Paru pour la première fois entre 1987 et 2000 au Japon, Tomie est l’œuvre de Junji Itō, maître de l’horreur japonaise. En juin 2025, Tomie revient en France dans une nouvelle édition poche proposée par les éditions Mangetsu. Plus accessible, ce format compact regroupe environ 240 pages par volume (contre plus de 700 pages dans l’édition intégrale deluxe) et sera réparti en trois tomes.
Avec un prix de 9,95 € (contre 29,95 €), cette édition permet à un nouveau public de découvrir ce chef-d’œuvre de l’horreur dans un format pratique et économique.
Beauté fatale, mortelle éternelle
Tomie, une jeune femme d’une beauté troublante, possède un charme si puissant que quiconque croise son regard tombe irrémédiablement sous son emprise, jusqu’à en perdre la raison. Mais cette beauté n’est pas un don, c’est une malédiction. Chaque fois qu’elle entre dans la vie de quelqu’un, elle séduit, fait naître l’obsession, conduit à la folie, puis à la mort. Pourtant, sa disparition n’est jamais définitive. Tomie revient toujours.
Ceux qui l’aiment finissent par la tuer mais elle revient toujours. Que ce soit à travers une régénération surnaturelle ou la naissance d’un nouveau corps à partir d’un simple fragment, Tomie ne meurt jamais. Chaque chapitre raconte une nouvelle rencontre, un nouveau drame, un nouveau meurtre et un retour inexpliqué. Prisonnière d’un cycle éternel de mort et de renaissance, elle est à la fois victime et monstre, beauté éternelle et horreur vivante.
Les différents chapitres
Ce deuxième tome de 256 pages nous permet de (re)découvrir huit histoires emblématiques de Tomie : Auriculaire (mars 1999), Le petit garçon (novembre 1999), le moût (janvier 2000), la baby-sitter (mars 2000), une réunion (mai 2000), les forcenés (juillet 2000), top model (septembre 2000) et pour finir, vieille et laide (novembre 2000).
Le tome 3 nous réserve une petite particularité qui ravira les fans : l’histoire “Le Moût” est proposée dans son intégralité en couleur. Une vraie aubaine pour profiter pleinement des illustrations de Junji Ito.

Auriculaire
Mars 1999
Hiroya est le cadet d’une fratrie de quatre garçons. Malheureusement pour lui, son physique ingrat le distingue de ses frères, toujours admirés et populaires.
Un jour, leur père ramène à la maison une femme : leur nouvelle mère, Tomie. Elle est belle, séduisante, et incroyablement jeune par rapport à leur père. Les garçons sont stupéfaits. Mais pour Hiroya, il s’agit avant tout d’une « croqueuse de diamants », une personne motivée uniquement par l’intérêt.
Hiroya est le seul à se méfier. Ses frères, eux, n’ont qu’un objectif : séduire Tomie. À leurs yeux, elle n’est plus une mère mais une femme désirable. Quant à leur père… il est pendu, dans des circonstances mystérieuses. Peu importe aux garçons, qui se sentent désormais libres de tout tenter.
Pourtant, Tomie semble s’intéresser particulièrement à Hiroya. Elle ne cesse de le complimenter, de le flatter. Mais Hiroya reste sur ses gardes : il sait qu’elle n’est pas quelqu’un de bien, et refuse de se laisser avoir. Rongés par la jalousie, ses frères décident alors de l’enfermer dans le sous-sol. Des jours entiers, seul et sans nourriture.
Mais un jour, l’un de ses frères décide enfin de le libérer… mais à une seule condition : se débarrasser du cadavre de Tomie, découpée et répartie dans trois sacs. Ce qu’il ignore, c’est que Tomie est loin d’être morte.
Le petit garçon
Novembre 1999
Alors qu’il se promène au bord de la mer, Satoru découvre une étrange flaque rouge… du sang !
Pris par la curiosité, le jeune garçon s’approche pour en savoir plus. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant un cadavre… ou du moins, ce qui semble en être un ! Avant même qu’il n’ait le temps de s’enfuir, la femme le saisit.
Elle se présente : Tomie, victime d’un assassinat brutal. Son corps est couvert d’entailles, mais ce qu’elle veut désormais, ce n’est pas se venger… c’est jouer avec Satoru.
De retour chez lui, Satoru ne dit mot. Il reste là, assis, perdu dans ses pensées, tandis que ses parents ignorent totalement ce qui se déroule dans son esprit.
Poussé par la curiosité, Satoru retourne voir Tomie le lendemain. Et là encore, elle se montre particulièrement amicale. Cette fois, elle souhaite une robe pour pouvoir s’habiller. Satoru, intrigué et un peu fasciné, lui apporte la robe le lendemain.
Pour le remercier, Tomie l’embrasse. Mais ce que Satoru ignore, c’est que cette relation va prendre une tournure encore plus étrange lorsque Tomie lui demandera de l’appeler… « maman ».


Le Moût
Janvier 2000
Ishizuka est éperdument amoureux de sa petite amie, Tomie. Mais l’amour s’est rapidement transformé en obsession… puis en haine. Dans un accès de rage, il commet l’irréparable : il tue Tomie. Son premier réflexe ? Appeler Nagaoka. Un choix étrange, presque provocateur… car Tomie était en réalité la petite amie de Nagaoka.
Poussé par la curiosité, ce dernier décide de venir sur place. Ce qu’il découvre le laisse sans voix. Non seulement Ishizuka a tué Tomie, mais il l’a littéralement massacrée. Il ne reste d’elle qu’une masse informe, une bouillie méconnaissable.
Mais si Ishizuka a fait venir Nagaoka, ce n’est pas seulement pour lui montrer l’horreur. Il veut lui révéler quelque chose de bien plus inquiétant. Les restes de Tomie ne sont pas simplement là… ils sont partout.
Comment un seul corps pourrait-il produire autant de fragments ? Ishizuka affirme l’avoir vu de ses propres yeux : chaque fois qu’il la démembrerait, les morceaux grossissaient à vue d’œil. Ils se multipliaient.
Désormais dépassé par la situation, il ne sait plus comment s’en débarrasser. Une seule solution lui vient à l’esprit : disperser les restes dans une cuve de saké. Personne n’y verra rien… Mais en mélangeant le saké aux restes de Tomie, quelque chose d’étrange se produit. Tomie revient à elle