Paru en 2021 au Japon et composé actuellement de 2 tomes, Sur la colline où poussent encore ces fleurs (ou Ano Hana ga Saku Oka de, Kimi to Mata Deaetara) est désormais disponible en France aux éditions Doki Doki.
Droit d’auteur : © 2021 Shiomi Natsue / Matsuse Daichi, ASCII Media Works

L’abri du temps
Malgré sa présence en cours, Yuri n’y accorde que peu d’importance… Surtout lorsqu’il s’agit d’histoire du Japon, et en particulier de cette année 1945, quand le pays fut bombardé par l’armée américaine.
Pour la jeune collégienne, rien ne va. Les cours l’ennuient, son collège lui semble une prison. À la maison, l’appartement empeste le moisi, et sa mère ne fait que lui crier dessus. Une routine étouffante, qui pèse chaque jour un peu plus. Et pourtant, Yuri ne dit rien. Elle souffre en silence… jusqu’à ce soir-là.
Tout bascule à la suite d’une dispute avec sa mère. Les mots s’enchaînent, durs, violents. Puis vient le geste de trop. Alors, Yuri craque. Elle n’en peut plus. La seule issue qui lui reste, c’est de fuir. Où ? Elle n’en sait rien. Mais une chose est certaine : elle veut être seule.
La nuit est tombée. La pluie bat le pavé. Trempée, Yuri finit par trouver refuge dans un vieil abri antiaérien. Là, dans le silence humide et glacé, elle regrette ce qui vient de se passer. Elle ne souhaite plus qu’une chose : qu’au réveil, tout cela ne soit qu’un mauvais rêve.
Mais, pour elle, un événement va tout faire basculer…
Entre pluie et cendres
Lorsqu’elle ouvre les yeux, Yuri découvre avec horreur que sa ville a totalement disparu. À la place s’étend un paysage inconnu, silencieux et étrangement étranger.
En s’éloignant un peu, elle aperçoit des habitations… mais aucune ne lui est familière. Le soleil tape fort, son corps s’affaiblit, et peu à peu l’espoir l’abandonne. Sur le point de s’écrouler, elle entend une voix. Un jeune homme s’adresse à elle, lui tend de l’eau et engage la conversation.
Voyant qu’elle n’a plus la force de marcher, il la porte et lui propose son aide. Mais un détail trouble Yuri : la tenue de son sauveur. Il porte un uniforme militaire.
Il s’appelle Akira. Et pourtant, malgré sa peur et ses doutes, à ses côtés, pour la première fois, Yuri se sent apaisée. Akira, déterminé à l’aider, l’emmène chez Tsuru, une femme qui tient un petit restaurant. Au fil de la discussion, Yuri remarque des indices étranges. Et quand Akira évoque la guerre, ses soupçons s’intensifient.
Un vieux journal posé sur la table achève de tout bouleverser : la date est sans appel. Yuri a voyagé dans le temps. Elle est en 1945.


Un destin de guerre
Yuri est totalement déboussolée. Elle ne souhaite qu’une chose : revenir dans le présent. Son premier réflexe est naturellement de retourner à l’abri antiaérien, là où tout a commencé. Mais rapidement, elle doit se rendre à l’évidence : rien ne change. Les choses restent telles qu’elles sont, et elle n’a d’autre choix que de rester ici… pour l’instant.
De retour chez Tsuru, la tenancière du petit restaurant lui propose l’hospitalité, à condition de l’aider en cuisine et au service. Sans autre option, Yuri accepte : après tout, elle n’a nulle part où aller.
Peu à peu, elle découvre que cette époque, bien que rude et marquée par la guerre, n’a rien à envier à son confort du présent. Elle y trouve une chaleur humaine, des gestes simples qui la bouleversent plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Surtout, au fil des jours, un lien naît entre elle et Akira.
Un après-midi, au détour d’un champ de fleurs sur une colline, Akira se confie. Il parle de sa petite sœur, de ses rêves, mais aussi de son rôle de soldat. Yuri apprend alors la vérité : Akira est un pilote suicide. Son unique souhait est mettre un terme à la guerre… pour que des jeunes filles comme Yuri puissent, un jour, vivre en paix et retrouver une vie normale.