Paru en 2022 au Japon et composé de 3 tomes (toujours en cours), RuriDragon est désormais disponible en France aux Glénat.
Derrière cette œuvre, on retrouve Shindō Masaoki, un mangaka encore peu connu du grand public. Avant RuriDragon, il avait déjà publié plusieurs one-shots dans des magazines du groupe Jump, comme Twin Peach et Sky Claw (2016), Joreishi Rentarō no Yakusoku (2017) ou encore Count Over (2018). Cependant, aucun de ces titres n’a été développé en série, ni même réédité en volume relié.
C’est donc avec RuriDragon que Shindō Masaoki parvient enfin à convaincre le public et à s’imposer comme jeune mangaka prometteur. Nous allons dès à présent plonger plus en détail dans cette œuvre singulière qui mêle habilement fantastique, tranche de vie et humour.
Droit d’auteur : © 2022 by Masaoki Shindo / SHUEISHA Inc.

Un secret sur le crâne
Ruri est une lycéenne tout ce qu’il y a de plus ordinaire… du moins, c’est ce qu’elle pensait.
Ce matin-là, encore engourdie par sa nuit, elle se rend à la salle de bain pour se brosser les dents. En relevant les yeux vers le miroir, elle remarque soudain quelque chose d’anormal. Ce ne sont ni des cernes, ni un bouton mal placé. Ce qui apparaît sur sa tête, ce sont des cornes. Deux cornes pointues, surgies sans prévenir du sommet de son crâne.
Un frisson de panique la traverse. Elle descend précipitamment pour prévenir sa mère, espérant une explication rationnelle. Pourtant, sa mère ne montre aucun étonnement. Ni inquiétude, ni agitation. Elle accueille cette révélation avec un calme presque troublant, comme si elle l’attendait depuis longtemps.
Ruri apprend une vérité qu’on aurait pu lui révéler un peu plus tôt : elle est métisse. Non pas franco-japonaise, mais mi-humaine, mi-dragon. Son père, qu’elle n’a jamais vraiment connu, est un dragon japonais. Et visiblement, ce genre de traits finit par ressortir à l’adolescence.
Mi-humaine, mi-dragon
Ça alors. Un dragon. Elle qui pensait qu’il ne s’agissait que de légendes, de contes absurdes lus dans l’enfance. Et maintenant, la voilà avec des cornes bien réelles sur la tête. Mais de quel type de dragon s’agit-il exactement ? À vrai dire, elle n’en sait rien, et elle n’a pas le temps de se poser toutes ces questions.
Sa mère s’éclipse rapidement, la laissant seule avec son reflet et ses incertitudes. Ruri n’a pas le choix, elle doit se rendre à l’école, les cornes bien visibles, comme si elles avaient toujours fait partie d’elle.
Sur le chemin, elle retrouve Yuka, sa meilleure amie. À sa grande surprise, celle-ci ne montre aucun signe de peur. Au contraire, elle semble complètement fascinée, presque ravie. Elle s’empresse d’approcher, curieuse, et examine les cornes de Ruri avec des yeux brillants, comme s’il s’agissait d’un trésor rare. Après tout, ce n’est pas tous les jours que l’on peut dire que sa meilleure amie est mi-humaine, mi-dragon.
Lorsqu’elle entre en classe, les réactions ne tardent pas. Tous les élèves fixent la nouvelle version de leur camarade avec de grands yeux. Deux cornes pointues qui dépassent de sa tête, c’est difficile à ignorer. Certains sont fascinés, d’autres mal à l’aise. Seul le professeur, réputé pour son indifférence, reste impassible.


Héritage brûlant
Forcément, dans une classe de lycéens, l’information se répand rapidement. Même les élèves que Ruri ne connaît pas commencent à s’y intéresser. Pour son amie Yuka, c’est l’occasion idéale pour que Ruri sorte un peu de sa réserve, elle qui est habituellement très discrète. Mais être à moitié dragon ne se résume pas à une simple paire de cornes. Il y a aussi le feu. Et Ruri va l’apprendre à ses dépens.
En plein cours, elle éternue. Une bouffée de chaleur s’échappe alors de sa bouche. Ce n’est pas un souffle anodin, mais un véritable jet de feu, court, intense, et totalement incontrôlé. Dans la panique, elle se blesse elle-même. Car malgré ses origines, Ruri reste encore en grande partie humaine.
Elle est envoyée à l’infirmerie, légèrement brûlée mais en état stable. Sa mère vient la récupérer, sans vraiment paraître surprise en apprenant ce qu’il s’est passé. Cracher du feu, après tout, semblait inévitable.
De retour à la maison, Ruri attend des explications. Elle remarque que sa mère ne s’est pas rendue au travail ce matin-là. Les chaussures de randonnée poussiéreuses à l’entrée lui mettent la puce à l’oreille. Sa mère est allée voir quelqu’un. En réalité, elle est allée voir le père de Ruri et il est particulièrement ravi d’apprendre que sa fille commence elle aussi à développer ses pouvoirs. La relève est assurée !
Avant de pouvoir retourner en classe, Ruri va cependant devoir relever un nouveau défi : apprendre à contrôler cette flamme qui sommeille en elle. Une tâche bien plus compliquée qu’il n’y paraît. Car devenir un dragon lorsqu’on vit parmi les humains, ce n’est pas quelque chose qu’on apprend à l’école.