Reprenant un style de jeu un peu oublié, le studio River End Games nous propose Eriksholm. Un savant mélange de stratégie et d’infiltration, avec un léger soupçon de steampunk. Suivez-moi dans cette découverte, mais restez discret.
Un ville qui dépérit
L’histoire se déroule dans la ville d’Eriksholm. La population dépérit à cause d’une maladie, la peste du cœur, ainsi que d’une lutte des classes. Soit les gens sont riches et vivent sans le moindre souci. Si ce n’est le cas, ils se voient obligés d’être exploités et sont envoyés dans la mine pour espérer avoir de quoi subvenir aux besoins de leur famille. Le tout sous la surveillance d’une police brutale et sans scrupule aux ordres du maire.
Une survivante
Hanna, la protagoniste principale, se réveille miraculeusement d’un coma provoqué par la peste. Resté autant que possible à son chevet, son petit frère Herman part travailler à la mine pour ramener un peu d’argent. Malheureusement, il n’est toujours pas revenu le lendemain matin et c’est la police qui réveille Hanna. Cette dernière se voit “inviter” à suivre les agents au poste pour être interrogée car Herman est recherché. Hanna sait que si elle accepte, elle n’a que peu d’espoir de rentrer chez elle. Une seule solution, leur fausser compagnie mais surtout retrouver son frère et tirer le fin mot de cette histoire.



Rapidement une chasse à l’homme est lancée et Hanna voit toutes les forces de l’ordre lancées à sa poursuite.
De la discrétion
Avec sa caméra isométrique, on retrouve rapidement les mêmes sensations que sur la licence culte Commandos. Que peut faire une jeune fille seule contre tous? Ses meilleures armes, sa discrétion et sa connaissance du terrain. Il faudra repérer les sentinelles, comprendre leur comportement/déplacement et trouver le moyen de leur passer sous le nez.


Une complexité croissante
Eriksholm, loin de la complexité des Commandos, propose une difficulté et une complexité du gameplay croissante. En effet, sans spoiler l’histoire, le premier chapitre vous permettra de prendre en main les déplacements. Le second chapitre permet à Hanna de récupérer sa sarbacane. Avec cette dernière, Hanna a la possibilité de neutraliser des ennemis. D’autres mécaniques s’ajoutent ainsi au fur et à mesure telles que la gestion des zones d’ombre, l’utilisation et la synchronisation de plusieurs personnages avec pour chacun des compétences spécifiques, …



Un chemin tout tracé
Loin d’être complètement perdu dans une ville inconnue du joueur, Hanna se voit souvent suivre un itinéraire qui saute aux yeux. Cependant, savoir par où aller ne veut pas dire que l’on sait comment s’y rendre. En effet, si trouver son chemin est simple, il n’en reste pas moins qu’aucune détection n’est acceptée. Comprendre comment passer un garde pourra parfois bloquer un joueur juste parce qu’il n’aura pas remarqué un petit détail ou comment utiliser son environnement.
Cause et conséquence
En effet, Eriksholm part du principe que si Hanna ou un autre personnage est détecté par un policier, tous se jetteront sur lui, mettant fin à la poursuite. Il faut donc passer inaperçu et s’assurer qu’aucun ennemi neutralisé n’est trouvé.



En dehors de la gestion du temps de patrouille, il faudra utiliser des diversions, profiter d’évènements de l’environnement (comme une machine bruyante) pour masquer ses bruits,… Encore une fois, plus on avance dans le jeu, plus le “timing” est important.
Des collectibles
En plus de l’histoire principale, Eriksholm propose au joueur d’en apprendre plus sur le lore du jeu via un ensemble d’affiches et de notes à retrouver dans les différents chapitres. Complètement optionnel, cette recherche force le joueur à explorer tous les chemins possibles.



Mon expérience
J’ai adoré faire les Commandos même si je me suis cassé les dents sur beaucoup de missions sans parvenir à les réussir. Eriksholm, avec sa difficulté croissante, propose un challenge agréable sans prise de tête. En avançant avec prudence et en étant attentif, j’ai terminé le jeu en un peu moins de 9 heures. J’avoue qu’il me manque quelques notes et affiches, mais très peu.
L’histoire intrigue et c’est avec impatience que j’en découvrais plus sur les causes de cette chasse à l’homme.
Bien qu’il soit parfois possible de passer les différents obstacles de différentes manières, je ne pense pas que refaire un chapitre ait un intérêt. Comme un jeu d’énigme où toutes les énigmes ont été résolues, Eriksholm aurait beaucoup à gagner d’offrir plusieurs chemins possibles. Imaginez Hitman où il n’y a qu’une seule manière d’accomplir sa mission.
Il n’en reste pas moins que j’ai pris beaucoup de plaisir à parcourir les huit chapitres de ce jeu et que l’absence de frustration (grandement induite par la difficulté croissante) est très agréable.