Paru en 2022 au Japon et composé de 6 tomes (toujours en cours), Shelter of love (ou Koboreru Yoru ni) est désormais disponible en France aux éditions Akata. La mangaka derrière ce titre n’est autre que Aruga Rie, déjà connu pour Perfect World (2014) ou encore quand la nuit tombe, paru lui, en 2022
Le point de non-retour :
Je l’avais tant espéré à la fin du deuxième tome : que Tenjaku réussisse à se reprendre, à garder le contrôle… Mais dès le premier coup porté à son père, il était déjà trop tard. À cet instant précis, tout bascule. Tenjaku laisse jaillir ce qu’il a enfoui pendant des années, une colère comprimée, étouffée, qui finit par exploser dans un déferlement de rage incontrôlable. Il déchaîne toute sa fureur sur son père. Peut-être trop.
Juste avant que le coup fatal ne soit porté, l’intervention des forces de l’ordre vient brutalement mettre un terme à ce déchaînement. Pour Tenjaku, c’est le début du cauchemar. Le monde qu’il connaissait s’effondre sous ses yeux. Il est arraché à Yoru, celle qui incarnait son dernier repère, son unique source de lumière.
Son père, plongé dans le coma après avoir subi de lourdes séquelles, n’a que peu de chances de se réveiller. Yoru, elle aussi, n’est pas épargnée. Gravement blessée, victime d’une fracture de l’arcade, elle doit subir une intervention chirurgicale en urgence. Quant à Tenjaku… son avenir reste suspendu. Transféré dans un centre éducatif, il découvre une réalité bien plus dure, où chaque journée semble interminable. Même avec la meilleure défense, même avec tout l’espoir possible, l’ombre de la prison plane au-dessus de lui…
Faire face à l’irréparable
De son côté, Yoru doit elle aussi affronter la solitude. Gravement blessée au visage, elle ne parvient pourtant pas à détourner ses pensées de Tenjaku. Depuis toujours, il a été présent pour elle. Et une fois encore, il l’a protégée, quitte à mettre sa propre sécurité en péril. Malgré la douleur, malgré l’épreuve de l’opération, elle ne pense qu’à lui, et surtout aux conséquences de ses actes.
Takanashi, l’une des responsables du foyer, vient lui rendre visite, comme elle le fait chaque jour depuis son hospitalisation. Yoru tente de se montrer rassurante. Depuis les événements, elle a pris une décision : s’endurcir. Car si elle se retrouve dans cette situation, c’est aussi parce qu’elle a fait preuve de trop de naïveté. Cette épreuve agit comme un véritable électrochoc. Elle lui rappelle à quel point le monde peut être cruel, et que les adultes ne sont pas toujours dignes de confiance. Après sa mère, c’est le père de Tenjaku qui lui en apporte la preuve. Désormais, Yoru veut devenir forte. Pour Tenjaku, mais aussi pour elle-même.
Tenjaku justement, doit assumer ses actes. Les jours s’étirent, rythmés par les visites répétées de son avocate. Elle se montre lucide. Elle le sait : même si Tenjaku possède un bon fond, ce qu’il a fait est loin d’être anodin et ne peut rester impuni. D’autant plus qu’il l’admet lui-même : à cet instant précis, il n’avait qu’une seule intention… Tuer son père.
Un visage familier
Alors que Yoru est conduite au bloc pour être opérée, le verdict tombe pour Tenjaku. La sentence est lourde : onze mois d’incarcération. Il n’a désormais plus d’autre choix. S’il souhaite revoir Yoru un jour, il doit se plier aux règles.
Au centre, le rythme est bien différent de celui du foyer. Le personnel n’est pas là pour les épargner. S’ils sont enfermés entre ces murs, ce n’est pas par hasard, mais pour une raison bien précise… et rarement une bonne. Élevé à la dure, Tenjaku se replie sur lui-même. Il reste à l’écart, n’accorde que peu d’attention aux autres, pas même à son compagnon de cellule, Takahashi.
Pourtant, ce dernier ne passe pas inaperçu. Son tempérament explosif le fait souvent remarquer. Il faut dire que les règles du centre sont strictes : interdiction de discuter librement, de révéler son prénom, ou même d’échanger des informations personnelles. Le but est clair : éviter que les détenus ne se retrouvent à l’extérieur. Ce qui se passe dans le centre doit y rester. Mais le destin en décide autrement. Peu à peu, un lien se crée entre Takahashi et Tenjaku. Une proximité étrange, presque naturelle. Et pour cause… ce n’est pas la première fois que leurs chemins se croisent.
Loin de lui, Yoru tente tant bien que mal de se reconstruire, physiquement… mais aussi intérieurement. Elle le sait, il lui faudra faire preuve de patience avant d’espérer revoir Tenjaku. Et si, finalement, cette épreuve n’était pas l’occasion pour elle de grandir, de se redéfinir, et d’apprendre à exister autrement que dans l’ombre de la peur ?