Avant-propos
Le Dernier Écrivain (ou 100-nen no Tateito) est un manga publié pour la première fois au Japon en 2023. Composé de seulement quatre tomes, il paraît en France en avril 2024. Derrière ce manga, on retrouve Akai Chitose, pour qui il s’agit de sa toute première œuvre.

La fin des écrivains…
Dans ce second tome, Sugai en apprend davantage sur Turret, l’IA qui, autrefois, n’était qu’un simple logiciel. Depuis, le programme a bien évolué et prend désormais la forme d’un casque capable de rendre les expériences particulièrement réalistes.
Peut-être même un peu trop pour Sugai ! Lorsqu’il l’enfile, il se retrouve plongé dans une scène pour le moins surréaliste : Yui, la femme qu’il a autrefois aimée, se fait dévorer par des ours. La scène est brutale, mais surtout terriblement réaliste. Pourtant, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus difficile à supporter pour Sugai. Revoir le visage de Yui après toutes ces années est certainement le plus douloureux.
Après une telle expérience, Sugai est catégorique : il ne veut plus jamais utiliser Turret. Kanae, son assistante, compte bien cependant lui montrer ce dont l’IA est réellement capable. Pour cela, elle n’a pas besoin de beaucoup de temps.
En seulement quelques instants, Turret est capable de générer un roman de plusieurs milliers de caractères. De quoi laisser Sugai quelque peu perplexe devant une telle prouesse. Il comprend surtout pourquoi les écrivains ont progressivement disparu. Face à une IA capable de produire autant de contenu en quelques secondes, la concurrence devient forcément compliquée pour les auteurs humains.
Malgré tout, Sugai refuse de terminer son roman grâce à ces fichiers numériques. Ce qu’il recherche, ce sont de vrais livres. Du papier, de l’encre et des pages que l’on peut réellement tenir entre ses mains. Il veut retrouver ce qu’il appelle les « fruits de l’encrier »…
Le livre, un trésor oublié
Trouver des livres au format papier à cette époque s’annonce finalement plus compliqué que prévu ! Qu’à cela ne tienne, Sugai finit par trouver une petite librairie d’occasion qui pourrait bien faire son bonheur.
À leur arrivée, force est de constater que les lieux sont presque déserts. Après tout, à cette époque, rares sont encore les personnes à acheter des livres papier. Quelques rares clients viennent pourtant chercher leur bonheur, mais le propriétaire refuse catégoriquement de leur vendre quoi que ce soit. Selon lui, ces personnes ne comprennent pas la véritable valeur d’un livre et n’en sont pas digne.
Avant de proposer ses ouvrages à la vente, le propriétaire soumet alors un marché à Sugai: classer tous les livres qui se trouvent au sous-sol et les remettre dans les bons rayons. Une manière de le tester et, surtout, de vérifier s’il est réellement digne de posséder ses précieux ouvrages. Pour Kanae, la tâche s’annonce particulièrement compliquée. Pour Sugai, c’est tout l’inverse ! Il retrouve une sensation qu’il pensait presque oubliée… L’odeur de l’encre, le poids des pages sous son pouce, la texture d’une reliure… Autant de petits détails devenus insignifiants pour la plupart des gens, mais qui représentent énormément pour Sugai…
Kanae, elle, n’a jamais connu tout ça. Elle n’a pas grandi avec ces sensations et ne comprend donc pas vraiment ce que Sugai peut ressentir. Celui-ci décide alors de lui faire découvrir cet univers à sa manière : il compte lui trouver un livre capable de lui faire vivre, elle aussi, cette expérience…


Un pari impossible ?
Après avoir réussi à ranger tous les livres, Sugai gagne la confiance du libraire, qui souhaite forcément en savoir un peu plus sur ses motivations. Sugai veut écrire un roman… mais surtout, il veut l’écrire sans Turret… Uniquement avec son imagination.
Sugai ne peut cependant pas le nier, Turret reste une technologie particulièrement intéressante. Ses capacités ouvrent énormément de possibilités dans le monde de la littérature. Refuser une telle aide pourrait donc sembler complètement stupide… mais Sugai ne veut pas céder. Il veut prouver qu’il en est encore capable. Que l’être humain, son imagination peuvent faire bien plus qu’un simple logiciel.
Puis, Sugai se confie davantage. Il explique qu’il ne souhaite pas utiliser les outils de correction proposés par Turret. Il sait parfaitement que cela pourrait lui faciliter la tâche, mais il préfère garder ses propres idées… quitte à ce qu’elles soient parfois moins parfaites ! Ce qu’il ne veut surtout pas, c’est commencer à utiliser l’IA pour finalement se sentir « obligé » d’accepter tout ce qu’elle lui propose. Sugai veut écrire son roman seul, avec ses propres mots et ses propres idées.
Mais derrière ce refus se cache aussi une autre raison. Yui. Les années ont beau passer, le souvenir de celle qu’il a aimée est toujours là. Sugai veut tenir sa promesse : écrire un roman par ses propres moyens, et ce, peu importe les difficultés qu’il devra rencontrer. Seulement voilà… les premières difficultés ne vont pas tarder à se présenter. Sugai va rapidement devoir faire face à une terrible réalité : les écrivains ont-ils encore leur place dans ce monde ?