Avant-propos
Plongez dans la noirceur du Québec. Dans l’abîme du rêve est un jeu d’aventure point & click sorti le 15 février 2026, publié par Olivier Leclair, développeur solo et fondateur du Studio Chien d’Or. Ce studio indépendant est également à l’origine de plusieurs jeux narratif, notamment La vallée qui murmure, paru en novembre 2022, et Le Murmureur, sorti en décembre 2021.
Une suite est également prévue et possède déjà un nom : Cauchemars d’octobre. Prévue pour 2027, elle prolongera directement les événements de Dans l’abîme du rêve et viendra approfondir l’univers sombre imaginé par Olivier Leclair.

Entre cauchemar et réalité
La vie de Thérèse bascule brutalement le jour où, aux côtés de sa sœur Hélène, elle est conduite à l’orphelinat Saint-Nicolas-de-la-Passion, à la suite du décès de leur mère. Arrachées à leur foyer et à leurs repères, les deux jeunes filles se retrouvent plongées dans un univers austère où l’enfance semble n’avoir plus sa place.
Derrière les murs froids de l’établissement se cache une réalité bien plus sombre qu’elles ne l’auraient imaginé. Face à cette oppression constante, Thérèse ne trouve qu’un seul échappatoire : le sommeil. La nuit devient son refuge, un espace où les frontières du réel s’effacent. Dans ses rêves, le monde semble d’abord plus doux, presque réconfortant. Mais cette apparente accalmie ne dure pas. Peu à peu, les songes se déforment, se fissurent, et laissent place à des visions troublantes et les rêves enchanteurs se muent en cauchemars inquiétants.
Et si ces nuits tourmentées n’étaient pas de simples illusions ? Si, derrière l’horreur de ses cauchemars, se cachait la clé des mystères qui entourent l’orphelinat ? Entre réalité oppressante et monde onirique instable, Thérèse devra affronter ses peurs pour comprendre ce qui se trame réellement dans l’ombre.
Chaque détail compte
Dans l’abîme du rêve est un jeu narratif en point & click, où l’accent est mis sur l’histoire et l’atmosphère, plutôt que sur l’action ou le combat. En explorant les lieux, vous devrez collecter différentes ressources et résoudre des puzzles ô combien stimulants… Le tout est intégré dans un décor lugubre et minutieusement conçu, fortement inspiré par l’univers de Lovecraft.
Il faut néanmoins noter que les énigmes peuvent s’avérer particulièrement difficiles, surtout si vous n’êtes pas un habitué du genre. Ici, fouiller ne suffira pas : vous devrez également réfléchir, observer attentivement et combiner les indices pour progresser, au risque de vous retrouver bloqué pendant de très longues heures.


Un univers oppressant
L’un des points les plus marquants de Dans l’abîme du rêve est sans aucun doute son atmosphère, à la fois oppressante et captivante, profondément inspirée par l’univers lovecraftien. Le doublage, particulièrement réussi, contribue fortement à cette immersion, avec des voix remarquables telles que Isabelle Blais, Florence Trudel ou encore Patricia Boivin, qui donnent vie aux personnages et renforcent l’intensité narrative.
Il est également important de souligner que le jeu a été créé entièrement par un seul développeur, Olivier Leclair. Un travail remarquable, tant sur le plan graphique que audio, qui permet de plonger le joueur au cœur de la province du Québec, avec ses lieux, son ambiance et ses mystères.
Ressentir l’injustice et la peur
Si je devais retenir une chose après cette expérience, c’est l’impact émotionnel de Dans l’abîme du rêve. Malgré sa complexité et ses énigmes qui m’ont donné quelques nœuds au cerveau, le jeu m’a profondément touché à travers l’histoire de Thérèse et des autres enfants de l’orphelinat Saint-Nicolas-de-la-Passion.
Dès les premières minutes, le joueur découvre la dureté des lieux. Les règles sont strictes et l’atmosphère oppressante. Rapidement, on comprend que derrière les murs froids de l’orphelinat, l’horreur quotidienne est une réalité. On observe, impuissant, ces vies brisées.
Le jeu frappe fort et c’est là sa grande réussite. Il ne se limite pas à raconter une histoire ou à proposer des énigmes. Il fait ressentir des émotions brutes, parfois désagréables, mais toujours puissantes. Certains enfants subissent des sévices extrêmes, parfois jusqu’à la mort, pour des fautes insignifiantes. Même si le jeu ne montre pas directement ces horreurs, leur simple évocation crée un malaise durable.
Au fil de cette expérience, le joueur devient plus qu’un spectateur. Il devient témoin des injustices et des souffrances. L’histoire de Thérèse, sa peur, sa solitude et son courage restent gravés longtemps après avoir quitté le jeu. C’est précisément cette capacité à provoquer l’émotion et à confronter le joueur à la dureté de la vie qui fait de Dans l’abîme du rêve une œuvre réussie.

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