
Alice comme vous ne l’avez jamais vue
Après avoir exploré les univers de Peter Pan, de La Petite Sirène et même de Cendrillon, il est temps de s’attaquer à un autre classique… et selon moi, c’est clairement l’un des meilleurs ! Je parle bien sûr d’Alice au pays des merveilles (enfin, “merveilles”… c’est vite dit !)
À travers ce roman, vous allez découvrir une version totalement différente d’Alice et de son monde imaginaire. Oubliez l’ambiance loufoque et colorée que l’on connaît : ici, tout est bien plus sombre. On plonge dans un univers brutal, où la violence, la torture et les abus font partie du décor…
Derrière ce livre, on retrouve Christina Henry, déjà connue pour Lost Boy (sa réécriture de Peter Pan). Autant dire qu’après ce premier aperçu, on sait déjà qu’il faut s’attendre à quelque chose de très cru (et franchement… on adore !)
Prisonnière de son souvenir
Alice est folle. Du moins, c’est ce que les autres pensent. Pourtant, elle en est certaine : elle a bien pris une tasse de thé avec un lapin pour l’anniversaire de sa meilleure amie, Dor. Mais rien n’y fait : elle ne se souvient de rien, encore moins de son agresseur. Son seul souvenir réel reste cette cicatrice qui traverse son visage, du front jusqu’à la lèvre… rien de plus.
Alice est enfermée, traitée comme si elle était réellement folle. Ses journées se résument à avaler une mystérieuse poudre, sous des règles si strictes qu’elle ne peut même pas se laver seule. Même les douches deviennent un cauchemar, mais Alice sait qu’elle doit se laisser faire pour éviter les coups. Son quotidien se limite donc à attendre, espérant en vain que ses parents viendront la sauver un jour. Sa seule compagnie se trouve dans un trou de souris : son voisin de cellule, Ash.
Alice n’est pas folle, elle n’entend pas de voix ; Ash est bien réel. Et contrairement à tout le monde, il ne pense pas qu’Alice est folle. À vrai dire, le plus étrange d’entre eux, c’est probablement lui. Ash n’est pas un inconnu : il est célèbre pour être le tueur à la hache. Pourtant, Alice lui accorde sa confiance. Après tout, à qui d’autre pourrait-elle se confier ?
À travers ce trou de souris, ils échangent leurs histoires. Alice raconte sa rencontre avec le lapin blanc, et pour une fois, on l’écoute vraiment. Malgré leur différence d’âge, une véritable amitié naît, la seule qu’ils pourront vivre dans ce lieu oppressant.
Mais tout bascule lors d’un incident : une chance de fuir se présente pour Alice et Ash… mais ils ne sont pas les seuls à s’échapper. Une créature enfermée dans le sous-sol prend également la fuite, prête à mettre Alice et Ash en grand danger.


Alice cours, le lapin chasse…
Alice est sortie de l’asile, mais le monde extérieur s’avère encore plus dangereux que les murs qui la retenaient captive. L’incendie leur a permis de fuir… oui, mais le Jabberwocky s’est également échappé, une créature terrifiante et d’une puissance effrayante.
Aux côtés d’Ash, Alice doit non seulement survivre, mais aussi tenter d’éliminer cette menace. Selon Ash, Alice détient une magie particulière qui pourrait tuer le Jabberwocky… une idée qui paraît complètement impossible à ses yeux.
Pourtant, elle décide de lui faire confiance et se lance avec lui dans cette quête improbable. Ensemble, ils arpentent les ruelles de la vieille ville, et leur premier arrêt est chez la grand-mère d’Ash, une visite qui permettra à Alice de découvrir son vrai nom : Nicholas.
Là-bas, ils apprennent davantage sur le Jabberwocky et sur la manière de le vaincre : il leur faut une lame vorpale, une arme capable de mettre fin à la créature. Pour réussir cette mission, Alice devra se faire passer pour un garçon. Dans ce monde, les femmes sont vendues, prostituées, réduites à des objets… et, pour ne rien arranger, le lapin ne cesse de traquer Alice, prêt à tout pour la récupérer.
Cours, Alice, cours…
Le lapin n’est pas le seul danger qu’Alice devra affronter. Oh non… sur sa route, elle fera la rencontre de créatures encore plus terrifiantes. Dans la vieille ville règnent des hommes sans pitié qui se font appeler par des noms familiers… mais n’ont rien à voir avec les personnages enfantins du conte original.
Il y a la Chenille, un caïd cruel au service de ses propres vices, et le Morse, un autre chef de gang qui dévore et déchiquette sans remords les femmes qu’il capture, dans l’espoir de trouver une mage et de s’approprier ses pouvoirs.
Alice, accompagnée d’Ash, devra non seulement fuir ces monstres, mais aussi trouver une manière de survivre et peut‑être même de se battre. Sa route sera semée de dangers, et chacun de ces ennemis lui rappellera qu’ici, la magie et l’horreur ne font qu’un.


C’est la fin… enfin, pas complètement !
Après avoir terminé Alice, je dois dire que j’ai ressenti une certaine frustration. Impossible de rester sur une conclusion pareille ! Nous laisser comme ça aurait été vraiment dommage… et heureusement, ce n’est pas le cas.
En creusant un peu, on se rend compte que Christina Henry a bien plus développé cet univers qu’on pourrait le croire. Et celui qui retient particulièrement notre attention, c’est The Red Queen (autrement dit La Reine Rouge). Et là, bonne nouvelle : il s’agit tout simplement de la suite directe d’Alice… autant dire qu’il ne m’en fallait pas plus pour être conquise !
Ce n’est pas tout. De l’autre côté du miroir vient également enrichir cet univers déjà très dense. Il faut dire qu’avec un monde aussi sombre et dérangeant, il y a encore énormément de choses à explorer…
Pour l’instant, 404 Éditions n’a pas encore annoncé la sortie de ces titres, mais ce n’est sans doute qu’une question de temps. Et si l’envie vous prend, vous pourrez ensuite partir à la rencontre du Petit Chaperon Rouge… ou vous plonger dans Near the Bone, qui propose cette fois un récit original.