Ghost of Yotei : Entre splendeur et mélancolie

Date de sortie

02/10/2025

Développeur

Sucker Punch Productions

Éditeur

Sony Interactive Entertainment

Test réalisé sur

PlayStation 5

Plateforme(s)

GENRE(S)

Action, Aventure, Infiltration, RPG

MODE(S)

Solo

LANGUE(S)

Anglais, Français

CLASSIFICATION

PEGI_18

Quelques années après son épopée féodale, le studio Sucker Punch fait son grand retour avec Ghost of Yotei. Ce titre se déroule 300 ans après les évènement de Ghost of Tsushima. Le studio californien est connu pour ses mondes ouverts vibrants et stylisés. En 2020, il avait placé la barre très haut avec l’histoire de Jin Sakai. Avec ce nouvel opus, l’enjeu est de taille. Le jeu s’émancipe de l’île d’origine pour explorer le Nord sauvage en 1603. Atsu devra ainsi parcourir l’emblématique terre du mont Yotei. L’objectif reste de conserver l’ADN unique qui a fait le succès de la licence.

Un héritage sublimé : de Ghost of Tsushima au Mont Yotei

En effet, un petit rappel de Ghost of Tsushima s’impose pour comprendre l’assise technique de cette nouveauté. Le premier jeu était une véritable lettre d’amour au cinéma d’Akira Kurosawa. Plus précisément, il nous plongeait dans la défense héroïque d’une île face aux Mongols. Le titre brillait alors par sa direction artistique et son gameplay viscéral.

Puis, dès l’introduction de Ghost of Yotei, le joueur replonge dans cette ambiance si caractéristique. Visuellement, le titre ne se contente pas de succéder. Au contraire, il transcende la formule. C’est beau, c’est coloré, ça pète… bref, c’est sublime.

Ainsi, on retrouve instantanément la veine esthétique du premier opus. Elle est ici magnifiée par les capacités de la PS5. D’ailleurs, sur une console basique, l’intégration native du ray-tracing change clairement la donne graphiquement. De ce fait, elle offre des jeux de lumière d’un réalisme saisissant sur les paysages sauvages.

Par conséquent, les habitués ne seront pas dépaysés. Les mécaniques iconiques de guidage minimaliste font en effet leur grand retour. Le système de navigation par le vent est toujours de la partie. C’est aussi le cas de l’oiseau providentiel. Ce dernier nous guide de manière organique vers les points d’intérêt notables de la carte. Vous retrouverez ainsi les fameux bambous, les sources chaudes ou les panoramas cachés.

Une direction artistique magistrale et mélancolique

Le premier épisode oscillait entre la fureur de la guerre et l’honneur du samouraï. Alors qu’on ressent une dose de mélancolie beaucoup plus prononcée dans cet opus. L’histoire se veut plus sombre. Elle est aussi bien plus personnelle que dans Ghost of Tsushima. L’intrigue se focalise entièrement sur la trajectoire d’Atsu.

Le sound design participe activement à cette immersion. La bande son est aussi sublime que les graphismes. Elle distille des notes mélancoliques parfaites pour l’atmosphère. C’est exactement l’ambiance pesante et contemplative voulue par Sucker Punch.

La fameuse caméra en mode cinéma fait son grand retour pour les amateurs de grand spectacle. Cette option était déjà plébiscitée dans l’aventure de Jin Sakai. Elle apporte une véritable plus-value visuelle. Elle transforme chaque chevauchée en un plan de maître.

De plus, la narration intègre des fonctionnalités originales. Il est parfois possible de revenir dans le passé. Le joueur peut ainsi revivre des scènes marquantes de l’histoire d’Atsu. Cela densifie considérablement l’attachement émotionnel à notre héroïne.

Gameplay : Entre fondamentaux solides et nouveautés canines

Côté gameplay, Sucker Punch consolide ses acquis. Le studio distille également des ajustements intelligents. On note par exemple des détails d’exploration très plaisants. Courir à travers les champs de fleurs blanches octroie un bonus de vitesse bienvenu à notre cheval. De plus, il est possible de cueillir des ressources à dos de monture. Cette action déclenche un galop accéléré fort agréable. C’est un excellent moyen de fluidifier la récolte en jeu.

L’art du sabre et la terreur de l’Onryo

Les combats au katana demeurent particulièrement fluides, propres et dynamiques. Le système demande toujours une vraie rigueur tactique : les armes et postures sont à utiliser spécifiquement pour contrer certains types d’armes adverses (par exemple, le maniement des deux sabres sert spécifiquement à briser la garde des ennemis armés de lances). À distance, le tir à l’arc fait son retour, complété par des outils de diversion efficaces comme la poudre, les bombes fumigènes, etc.

La grande nouveauté réside dans l’intégration du cri de l’onryo. Cette compétence redoutable permet de terrifier les ennemis environnants pendant un laps de temps donné, ouvrant la porte à des exécutions brutales et stylisées au milieu du chaos.

La meute et la progression

Atsu n’est plus seule dans sa quête de vengeance. Nous avons désormais à notre disposition une véritable meute : des alliés fidèles prêts à nous épauler lors des affrontements. La progression s’articule autour d’arbres de compétences distincts pour notre personnage (dissociés selon les voies) et d’un arbre dédié spécifiquement à notre louve compagnon. Les compétences de cette dernière s’obtiennent en découvrant et en complétant des tanières à travers le monde.

L’apprentissage des techniques humaines varie quant à lui selon nos actions : exploration de camps, complétion de quêtes ou encore par le biais des autels de réflexion, qui permettent de débloquer de nouvelles aptitudes (l’équivalent direct de points de compétence). L’exploration classique conserve ses vertus : couper les bambous augmente notre esprit, et se prélasser dans une source chaude permet d’augmenter la santé maximum, sans oublier les marchands d’armes, de cartes et les agents de prime pour modifier et améliorer notre équipement.

Un monde ouvert organique et menaçant

Le monde de Ghost of Yotei fourmille tellement d’activités qu’on ressent une envie irrépressible d’aller partout et de nettoyer chaque point d’intérêt pour ne rien manquer. Le contenu est si dense qu’on en vient parfois à oublier la quête principale, même si cette dernière finit toujours par se rappeler à nous. Quoi que l’on fasse, les rumeurs et les dialogues convergent vers un objectif central : les Six de Yotei.

La traque des Six de Yotei

Ce système de prime et de cibles majeures s’avère extrêmement gratifiant. Au-delà des récompenses pécuniaires, traquer ces puissants adversaires permet d’obtenir des techniques secrètes ou des équipements uniques. Fait notable : le joueur a la liberté totale de faire les Six de Yotei dans l’ordre qu’il souhaite (notre amour des renards nous a personnellement poussé à débuter par la région du Kitsune).

De plus, le chasseur peut devenir le chassé ! Des agents de prime se mettront régulièrement à nos trousses, déclenchant des duels mémorables au sommet, parfaits pour extorquer des informations cruciales sur nos cibles principales.

Cette liberté s’accompagne d’une hostilité croissante. À mesure que notre réputation grandit et que l’on progresse dans l’aventure, le monde devient de plus en plus hostile : les attaques d’ours sauvages, de ronins égarés, des redoutables chiens de Saito ou des patrouilles de samouraïs se font de plus en plus fréquentes. Heureusement, chaque région traversée apporte sa nouveauté en termes de techniques et d’armes pour faire face à la menace, et le voyage rapide (TP) sur les points déjà visités fluidifie grandement l’expérience.

La mignonnerie face à la complexité : Les Kitsune

Pour contrebalancer cette violence (où l’on peut d’ailleurs abréger les souffrances d’un ennemi agonisant au sol, car il faut bien accorder un peu d’honneur à ces hommes), le jeu préserve ses instants de douceur. Il est toujours possible de caresser les renards, véritable caution mignonnerie du titre. Les terriers de renards sont d’ailleurs essentiels à compléter pour mettre la main sur de nouveaux charmes protecteurs qui aident en jeu. En revanche, les casse-têtes du Kitsune se révèlent bien fournis et retors, obligeant le joueur à faire preuve d’une vigilance accrue face aux symboles environnementaux et aux indices donnés.

Les ombres au tableau : Une formule qui se repose sur ses lauriers ?

Malgré toutes ses qualités évidentes et ses missions annexes globalement intéressantes et pas trop redondantes, Ghost of Yotei n’échappe pas à certaines critiques. On peut y voir une proposition parfois fainéante sur certains aspects : sur le fond, la structure et la formule ne changent pas fondamentalement de Ghost of Tsushima. La véritable force de cette suite réside principalement dans son scénario, son écriture et son histoire, plutôt que dans une révolution de ses mécaniques de jeu.

De plus, le timing de sortie a joué un rôle crucial. Le fait qu’Assassin’s Creed Shadows soit passé entre les deux opus a redistribué les cartes du jeu d’action-aventure en monde ouvert historique ; une évolution du marché que Sucker Punch n’avait pas forcément anticipée. En conséquence, le titre ne bénéficie pas tout à fait de la même hype ni du même effet de surprise et de fraîcheur que lors de la claque reçue sur le premier opus en 2020.

Quelques lourdeurs de mise en scène viennent également entacher le rythme :

  • Les cinématiques de transition pour déclencher les duels, très stylisées au début, finissent par lasser. On le voit une fois, c’est bon ; le subir à chaque affrontement devient redondant et casse la dynamique du moment.
  • L’impossibilité de passer certains dialogues, scènes ou cinématiques à la volée est agaçante, obligeant systématiquement à passer par le mode « Pause » puis à maintenir une touche enfoncée pour sauter la séquence.

INFORMATIONS

Date de sortie

02/10/2025

Développeur

Sucker Punch Productions

Éditeur

Sony Interactive Entertainment

Test réalisé sur

PlayStation 5

Plateforme(s)

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CONCLUSION

Au final, si Ghost of Yotei ne révolutionne pas la formule du monde ouvert, il en livre une version hautement maîtrisée et addictive. Certains passages s’avèrent véritablement épiques, parvenant à retransmettre toute la tension dramatique du moment. C’est un voyage splendide, mélancolique et poignant au cœur du Japon féodal, qui mérite amplement sa place dans votre ludothèque PS5.

+ POINTS POSITIFS

  • Une claque visuelle : L’univers est sublime, très coloré et magnifié par l’apport du ray-tracing sur PS5.
  • Une ambiance unique : La bande son est magnifique et renforce une atmosphère profondément mélancolique.
  • Une meute fidèle : L’arrivée d’alliés et d’un arbre de compétences dédié à notre louve enrichit le gameplay.
  • Des combats fluides : Les affrontements au katana restent propres, dynamiques et demandent une vraie rigueur tactique.
  • Le cri de l’onryo : Cette nouvelle capacité terrifie efficacement les ennemis pour mieux les exécuter.
  • La traque des Six : Ce système de primes offre une grande liberté et des duels mémorables.
  • Une exploration gratifiante : Le monde fourmille de points d’intérêt variés et de quêtes annexes plaisantes.

- POINTS NÉGATIFS

  • Un manque de surprise : La formule globale reste très proche de celle de Ghost of Tsushima.
  • Une concurrence rude : Le passage d’Assassin’s Creed Shadows atténue l’effet de surprise de cette suite.
  • Des duels redondants : Les cinématiques d’introduction des duels finissent par casser le rythme de l’action.
  • Des lourdeurs de menus : L’impossibilité de passer facilement certaines scènes sans passer par la pause est agaçante.

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