Avant-propos
Après avoir mis Tomie dans votre poche, il est désormais temps de faire la rencontre d’un personnage toute aussi emblématique de l’univers de Junji Ito… Soïchi ! Un nom qui ne vous est certainement pas inconnu. Et pour cause, ce jeune garçon aussi étrange qu’inquiétant a marqué de nombreux lecteurs depuis sa première apparition en 1991.
Derrière ce personnage aussi fascinant que dérangeant, on retrouve bien évidemment Junji Ito, le maître de l’horreur japonais que l’on ne présente désormais plus. Avec Soïchi, le mangaka nous propose un personnage bien différent de ses autres créations, capable de nous mettre mal à l’aise tout en apportant une bonne dose d’humour noir.
Côté édition française, c’est une nouvelle fois Mangetsu qui prend en charge la publication, l’éditeur possédant pour rappel une collection entièrement dédiée au maître de l’horreur. Au total, deux tomes, dans un format poche, sont prévus. Chacun proposera un peu plus de 200 pages ainsi que des couvertures inédites. Pour les lecteurs souhaitant profiter d’une édition plus imposante, Mangetsu propose également une version deluxe (paru en 2022). Celle-ci reprend l’œuvre dans un format plus grand, permettant notamment de profiter pleinement des illustrations de Junji Ito et de son travail graphique si particulier.

Sept histoires pour davantage de frissons
Ce premier tome de Soïchi regroupe les sept premières histoires consacrées au petit diablotin imaginé par Junji Ito. On y retrouve notamment De jolies vacances d’été (août 1991), De jolies vacances d’hiver (janvier 1992), Le Journal de Soïchi (août 1992), Soïchi a de la visite (septembre 1992), Professeur de chiffon (entre janvier et février 1993), L’Anniversaire de Soïchi (mai 1993) et, pour terminer, Les Insouciantes Malédictions de Soïchi, paru en février 1995.
Au fil des chapitres, nous faisons principalement la rencontre de Yûsuke et Michina, deux cousins venus tout droit de la capitale pour passer leurs vacances chez des membres éloignés de leur famille. Des vacances qui vont rapidement tourner au cauchemar.
La maison dans laquelle ils séjournent est également celle de Soïchi. Derrière son apparence de simple garçon d’une dizaine d’années se cache un véritable petit démon, aussi farceur que malveillant, qui prend un malin plaisir à lancer d’étranges malédictions à tous ceux qui croisent son chemin…
Certainement pas un ange…
Yûsuke et Michina pensent passer des vacances tranquilles auprès de leur famille. Pourtant, ils sont loin d’imaginer ce qui les attend. Alors que tout le monde déguste un granité, un membre de la famille manque à l’appel : Soïchi !
Selon son grand frère, le jeune garçon est particulièrement timide et n’ose presque jamais sortir de sa chambre, pas même pour une sortie à la piscine. Intrigués, Yûsuke et Michina décident alors de lui apporter un peu de pastèque. L’occasion idéale de faire enfin la connaissance de ce cousin si discret. Mais en entrant dans la pièce, les deux adolescents tombent des nues.
Soïchi est bien là… sauf qu’il ne ressemble en rien aux garçons de son âge. Enfermé dans son univers, il passe son temps à parler à ses poupées comme si elles étaient bien vivantes. Et ce n’est pas le plus étrange. En l’observant d’un peu plus près, Yûsuke et Michina découvrent que sa bouche est remplie… de clous ! De longs clous qu’il garde constamment entre ses dents, comme s’il s’agissait de simples bonbons.
Pour le reste de la famille, pourtant, rien d’anormal. Soïchi a toujours été comme ça. Tous se sont habitués à ses étranges manies et recommandent donc aux deux cousins de simplement l’ignorer.
Malheureusement, les choses ne vont pas se passer comme prévu. Soïchi semble très rapidement vouer une haine toute particulière à Michina, qui devient la cible favorite de ses mauvais tours et de ses nombreuses malédictions. Les vacances de la jeune fille prennent alors une tournure bien plus inquiétante… et se transforment rapidement en un véritable cauchemar.


Des malédictions à volonté
Soïchi n’est clairement pas un garçon ordinaire, et l’on s’en rend compte dès les premières pages. Les clous qu’il garde constamment dans sa bouche donnent déjà le ton, mais ce n’est finalement qu’un détail parmi tant d’autres. Au fil des chapitres, on découvre un jeune garçon particulièrement étrange, passionné par les malédictions et prêt à tout pour arriver à ses fins.
Peu à peu, le manga nous en dévoile davantage sur sa personnalité, son quotidien et surtout sur ce dont il est réellement capable. Ses proches vont rapidement en faire les frais, et tout particulièrement sa cousine Michina, qui devient très vite la cible de ses nombreuses farces et de ses malédictions.
Ce premier tome est également l’occasion d’en apprendre davantage sur son passé. On découvre notamment quelques éléments de son enfance ainsi que sa relation avec sa grand-mère, qui l’a élevé. Des informations qui permettent de mieux comprendre ce personnage aussi étrange qu’inquiétant, sans pour autant lever tous les mystères qui l’entourent…Car au final, c’est un peu ça, l’univers de Junji Ito. Un univers étrange, parfois dérangeant, qui ne cherche pas forcément à tout expliquer… Seulement à nous faire frissonner.