Avant-propos
Smile (ou Smiley) est un manga d’horreur publié pour la première fois au Japon en 2021. La série est terminée et compte un total de 11 tomes. En France, le manga est disponible aux éditions Mangetsu depuis octobre 2024.
Derrière cette œuvre se cache Hattori Mitei, pour qui il s’agit du tout premier manga publié.

Avertissement
Une fois encore, c’est un flash-back qui ouvre ce troisième tome. Cette fois-ci, Yûshi est mis de côté et l’histoire s’intéresse davantage aux événements qui entourent la mort de Nagaoka, un personnage déjà évoqué dans le précédent volume.
Ses anciens collègues, avec qui il travaillait autrefois, n’ont qu’une seule idée en tête : lui rendre hommage à travers un article. Mais derrière cette volonté se cache également une autre motivation : enquêter davantage sur l’Église du Sourire Éternel. Pour Tsuji, c’est hors de question.
Il le sait, un tel article serait bien trop dangereux. Non seulement il pourrait mettre leur carrière en péril, mais il pourrait également leur coûter bien plus cher. Père de famille, Tsuji refuse de prendre le moindre risque.
Pendant ce temps, Yamamoto disparaît soudainement sans laisser de trace. L’inspecteur Uozumi est alors chargé de le retrouver. Après plusieurs recherches et un appel téléphonique qui le met sur une piste, il finit par localiser son collègue. Malheureusement, il arrive trop tard. Yamamoto est déjà mort. À ses côtés se trouve Imanami, qui éclate de rire face à la scène.
Pour Uozumi, les derniers doutes s’envolent. L’homme est bel et bien lié à l’Église du Sourire Éternel. L’inspecteur craint alors que son heure soit venue. Pourtant, Imanami n’est pas là pour le tuer. Du moins, pas aujourd’hui. Selon lui, ce meurtre n’avait qu’un seul objectif : lui adresser un avertissement.
Un message clair lui demandant d’abandonner immédiatement son enquête. Avant de partir, Imanami lui remet une mystérieuse clé. Libre à Uozumi d’en faire ce qu’il veut. Libre à lui également de décider quelles vérités il souhaite révéler… ou au contraire garder secrètes.
De journaliste à fidèle exemplaire
De son côté, Yûshi a bel et bien intégré l’Église du Sourire Éternel. Peut-être même un peu trop bien. Pour poursuivre son infiltration, il a abandonné son travail et coupé tout contact avec le monde extérieur. Désormais, son quotidien est entièrement rythmé par les règles imposées par la secte.
Chaque matin, il participe aux rituels, assiste aux offices du sourire et se soumet aux différentes épreuves destinées à tester la foi et la loyauté des fidèles. La dernière en date est particulièrement éprouvante.
Les participants doivent s’immerger dans une eau glaciale tout en conservant un immense sourire sur leur visage. Pire encore, ils doivent rire à pleins poumons, comme si la douleur n’existait pas. Une véritable torture. Pourtant, malgré la difficulté de l’exercice, Yûshi réussit l’épreuve sans le moindre problème. Mieux encore, il prononce une phrase qui ne passe pas inaperçue.
Une phrase que Yuka connaît parfaitement. Ces mots, Megumi les avait prononcés elle aussi. En entendant Yûshi les répéter avec autant de conviction, la jeune femme sent l’inquiétude monter en elle. Et si son infiltration allait trop loin ? Et si, à force de vouloir retrouver sa femme, Yûshi était en train de suivre exactement le même chemin qu’elle ? Pour la première fois, Yuka commence à craindre que son allié ne soit plus simplement en train de jouer un rôle… Serait-il lui aussi, en train de sombrer dans la folie ?


Le passé douloureux d’Uozumi
Six mois passent et, de son côté, l’inspecteur Uozumi refuse de rester les bras croisés. Malgré les risques, il poursuit discrètement son enquête tout en prenant soin de ne pas attirer l’attention de l’Église du Sourire Éternel. Pour commencer, il rend visite à Saori Kayama, plus connue sous son nom d’épouse : Saori Tatsuichi.
Si l’inspecteur se présente chez cette veuve, ce n’est évidemment pas par hasard. Il souhaite en apprendre davantage sur son défunt mari, mais surtout sur les circonstances entourant son prétendu suicide survenu quelques mois plus tôt. De son côté, Saori se montre immédiatement sur la défensive. Pour elle, cette histoire ne regarde personne.
La situation se tend davantage lorsque Uozumi suggère qu’elle pourrait avoir joué un rôle dans la mort de son époux. Une accusation volontairement provocatrice destinée à la pousser dans ses retranchements et à obtenir des réponses.
La réaction ne se fait pas attendre. Prise de panique, Saori imagine aussitôt le pire. Et si Uozumi était venu pour la faire taire ? Et s’il appartenait lui aussi à l’Église du Sourire Éternel ? Cette simple remarque agit comme un déclic chez l’inspecteur. Il comprend immédiatement qu’il n’est pas le premier à lui rendre visite. Sans même s’en rendre compte, Saori vient de lui confirmer que d’autres personnes s’intéressent à cette affaire.
Voyant la jeune femme commencer à se confier, Uozumi décide alors d’en faire autant. S’il tient tant à faire tomber l’Église du Sourire Éternel, ce n’est pas uniquement pour résoudre une enquête. Cette organisation, il la connaît depuis bien plus longtemps qu’on pourrait l’imaginer. Car sa propre mère en faisait partie. De douloureux souvenirs remontent alors à la surface. Des souvenirs loin d’être heureux.
L’église du Sourire Éternel n’a pas seulement détruit des vies. Elle a détruit sa famille. Elle lui a arraché sa mère et a brisé son foyer. Pour Uozumi, cette affaire n’est plus seulement une enquête. C’est une vengeance.