Pika Édition va faire plaisir à pas mal de fans ! Après la sortie d’une édition deluxe de Angel Sanctuary (publié pour la première fois en 1994 au Japon), l’éditeur a décidé d’aller plus loin en proposant sa suite. Paru en 2022, Angel Sanctuary: Tokyo Chronos arrive pour la première fois en France, l’occasion idéale de retrouver Kaori Yuki.

Portrait d’une mangaka hors norme
Dans l’univers du manga, certains noms s’imposent plus que d’autres… Quand on parle de mangaka célèbres, on pense souvent à Eiichirō Oda (One Piece), Masashi Kishimoto (Naruto) ou encore, plus récemment, Hajime Isayama, à qui l’on doit L’Attaque des Titans. Mais il y a aussi une figure incontournable, et cette fois, c’est une femme : Kaori Yuki. Eh oui, les femmes maîtrisent le manga (et clairement pas à moitié).
Parmi ses premières œuvres, on retrouve Comte Cain, publié entre 1992 et 2004 en cinq parties, qui marque le véritable lancement de sa carrière. Elle enchaîne ensuite avec Les Contes cruels en 1993, puis Gravel Kingdom la même année.
De leur côté, les nouveaux lecteurs pourront, eux aussi, se plonger dans l’univers ‘d’Angel Factory. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu le manga d’origine pour suivre l’histoire, puisque cette suite introduit de nouveaux personnages. En revanche, ceux qui n’ont pas découvert l’œuvre initiale risquent de passer à côté de certaines références. Il faut aussi reconnaître que l’ensemble peut parfois se révéler assez complexe, notamment en raison de son histoire riche et dense, ce qui n’empêche pas de s’y plonger, mais demande un peu d’attention.

Un amour à contre-sens
Tokyo. On suit Kunon Kanai, un adolescent en apparence tout à fait banal, sauf pour un détail : lorsqu’il observe les gens autour de lui, il leur voit à tous des ailes d’ange. Mais ce n’est pas ce qui le perturbe le plus…
Chaque troisième vendredi du mois, il répète le même rituel : acheter un melon pan puis grimper jusqu’au point le plus élevé de la ville. Là, il retrouve Karis Kazamamori, la fille dont il est fou amoureux.
Le problème, c’est que ce n’est pas réciproque. Kunon est convaincu d’être né pour être avec elle, alors que Karis, elle, rejette totalement cette idée. Impossible pour elle de sortir avec lui, pour une raison très simple : Karis aime les femmes. Un sacré coup dur pour Kunon…
L’appel de la liberté
Même si c’est difficile à admettre, Karis apprécie beaucoup la présence de Kunon et ne souhaite pas rompre ce lien si particulier.
Et pour cause : chez elle, l’atmosphère est bien différente. Son père, le directeur, la surprotège constamment, au point de l’étouffer. En réalité, il ne s’agit même pas de son véritable père. Séparée de sa famille biologique, Karis a été recueillie par cet homme qui lui a promis monts et merveilles.
Mais ce cadre ne lui convient pas. Elle se sent comme un oiseau en cage et n’aspire qu’à une chose : vivre librement, par ses propres moyens. Alors, elle décide de fuir. Peu importe ce qui l’attend dehors, tout lui semble préférable à cette existence enfermée aux côtés de cet homme qui n’est pas réellement son père.
Cependant, la réalité extérieure se révèle encore plus violente. Alors qu’elle se fait attaquer par un groupe d’hommes, un individu surgit et les élimine en un instant. Mais il ne s’arrête pas là…
Son véritable objectif est Karis elle-même. À ses yeux, elle est loin d’être une simple adolescente. Ce qu’il cherche avant tout, c’est provoquer son éveil et révéler sa véritable nature.


L’ombre de Belzébuth
Kunon ressent un étrange pressentiment… et il a bien raison. En arrivant sur place, il découvre Karis entourée d’hommes qui possèdent eux aussi des ailes d’ange. Est-ce une illusion ou la réalité ? Difficile à dire sur le moment.
Quoi qu’il en soit, ce qui l’inquiète le plus reste l’état de Karis. Il tente avant tout de comprendre la situation et de s’assurer qu’elle va bien. Mais les retrouvailles sont de courte durée. Le directeur, son père adoptif, fait son apparition, bien décidé à récupérer son “petit oiseau” pour la ramener en cage…
Une fois Karis à nouveau enfermée, l’homme retrouve l’agresseur de sa fille. On apprend alors que ce dernier n’est autre qu’un démon au service du seigneur Belzébuth. Kunon, de son côté, ne recule pas. Animé par ses sentiments et déterminé à venir en aide à Karis, il est prêt à tout pour la sauver, sans encore mesurer l’ampleur des dangers qui se dressent sur son chemin.