Sutures

DATE DE SORTIE
02/07/2025
AUTEUR
Junji Ito / Hirokatsu Kihara
ÉDITEUR
Mangestu
TYPE
Manga
NOMBRE DE PAGE
128 pages
PRIX
14,95 €

Un beau matin, Monsieur A. retrouve son épouse frappée d’un mal étrange et inquiétant. La bibliothèque du collège de la jeune I. devient le théâtre d’une apparition surnaturelle. Trois vacancières assistent à une manifestation lumineuse inexplicable au cœur de la nuit. Un vieux pantin articulé, trouvé dans un carton par la troupe d’une apprentie comédienne, devient le déclencheur de nombreux incidents…

Autant de mystères glanés à travers le Japon que l’illustre Hirokatsu Kihara s’applique à retranscrire le plus fidèlement possible.

Saurez-vous recoudre, point par point, la part d’ombre qui relie ces dix petits contes illustrés par Junji Ito, le maître de l’horreur, qui conclut ce recueil avec 20 pages de manga inédites ?

Avant propos

Paru pour la première fois au Japon en 2010, Sutures (Kai, Sasu) est un recueil d’histoires courtes signé Hirokatsu Kihara, déjà connu pour Escadrille des Nuages (2001). Pour cette œuvre, il est accompagné du maître de l’horreur Junji Ito, qui en assure les illustrations et donne vie aux visions cauchemardesques de chaque récit.

Publié en France pour la première fois en juillet 2025 par les éditions Mangetsu, ce roman illustré de 128 pages rassemble dix histoires : neuf nouvelles horrifiques, suivies d’une dixième au format manga.

Droit d’auteur : © 2025 Hirokatsu KIHARA, JI Inc

Un second visage

Après plusieurs années passées dans une grande ville, les A décident de tout quitter. Direction la campagne… ou plutôt, une petite île isolée. La mutation professionnelle tombe à pic, comme un déclic. L’endroit est luxuriant, paisible. Les voisins sont rares. Tout semble parfait. Un vrai paradis. Mais le bonheur ne dure jamais bien longtemps

Un matin, l’homme se lève. Sa femme, d’ordinaire déjà attablée au petit déjeuner, n’est pas là. Il la trouve finalement, assise, le regard vide. Silencieuse. Immobile. Étrangement absente. Sans un mot, elle se lève et quitte la maison. Il la suit… jusqu’au cimetière. C’est la première fois qu’il s’y rend.

Là, elle s’effondre. Et lui découvre l’impensable. Dans le creux de son cou, une masse a surgi. Une grosseur… mais pas une simple tumeur. Quelque chose y prend forme. Un visage.

Un dernier cliché

T est un étudiant comme les autres. Rien ne laissait présager que cette année changerait quoi que ce soit à son quotidien. Pourtant, un projet inattendu anime bientôt l’université : plusieurs clubs s’unissent pour organiser un stage d’échange inter-facultés.

T se voit confier un rôle simple, mais qu’il adore : photographe officiel de l’événement. Il capture chaque instant, chaque visage, chaque souvenir.

Le jour du rassemblement, les organisateurs proposent une danse folklorique pour clore la journée. L’idée divise, mais tous finissent par s’y prêter… ou presque.

Assise à l’écart, une jeune femme attire tous les regards. Belle à couper le souffle. Silencieuse. Immobile. T l’a déjà photographiée plusieurs fois, fasciné par son aura presque irréelle. Ce soir-là, il se sent prêt à l’aborder. Prétexte tout trouvé : lui remettre les clichés. Et, qui sait, obtenir son contact. Peut-être plus.

Mais au moment où il s’approche de la piste de danse… elle a disparu. Sans un mot. Sans laisser la moindre trace.

Les baisers du placard

N est en troisième année d’école élémentaire. Un matin, en se réveillant, elle remarque quelque chose d’étrange : son armoire a changé. Habituellement sombre et banale, la surface de la porte est désormais blanche, lisse, presque comme une toile de papier.

Intriguée, elle s’approche. Une fine feuille semble recouvrir toute l’armoire, comme si elle avait été soigneusement emballée. Mais plus elle observe… plus quelque chose apparaît. Une forme vague se dessine lentement. Des lèvres.

Avant qu’elle ne puisse en voir davantage, sa mère l’appelle pour le dîner. Elle secoue la tête. Certainement un rêve. Une illusion. Et en effet, quand elle remonte dans sa chambre… tout a disparu.

Mais quelques jours plus tard, la marque est de retour. Les mêmes lèvres, au même endroit. Cette fois, elle est bien réveillée. Elle ne peut s’empêcher de s’en approcher.
Juste un petit coup d’œil… après tout, ça ne va pas la mordre. Enfin… c’est ce qu’elle croit.

CONCLUSION

Voilà quelque temps que je me suis mise à lire les œuvres de Junji Ito. Alors, quand j’ai vu qu’un nouveau tome sortait, je me suis empressée de me le procurer. Cette fois-ci, le livre n’est pas uniquement signé par Ito, mais aussi par Hirokatsu Kihara et ce duo fonctionne à merveille !

Les nouvelles sont courtes, mais suffisantes pour créer un vrai malaise, cette sensation étrange qu’on aime retrouver dans les récits horrifiques. Certes, on aurait parfois aimé que certaines histoires soient un peu plus développées… mais c’est justement la force des formats courts : frapper vite et fort. Et que dire du travail de Junji Ito ? Rien de plus que ce qu’on sait déjà : toujours aussi malsain, dérangeant et fascinant. Son univers graphique colle parfaitement aux textes de Kihara. C’est un combo glaçant, au sens le plus positif du terme.

Autre point que j’ai beaucoup aimé : la manière dont les textes sont présentés, entre narration et illustration, rend la lecture plus fluide, plus vivante. Ça change du roman classique, et pour quelqu’un comme moi qui ne lit pas beaucoup de roman c’est vraiment appréciable. Pour la dernière histoire, au format manga, est un véritable bonus. Superbement dessinée, bien rythmée, elle fait clairement partie de mes préférées (avec celle dont je vous ai parlé plus haut).

Bref, si vous aimez Junji Ito et les histoires courtes d’horreur, je vous recommande chaudement Sutures. Et en plus… la jaquette est sublime (et encore fois, bien glauque)..

Cet article a été rédigé avec un service presse

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