Paru en 2022 au Japon et comptant 12 tomes, Shin Tokyo est disponible en France aux éditions Mangetsu. Le manga est écrit par Sakaki Kenji, également à l’œuvre de Egnima, sorti en 2010
Droit d’auteur : SHIN TOKYO © 2022 by Sakaki Kenji

La galerie de l’horreur
Yomi et ses camarades se retrouvent dans le centre commercial de Ginza. Les galeries, étincelantes de lumière et débordantes de produits de luxe, pourraient séduire n’importe quel passant, mais pour eux, l’émerveillement laisse vite place à une inquiétude. Parmi cette opulence scintillante, un détail attire leur attention : un sac en cuir portant le nom d’Ogata. Une coïncidence, pensent-ils…
À quelques pas, un rouge à lèvres attire leur regard, portant cette fois le nom de Hanayama. Intrigués, ils examinent la fiche du produit, et ce qu’ils découvrent les fige : le rouge à lèvres a été fabriqué à partir du sang de la jeune fille. Mais l’horreur ne s’arrête pas là. Un gâteau, portant le nom d’Hitotsubashi, repose non loin, et son origine est tout aussi macabre : il a été confectionné à partir des restes de son corps. Peu à peu, la vérité s’impose à eux : tous les produits qui les entourent sont issus de leur propre camarade. La panique commence à monter, s’ils échouent, ils savent exactement ce qui les attend.
C’est alors que le Président de la Tour prend la parole. Il annonce le prochain jeu… et dévoile le nouveau bourreau. Un bourreau, à la fois élégant et sinistre, est à l’origine de ces créations horribles.
Sa prochaine œuvre est déjà imaginée : un collier meurtrier. Mais pour le réaliser, elle exige cinq matériaux précis, chacun prélevé sur une personne différente : une oreille, une jambe, un bras, une langue… et une tête. Le compte à rebours commence. Une seule heure pour réunir tous ces éléments. Si le bourreau échoue, la sentence est terrible : la guillotine. Seule condition : un organe de Yomi Kanda doit impérativement entrer dans la confection.
Le festin de la reine
Le bourreau se tient non loin de là, installé à une table, savourant un gâteau… ou du moins, c’est ce qu’il laisse croire. À peine le compte à rebours commence-t-il que le premier membre est déjà récupéré : une jambe. Personne n’a rien vu venir, et cette rapidité annonce une survie des plus difficiles.
Puis, le bourreau fait enfin son apparition. Une femme grande et imposante, dont le corps est envahi de tentacules : son nom est Antoinette, en hommage à la célèbre reine de France, Marie-Antoinette. Bien qu’elle ait récupéré une partie de son collier, elle ne se contente pas de laisser sa proie en vie. Elle utilise l’une de ses tentacules pour engloutir sa victime, laissant derrière elle un silence terrifié. La panique se répand immédiatement : tout le monde fuit, personne ne veut finir dévoré.
Mais Yomi n’a pas le temps de fuir. Il est capturé par Antoinette, qui décide qu’il sera la pièce maîtresse du collier meurtrier : c’est sa tête qu’elle désire. Elle le conduit dans une pièce secrète, attendant patiemment de rassembler les autres morceaux nécessaires à sa macabre création.
Fait étrange : Antoinette prétend que Yomi n’est pas simplement Yomi, mais Fersen, un comte, ancien amant de Marie-Antoinette. Dans la même pièce, quatres autres adolescents se tiennent face à elle, tétanisés par la peur. Malgré cette terreur, ils se sentent obligés de la complimenter, un moyen pour eux de survivre. Car face aux louanges, Antoinette se transforme en une autre femme… Parmi les quatre présents dans la pièce se trouve Enra Mizoregi, l’un des plus grands criminels jamais connus.


Le passé derrière le monstre
De son côté, Yami est animée par une seule obsession : retrouver son frère. Une détermination que tout le monde ne partage pas, mais le temps manque pour en débattre. Le groupe est bientôt rejoint par deux nouvelles personnes. Parmi eux, Masashi Kojima, un tueur en série connu pour son goût malsain pour la torture, en particulier envers les mineurs. À ses côtés, Ai Yoneda, une femme à l’apparence ordinaire. Mais pas le temps de s’attarder sur les présentations.
Antoinette est déjà de retour. Après la jambe, c’est au tour d’une langue d’être arrachée à l’une de ses proies. Masashi, lui, n’a aucune intention de laisser la sienne, ni même de sacrifier quoi que ce soit d’autre. Prêt à tout pour sauver sa propre vie, il choisit d’utiliser un appât. Sans le moindre remords, il poignarde Ai, qui s’effondre au sol, sans défense.
Une véritable aubaine pour Antoinette. Elle s’empresse de s’emparer de la victime et lui arrache la langue sans hésitation. Les cris résonnent dans toute la pièce, puis le silence retombe, lourd et oppressant. Seul le bruit du téléviseur continue de résonner. À travers l’écran, les participants en apprennent davantage sur cette femme mystérieuse et sur le crime qu’elle a commis. Un acte odieux, si terrible qu’il fait frissonner les adolescents, au point que sa mort en devient presque un soulagement.
Mais Antoinette n’a pas disparu. Toujours aussi déterminée à mener son œuvre à terme, elle poursuit son objectif sans faillir. Désormais, il ne reste plus que trois membres à récupérer, et le chronomètre continue de tourner. Pourtant, sans que personne ne le sache encore, derrière le bourreau se cache une autre vérité. Antoinette possède elle aussi une histoire, marquée par une enfance douloureuse, loin d’être aussi simple qu’elle en a l’air…