Une collaboration autour de l’horreur
Ah… Junji Ito… un nom qui m’évoque beaucoup de choses. Et si je devais le résumer en trois mots, ce serait sans aucun doute : maître, horreur, peur… trois mots qui le définissent à merveille. Car oui, Junji Ito est et restera une référence absolue dans l’univers de l’horreur japonaise. D’ailleurs, Mangetsu l’a parfaitement compris, puisque depuis plusieurs mois l’éditeur propose régulièrement ses œuvres pour notre plus grand plaisir de lecture. Le dernier en date : Histoires étranges – La ville funéraire (ou Nanika ga Kimyō na Monogatari – Bohyō no Machi), paru pour la toute première fois en 2020 au Japon.
À travers cet ouvrage, on retrouve pas moins de 12 histoires adaptées de l’œuvre de Junji Ito. Et oui, si les illustrations viennent bien de Junji Ito, c’est ici la plume de Kaoru Sawada qui prend le relais. En effet, Histoires étranges – La ville funéraire reprend le même principe que Sutures. L’ouvrage adapte des histoires de Junji Ito avec ses illustrations originales. La narration, elle, est réécrite par Kaoru Sawada, qui a notamment participé à l’écriture de la série Junji Ito Collection.
Entre roman et manga
Comme mentionné précédemment, l’ouvrage regroupe 12 histoires au total : Un rêve sans fin, Les damnés, Le cercueil, La ville funéraire, La créature échouée, Sonnette finale, La forêt de sang, Frissons, La femme limace, Le tunnel, La chuchoteuse et Les funérailles de l’enfer.
Pour chacune d’elles, quelques pages du manga original sont incluses, généralement entre une et trois pages. À noter également que le livre se lit comme un roman, de gauche à droite, et non comme un manga traditionnel.

Les damnés
Depuis quelque temps, des phénomènes étranges se produisent dans les rues. Des hommes et des femmes restent debout, immobiles, en plein milieu, sans la moindre réaction. Tous adoptent des postures inhabituelles et ne bougent plus, que ce soit le jour ou la nuit.
Asano, une jeune femme membre de l’association Ciel Bleu, tente d’apporter son aide comme elle le peut. Mais bien souvent, elle se retrouve face à un mur, sans réponse. Elle s’est donné une mission. Aller à la rencontre de chacun de ces damnés et essayer de comprendre ce qui leur arrive.
Mais à chaque fois, le constat est le même. Parfois, un silence total. Parfois des chuchotements… mais jamais assez pour réellement saisir la situation.
Malgré tout, Asano refuse d’abandonner. Elle veut aider, mais aussi comprendre pourquoi toutes ces personnes restent figées ainsi… jusqu’au jour où l’un de ces damnés apparaît directement dans son propre appartement.
La créature échouée
Les habitants des environs sont sous le choc. Une créature gigantesque, d’environ trente mètres, vient de s’échouer sur la plage. Son apparence est terrifiante. Elle est couverte de bosses, avec un corps étrange, à mi-chemin entre un poisson et un mille-pattes. Personne n’a jamais vu une telle chose.
Pourtant, contre toute attente, la créature attire plus qu’elle n’effraie. De nombreuses personnes accourent pour l’observer. C’est le cas de cette jeune femme, mystérieusement attirée par cet événement. Et ce, malgré sa peur de tout ce qui touche à la mer.
Sur place, elle fait la rencontre d’une veuve, Mie. Son mari a disparu il y a sept ans. Depuis, elle ressent un lien étrange avec tout ce qui touche aux profondeurs marines. En échangeant avec elle, toutes deux commencent à comprendre qu’elles partagent bien plus de points communs qu’il n’y paraît…


La femme limace
Yûko et Rie sont camarades de classe. Lorsqu’elles ne se sentent pas bien, elles savent qu’elles peuvent se confier l’une à l’autre.
Un jour, Yûko, habituellement très bavarde, change brutalement de comportement. Elle devient soudain incapable d’ouvrir la bouche. Et même lorsqu’elle parvient à parler, ses mots semblent incohérents, dépourvus de sens. Serait-elle simplement malade ?
Yûko cesse alors de venir à l’école. Inquiète, Rie décide de se rendre chez elle pour prendre de ses nouvelles. Dans le jardin, elle aperçoit les parents de son amie, occupés à jardiner… ou plutôt à lutter contre des limaces envahissantes. Malgré leurs efforts, les nuisibles semblent revenir sans cesse.
Lorsque Rie entre dans la chambre de Yûko, elle la découvre avec un masque chirurgical sur la bouche, refusant catégoriquement de l’enlever…