
Vous êtes amateur de sensations fortes, de répliques cinglantes et d’humour très sombre ? Alors, ce livre va vous plaire. En effet, si vous cherchez une lecture politiquement incorrecte qui bouscule les codes de l’épouvante traditionnelle, le recueil de nouvelles 32 Octobre d’Émilie Hoffmann est fait pour vous.
Entre réécritures trash des mythes de notre enfance et parodies sanglantes de slashers cultes, ce livre est un véritable régal. Cependant, il vous faudra avoir le cœur bien accroché. Ainsi, vous pourrez savourer ces retours de karma mémorables et rire de tout !
Un ton cru et un humour noir assumé dès les premières pages
Ne vous fiez pas à sa couverture. En effet, 32 Octobre annonce la couleur dès le départ. L’autrice ne prend pas de gants et pose le décor dès la quatrième page avec un « connasse » magistral. De fait, ce mot donne immédiatement le ton. Le langage est familier, cru et moderne. Par conséquent, c’est précisément ce style qui rend la lecture si immersive et savoureuse.
Émilie Hoffmann manie les mots avec une jubilation contagieuse. On sent que certains jeux de mots recherchés ont été placés là par pur plaisir coupable, parfois presque hors contexte, mais ils tombent toujours à pic. C’est frais, c’est original, et ça se lit comme du petit lait : comptez entre 2h30 et 3h de lecture intensive pour dévorer ce recueil d’une traite.

Tour d’horizon des nouvelles de 32 Octobre : Du karma, des rats et du harcèlement
Le recueil brille par sa variété, abordant sous le prisme de l’horreur des thèmes de société profonds aux conséquences parfois ultra-violentes. Les thèmes parfois abordés étant : le harcèlement scolaire ou la dépression, entre autre.
1. « Butin de merde » : La mère Michelle revisitée
L’ouverture se fait avec une réécriture cynique de la célèbre comptine. La mère Michelle a perdu son chat, et la quête pour le retrouver mélange humour noir et langage bien vert. Une entrée en matière percutante qui se solde par un très sale karma.
2. « Rat-iches » : La petite souris en mode survival
Avis aux âmes sensibles : cette réinvention de la légende de la petite souris est particulièrement violente, bien que l’autrice réussisse le tour de force de nous faire frissonner sans verser dans le détail gore et choquant.
3. « Et un jour, les cons courent… » & « La chiasse aux bonbons »
Ces deux nouvelles mettent en avant une thématique centrale du recueil : le retour de bâton. La première explore l’élément déclencheur qui peut pousser une victime de harcèlement à devenir un serial killer. Tandis que la seconde — sans doute la plus horrible et la plus sombre du livre — met en scène une sinistre histoire de vengeance chocolatée.
Le recueil se ferme sur « Les masques que l’on porte », une histoire plus courte et mystérieuse qui invite clairement à une relecture pour en saisir toutes les subtilités.

Le coup de cœur : « Ça slash pour nous », le massacre des icônes de la Pop Culture
C’est le véritable chef-d’œuvre de ce recueil. En effet, vous allez adorer cette parodie géante de Souviens-toi… l’été dernier et des plus grands slashers du cinéma, surtout si vous avez grandi avec les films d’horreur des années 90 et 2000. Ce voyage nostalgique va ainsi vous achever de rire. De fait, Émilie Hoffmann piétine le respect pour notre plus grand plaisir :
- Djay-son (Jason Voorhees), un tueur au bout du rouleau qui prend sa retraite et décide de frapper un… vendredi 14.
- Mickael Flyers (Michael Myers) et Chouky (la réplique complètement ratée de Chucky).
- Un tueur de Massacre à la Tronçonneuse qui part à l’assaut… mais oublie de charger sa machine.
- Et l’apparition d’un certain Hannibal Lecter pour couronner le tout.
Mention spéciale pour Ghost-fesses : Le mythique tueur de Scream en prend pour son grade. Voir Ghostface renommé ainsi et décider de monter sa propre secte, c’est du grand n’importe quoi créatif. C’est absolument hilarant. Les références sont nombreuses, extrêmement bien amenées, et si vous avez la culture cinématographique requise, c’est un sans-faute.