Clap, clip, clap : petite pluie d’avril
Dans Deer & Boy, vous incarnez « Boy ». Boy est un garçon à l’air plutôt introverti et timide qui, par une nuit pluvieuse, décide de faire le mur et de quitter la demeure familiale. Si, en tant que spectateur, les questions fusent déjà dans votre cerveau, il faudra être patient et attentif pour en savoir plus.





Au sein de ce jeu, la narration se dévoile en images, accompagnée d’une musique et de quelques bruitages, mais il n’y a pas de place pour la parole.
Ce véritable petit trésor narratif sort ce 23 juin sur consoles et PC, de quoi ne laisser personne de côté.
Vous l’aurez sans doute compris avec le titre, si le jeu ne nous informe pas beaucoup sur l’histoire de Boy au départ, il en est tout autrement pour le jeune cerf qui nous accompagne. Véritable remix de Bambi, ce dernier finit seul, sa mère ayant été abattue par un chasseur. Autant dire qu’avec le seul prologue, les émotions vous submergent déjà par vagues. C’est ainsi que nos deux protagonistes vont se lier d’amitié, l’un voulant aider l’autre à survivre malgré la perte de son parent.






Rares sont les temps de répit lorsque l’on fuit

Si l’on pourrait s’attendre à une idyllique randonnée entre un cerf et un humain, il n’en est rien. Il faudra ruser et éviter d’être débusqué par un policier car oui, vous êtes recherché après votre fugue…
Le jeu vous apprendra rapidement que les humains ne constituent pas l’ensemble de vos ennemis. Si rester hors de vue demeure le maître-mot, il faudra aussi parfois faire preuve de rapidité, sauter ou simplement user de logique pour débloquer un chemin.
Néanmoins, votre âme poétique saura être touchée par les nombreuses scènes émotionnelles et contemplatives que le jeu vous réserve. D’abord plongée dans des tons plus sombres, la lumière trouvera rapidement sa place à l’écran, évoluant d’une saison à l’autre en toute douceur.
Des monstres issus des humains
Après peu de temps, le jeu nous confronte à un monstre. Si vous êtes connaisseur des productions Ghibli, vous serez rapidement amené à vous remémorer Princesse Mononoké. À la manière du film, la nature mue en monstre, contaminée par la perfidie humaine. Si ici la logique diffère, l’aspect violacé de la corruption qui transforme les animaux prend place de la même manière.


Sans un mot, mais pas sans âme
Le jeu prend le parti de faire voyager son joueur à travers un monde d’images, de musiques et de sons. La parole et les dialogues en sont totalement absents.
Néanmoins, la trame se passe aisément de plus d’explications ou de mots. L’image à l’écran arrive à capter et raconter l’histoire de A à Z. Le jeu conserve une part de mystère qui ne prendra tout son sens qu’à la conclusion de l’opus.
Le titre se complète en quelques heures. Pour les chasseurs de trophées, une seconde partie sera peut-être nécessaire pour collecter l’ensemble des succès.





Mon avis
Si le jeu se veut une expérience émotionnelle, je l’ai trouvé très orienté infiltration. Heureusement, étant plutôt novice dans ce domaine, tant l’infiltration que les puzzles de plateformes étaient tout à fait faciles à prendre en main et à réaliser.
Dès le départ, j’ai voulu savoir pourquoi ce jeune enfant quittait son foyer. J’ai imaginé moult possibilités, et celle qui s’est avérée être la bonne m’est apparue clairement bien avant la fin du jeu.
Si l’on pourrait penser, à cause de la comparaison avec Mononoké, à une corruption de la nature par l’humain, la logique est ici assez différente et j’ai mis presque tout le jeu à la comprendre ! Ce qui était, en soi, plutôt appréciable.

Au final, même si le côté infiltration et réactivité (fuite) m’a un peu pesé par moments, j’ai tout de même apprécié cette proposition originale et poétique. Le jeu progresse aisément sans se perdre en quêtes annexes ou autres fioritures, ce qui, de nos jours, devient rare.