Mise en contexte
Même si vous n’êtes pas féru de jeux vidéo, vous avez sans doute entendu parler des trois grandes figures du secteur : Sony (Playstation), Microsoft (Xbox) et Nintendo.
Là où les deux premières rivalisent sur les performances techniques et les exclusivités, Nintendo suit une voie à part. Moins centrée sur la puissance, la marque se distingue depuis toujours par une approche familiale, créative et souvent portable du jeu vidéo.

Nintendo en quelques mots
Fondée à Kyoto en 1889, Nintendo débute dans la fabrication de jeux de cartes traditionnels. Ce n’est qu’en 1977 qu’elle s’oriente vers le jeu vidéo, domaine dans lequel elle connaît un succès croissant.
Son pari gagnant ? Proposer une expérience accessible, souvent tournée vers le jeu en famille ou portable. De la Famicom (NES au Japon) aux différentes Game Boy, elle marque durablement le paysage vidéoludique. Et ses licences cultes — Mario, Zelda, Pokémon — y contribuent largement.



Sur le plan des consoles de salon, des machines comme la GameCube (2001) ou la Wii (2006) ont aussi laissé leur empreinte, notamment en démocratisant le jeu familial.
Côté portable, l’évolution est continue : des Game Boy aux Nintendo DS, puis enfin la Nintendo Switch, sortie en 2017, qui combine les deux usages — salon et portable — en une seule machine.


La Nintendo DS reste à ce jour la console la plus vendue de Nintendo, avec 154 millions d’unités écoulées, suivie de très près par la Switch 1, avec 152 millions de ventes.
Et maintenant… la Switch 2

Tout cela nous mène à une nouvelle étape : le 5 juin 2025, date de sortie officielle de la Nintendo Switch 2.
Plutôt qu’une rupture, Nintendo la conçoit comme la digne successeuse de la Switch 1 — une continuité pensée pour les joueurs d’hier comme d’aujourd’hui.
Comparaison Nintendo Switch 1 & Switch 2
⚠️ Remarque : « Switch 1 Classique » désigne ici le modèle V1, commercialisé de 2017 à fin 2019
| Caractéristique | Nintendo Switch 1 | Nintendo Switch 2 |
| Affichage TV | 1080p @ 60 Hz | Jusqu’à 4K @ 60 Hz (120 Hz en 1080p/1440p) |
| Écran console | 6,2” LCD / 7” OLED | 7,9” LCD HDR |
| Port LAN (dock) | Non (adaptateur requis) | Intégré |
| Ports USB (dock) | 3 (2 externes, 1 interne) | 2 externes |
| Mémoire interne | 32 Go / 64 Go (OLED) | 256 Go |
| Stockage externe | microSD standard | microSD Express uniquement (jusqu’à 2 To) |
| Prise casque (jack) | Oui 3,5 mm | Oui 3,5 mm |
| Port USB-C (charge) | 1 dessous | 2 (dessous + dessus écran) |
| Poids (console + Joy-Con) | ~398 g (classique) / 420 g (OLED) | 534 g |
| Autonomie portable | 2H30 à 9H | 2H à 6H30 |
| Chat vocal natif | Non | Oui (GameChat intégré) |







Et hors des caractéristiques, qu’est-ce qui saute aux yeux comme différence depuis la Switch 1 ?
Prise en main : un vrai gain de confort

Dès la première prise en main, la Switch 2 séduit par son confort. Plus douce au toucher, au design plus sobre et plus lisse, elle marque une vraie différence avec sa prédécesseuse. Les Joy-con ont aussi été revus : finis les rails capricieux de la Switch 1 ! Un système magnétique et un bouton d’éjection simplifié rendent leur retrait bien plus fluide.
Petit détail esthétique mais pratique : un contour plastique coloré à la base des joysticks évite l’accumulation de saleté — un bon point si vous avez galéré à les nettoyer sur la première Switch.
Un ajout intéressant restant à tester est la possibilité d’utiliser le joy-con comme une souris. Même si la fonctionnalité tranche avec l’idée que l’on se fait d’une pause jeu vidéo dans le canapé, elle pourrait peut-être s’avérer très utile dans certains jeux où la souris semble mieux s’adapter que la manette.


Et l’écran ? Il impressionne : 7,9” soit 16 cm de haut sur 27 de large. Pour les habitué·es de la première Switch, c’est une vraie claque. Si vous venez de l’OLED, le saut sera moins grand, celle-ci atteignant déjà 7”.
Côté technique : plus puissante, mais toujours limitée

C’est indéniable : la Switch 2 monte en puissance. Elle gère des jeux bien plus gourmands, avec un affichage jusqu’à la 4K en 60Hz sur télé. Les 120Hz sont aussi possibles, à condition de descendre la résolution. En portable, le taux de rafraîchissement booste la fluidité de jeu, et le son a été amélioré.
La mémoire passe à 256 Go, mais attention : seuls les microSD Express sont compatibles pour les jeux Switch 2. Et vu la taille des jeux, ça chiffre vite :
- Hitman Signature Edition : 61 Go
- Mario Kart World : 23,4 Go
- Split Fiction : 71 Go
- Cyberpunk 2077 : 57 Go
- Street Fighter 6 : 49 Go
- Yakuza Zero : 53 Go
- Rune Factory Guardians of Azuma : 18 Go
Vous aurez vite besoin d’étendre le stockage !
Nouvelles fonctionnalités pratiques
La console intègre désormais un micro pour le GameChat ainsi qu’un deuxième port USB-C, situé au-dessus de l’écran. Fini le câble qui gêne pendant vos parties en rechargeant, et place aux accessoires comme une caméra à venir.
Dock TV : mieux pensé et plus propre
Le dock TV évolue aussi. Toujours muni d’un port LAN (présent depuis l’OLED), il change de forme : fini le boîtier rigide, place à un modèle plus lisse et arrondi.
Autre amélioration bienvenue : un panneau arrière amovible remplace l’ancien clapet. Moins de poussière piégée, nettoyage plus simple et meilleure circulation d’air pour limiter la chauffe. Bien vu !

Autonomie : le point noir
Là, ça coince. La Switch 2 retombe à une autonomie max de 6h30, bien en dessous des 9h du modèle OLED. Et ce malgré une option d’économie d’énergie lorsqu’elle est en dock.
Pour compenser, certains accessoires voient déjà le jour : batteries externes, mais aussi une pochette avec batterie intégrée chez Belkin. Une solution, certes, mais qui alourdit encore un coût déjà élevé.
Et les jeux dans tout ça ?
Pas d’inquiétude si vous craignez de manquer de jeux : la Switch 2 est rétrocompatible à 99 % avec le catalogue Switch 1. Beaucoup de jeux bénéficient même d’une mise à jour gratuite vers la version Switch 2, comme Pokémon Arceus qui tourne enfin parfaitement sur la nouvelle console.
Certaines mises à jour plus travaillées sont payantes (par exemple, Kirby et le monde oublié à 20 €, Zelda: Breath of the Wild à 10 €). Heureusement, l’abonnement Switch Online permet parfois de les obtenir gratuitement.
Attention, quelques jeux restent incompatibles (Nintendo LABO), , Nintendo travaille à corriger ces bugs (plus d’infos sur leur site officiel).
Côté accessoires, la plupart des manettes fonctionnent sans souci, y compris les manettes rétro (Sega, N64). Seules les manettes Pro et Joy-con de la Switch 2 permettent de sortir la console du mode veille via le bouton Home.
Par contre, le dock, câble HDMI, microSD et supports de charge de la Switch 1 ne sont pas compatibles ou présentent de fortes limitations avec la Switch 2.
La nouvelle manette Pro controller de la Switch 2 ressemble à l’ancienne, avec un design lisse revisité, elle ajoute deux touches réglables sous les annulaires, et enfin un port audio 3,5 mm pour brancher des écouteurs directement sans déranger.
Quoi de nouveau sous le soleil ?
La Switch 2 apporte surtout des nouveautés sociales et fonctionnelles, au-delà de l’écran plus grand et de la puissance accrue.
GameChat est la nouveauté majeure : un salon vocal intégré à la console pour discuter avec jusqu’à 12 amis pendant le jeu, avec possibilité de partager sa partie en vidéo. Pratique pour jouer ensemble sans ouvrir un autre appareil. En revanche, vos amis doivent avoir une Switch 2 pour vous rejoindre, et le service sera gratuit seulement jusqu’en mars 2026 avant de passer en abonnement.

Autre nouveauté : les cartes de jeu virtuelle permettent de prêter vos jeux numériques à des membres de votre famille (formule abonnement Switch Online), pour un partage limité dans le temps (max 14 jours, un prêt à la fois, max 3 prêts simultanés). Idéal pour faciliter le transfert vers la Switch 2.
GameShare permet d’inviter un ami localement à jouer sur votre console sans qu’il ait le jeu (compatible avec la Switch 1 en local), et en ligne via GameChat (uniquement sur Switch 2). Très pratique pour le jeu coopératif, mais à terme, ça nécessitera l’abonnement Switch Online.

Enfin, la grande surprise est l’émulation GameCube sur Switch 2 via le pack additionnel Switch Online. Trois jeux sont déjà disponibles (Zelda: Wind Waker, F-Zero GX, SoulCalibur 2), d’autres sont annoncés. Une manette GameCube officielle a même été recréée pour la Switch 2.
Pour rappel, l’abonnement individuel à Nintendo Switch Online coute actuellement 19,99€/an, la version avec Pack additionnel (indispensable pour la GameCube et la MegaDrive) est quant à lui à 39,99€/an. Sans parler des formules d’abonnements familiales plus onéreuses mais aussi avantageuses.



En résumé, la Switch 2 modernise l’expérience Nintendo avec des fonctions sociales, un catalogue rétro élargi et un confort de jeu amélioré.

Faut-il ou non l’acheter ? Mon avis
Pour moi, la Switch 2 est un achat rentable, surtout si vous avez une Switch de première génération. Le confort de jeu est nettement amélioré grâce à la puissance et aux nouvelles fonctions. Si vous êtes fan de Fire Emblem et avez raté Path of Radiance, c’est un argument de poids.
La Switch 2 offre une console plus puissante, un grand écran, des options sociales pour jouer en famille ou entre amis, et un confort portable amélioré. En revanche, les jeux rétro rares, comme certains titres GameCube, restent chers et demandent un abonnement Switch Online avec pack additionnel. De plus, connecter une vraie GameCube à une TV moderne est souvent compliqué.
Si vous avez déjà une Switch OLED, la différence est moins flagrante : l’écran est déjà grand, et les performances proches. Le catalogue de la Switch 2 est encore limité, donc l’achat peut attendre un jeu marquant ou une occasion de tester la console.Personnellement, je suis convaincue. La console est pensée pour le jeu en famille avec des nouveautés intéressantes. Chez nous, alterner entre PS5 et Switch 2 permet de profiter pleinement des deux univers. Une pause coop avec Mario Kart World reste un vrai plaisir !
