizuka Yuzuhara, aussi à l’origine de Usotsukihime, Nanairo Kakumei ou, plus récemment, Tonari wa Futsuu no Nijika.

Les blessures invisibles de Motoyoshi
Pour Mizuki, rien ne change vraiment : à l’école, elle reste la cible des brimades de ses camarades, et plus particulièrement de Motoyoshi. Malgré les moqueries, les remarques cruelles et le fait d’être constamment rabaissée, Mizuki nourrit un désir profond de se rapprocher de Motoyoshi. C’est un pari risqué, mais pour elle, c’est important de tenter, d’essayer de briser ce mur de froideur et d’hostilité.
Pour sa sœur Hikari, cette attitude paraît naïve, incohérente. Pourquoi Mizuki s’obstine-t-elle à vouloir devenir amie avec quelqu’un qui la maltraite ? Malgré tout, elle décide de soutenir sa sœur et de l’épauler.
Dès le lendemain, Hikari croise Motoyoshi, et la première impression est presque surprenante : Motoyoshi se montre plutôt gentille, calme, presque normale… un contraste frappant avec l’image de l’élève tyrannique que Mizuki subit quotidiennement. Mais l’arrivée de Mizuki change tout : Motoyoshi redevient sévère, froide, et s’en prend à Mizuki comme si elle n’était qu’une moins que rien. Ce changement brutal laisse Hikari perplexe et inquiète : comment quelqu’un peut-il passer de la douceur à la cruauté avec une telle rapidité ? Et si derrière cette façade agressive, il y avait autre chose, quelque chose de plus complexe ?
Guidée par la curiosité et un pressentiment, Hikari décide de suivre discrètement Motoyoshi. Ce qu’elle découvre est bouleversant : Motoyoshi a une confrontation violente avec sa mère. Cette dernière ne cesse de la critiquer, de la comparer à son grand frère, et de lui rappeler qu’elle n’est jamais à la hauteur. Sous cette pression constante, Motoyoshi éclate en sanglots, incapable de contenir sa douleur. Hikari réalise alors que la dureté de Motoyoshi à l’école n’est peut-être pas de la simple jalousie ou méchanceté gratuite : c’est une souffrance intérieure, un mélange de frustration, de pression et d’impuissance face aux attentes impossibles de sa famille…
Un pas en avant pour Mizuki
De son côté, le moral de Mizuki n’est pas vraiment au beau fixe. Une fois encore, elle se sent inférieure à Hikari, constamment dans son ombre, comme si elle n’était jamais à la hauteur. Ce sentiment d’infériorité la ronge, jour après jour. Mais Hikari, fidèle à elle-même, ne tarde pas à lui rappeler combien elle compte à ses yeux. Elle lui fait comprendre que l’image que Mizuki a d’elle-même est bien loin de la réalité, et qu’elle mérite bien plus de considération, à commencer par la sienne.
Hikari l’encourage alors à prendre davantage confiance en elle, à ne plus se laisser écraser par le regard des autres. Des paroles sincères, pleines de bienveillance, qui vont profondément marquer Mizuki. À tel point que, le lendemain, elle prend une décision courageuse : tenter une nouvelle fois d’engager la discussion avec Motoyoshi.
Bien sûr, rien n’est simple. Le malaise est toujours présent, les blessures aussi. Consciente de la difficulté, Hikari décide de lui donner un petit coup de pouce. Lors du cours de sport, elle parvient à réunir Mizuki et Motoyoshi autour d’un jeu de ballon. Une occasion idéale pour échanger, créer un premier lien… du moins en apparence.
Car une fois encore, les mots ne viennent pas. Les silences s’installent, les regards se détournent. Pire encore, Motoyoshi finit par sécher le cours, un acte qui lui vaudra une petite sanction disciplinaire.
Ironie du sort, cette sanction tombe au moment où Mizuki est elle aussi désignée pour une corvée de nettoyage. Cette fois, impossible de fuir ou de se cacher derrière Hikari. Mizuki va devoir affronter la situation seule, sans le soutien immédiat de sa sœur. Un moment charnière pour elle, où elle n’aura d’autre choix que de faire face, d’assumer ses émotions… et peut-être, enfin, de faire entendre sa voix.


Un pas vers l’apaisement
Alors que Mizuki prend enfin son courage à deux mains et se lance, Motoyoshi ne semble prêter aucune attention à ce qu’elle tente de lui dire. Une attitude qui ne fait qu’agacer Hikari, incapable de rester en retrait plus longtemps. Veiller sur sa sœur est pour elle une évidence, et il est hors de question de la laisser, une fois de plus, seule face à sa détresse. Hikari sort alors de sa cachette et ordonne à Motoyoshi d’écouter.
À la grande surprise de toutes, c’est Mizuki qui craque. Elle laisse enfin s’échapper tout ce qu’elle a gardé enfoui durant ces derniers mois. Elle raconte à quel point ces brimades l’ont affectée, combien elles l’ont blessée.
Cette fois, Motoyoshi écoute et surtout, elle s’excuse. Pour ses paroles, pour ses actes, pour tout ce qu’elle a fait endurer à Mizuki. À son tour, elle s’ouvre et explique les raisons qui l’ont poussée à agir ainsi, laissant entrevoir une souffrance qu’elle cachait elle aussi derrière son comportement agressif.
Hikari, témoin de cette scène, ne peut s’empêcher d’éprouver une immense fierté pour sa sœur. Fière de la voir s’exprimer, fière de la voir tenir tête et affirmer ce qu’elle ressent.
Même si Mizuki et Motoyoshi ne deviendront probablement jamais de véritables amies, quelque chose a changé. Les non-dits ont été levés, et la violence laisse place à une forme de compréhension.
Pour Hikari, ce moment marque aussi un nouveau départ. Elle veut aller plus loin. Son objectif est désormais clair : permettre à Mizuki de se faire de vrais amis, de ne plus être reléguée au rôle de bonne à tout faire. Mais pour cela, Mizuki devra apprendre à montrer ses qualités… une tâche difficile lorsqu’on a passé tant de temps à ne voir que ses propres défauts.