Sauvons le monde cher stratège !
Si vous n’êtes pas familier avec la saga Fire Emblem, il s’agit d’une série de jeux de stratégie dans laquelle vous incarnez le stratège chargé de mener vos armées à la victoire. La saga existe depuis des années et si vous souhaitez en apprendre plus à ce sujet, je vous invite à lire l’article dédié à l’évolution de cette dernière.
Fire Emblem : Fortune’s Weave vous fait incarner Eshmel, un personnage dont vous pourrez personnaliser les traits. Depuis son sexe à sa couleur de cheveux, plusieurs options s’offrent à vous. Comme tout bon protagoniste de Fire Emblem, Eshmel est avant tout votre avatar. Vous êtes le stratège des batailles à venir et celui ou celle qui déterminera qui survit ou non aux issues des combats.



Aussitôt décidé sur votre apparence, vous voilà entraîné dans une époque étrange (1454) où tout semble désert et dévasté. Le monde semble avoir été mis à sac par des êtres démoniaques et les quelques survivants du côté lumineux s’acharnent à vous faire revenir parmi eux pour avoir une chance face à l’ennemi. Après un rapide prologue vous apprenant les bases de la stratégie de combats et type de soldats, les choses s’enveniment. Un des chercheurs perd la vie pour vous ramener à vous plus rapidement que prévu et vous partez en fuite pour retrouver Fortuna (oui oui comme le nom du jeu !).
Après quelques batailles, vous confrontant à de nouvelles stratégies et conseils de guerre, vous retrouvez la « jeune » blonde. Cette dernière vous apprend que seul, vous ne ferez pas le poids et qu’il vous faudra réunir des généraux de renom pour vous aider.
Un peu de sable magique et nous voilà des années plus tôt
Grâce aux pouvoirs de Fortuna, vous allez pouvoir changer le destin des différents généraux et éviter qu’ils tombent aux mains de l’ennemi.



Vous pouvez donc choisir de vivre la trame de vie de chacun des 4 généraux, symbolisés ici par des obélisques, en 1449, peu avant le déclin.
Si je devais résumer chacun des généraux en une seule phrase, cela donnerait :
- Leda, quand la vengeance danse et joue du ukulélé,

- Cai, entre mère secrète et père en prison, devenir un maître Pokémon/monture c’est cool,

- Dietrich, Alucard blond qui voit rouge partout et a soif de sang,

- Théodora, la reine au bras étrange qui supervise les troupes et est prête à tout pour son pays,

Si chaque personnage dispose de quelques alliés à lui, il amène surtout sa propre histoire. Chacun vous apporte des éclaircissements sur la trame globale, sur comment on en est arrivés à 1454.
De l’un à l’autre, chacun va surtout avoir un gameplay légèrement différent. Leda qui explose en réputation rapidement entre danses à gauche à droite. Cai lui joue presque à Stardew Valley, il cultive des champs mais capture aussi ses propres montures, des autruches aux dragons. Dietrich ne pense quant à lui qu’à se battre, si bien que sa soif de sang peut même faire apparaître des ennemis, de quoi progresser rapidement en niveau. Enfin, Theodora vous emmènera aider son peuple ou gérer des escouades.



Renouveler un système finement défini
Par définition, Fire Emblem repose avant tout sur des combats stratégiques au tour par tour.
Le gameplay se positionne en vue du dessus afin de mener à bien vos combats sans perdre de troupes.
Mais la série cherche à se renouveler, entre les nombreux personnages recrutables sous conditions ou encore les zones d’exploration où le système de combat change.



Au menu dans cet opus ; une grande carte du monde, des ressources à collecter soit par fouille / pêche soit par des zones d’exploration avec ennemis, des quêtes annexes ci et là qui vous feront gagner en renommée, des temples et des divinités à servir, une durée de vie vraiment intéressante (surtout si vous collectez tous les généraux !), une narration inédite et pour les plus connaisseurs ; Anna la marchande fait d’ailleurs une nouvelle apparition, fidèle au poste comme dans chaque épisode de la série.



Si dans le passé, votre personnage est incarné par un petit oiseau blanc, cela ne vous empêchera pas de déjà vous rapprocher des généraux. Rapidement, vous retrouverez les traits choisis et affronterez les 2 autres parties du jeu qui vous amèneront à combattre « le mal ».
Mon avis
Pour ma part, Fortune’s Weave ne rejoindra probablement pas le sommet de mon classement personnel des Fire Emblem.
Si la série cherche à se renouveler, les zones d’exploration n’ont guère beaucoup d’intérêt. Les objets à récupérer sont peu nombreux, le système de combat spécifique n’apporte aucune plus-value comparé au système principal et le décor, une fois planté, est très lisse, sans grand rebondissement.
Comme dans Three Houses, recruter certains personnages implique de multiplier les conversations, les cadeaux, les repas et diverses activités annexes. Si cette formule semble désormais s’être installée durablement dans la série, je continue à la trouver artificielle. J’ai davantage l’impression de cocher une liste de tâches que de créer réellement des liens entre les personnages.
Pourtant, malgré mes réserves, Fortune’s Weave a réussi là où les deux opus précédents avaient échoué : me donner envie de découvrir la suite.
Le jeu prévoit de manière inhabituelle une seule sauvegarde, mais le gameplay vous permet d’explorer chaque trame et ça dans la même partie, ce qui change de certains opus comme three houses ou fates.
Pour ma part, j’ai choisi de faire chacun des généraux, cela augmente significativement la durée de vie du jeu mais présente aussi un côté redondant du fait des apprentissages à refaire et les scènes identiques / déjà vues dans d’autres trames.
La difficulté est réglable, permettant de revenir aux sources ou choisir de jouer dans un mode plus ciblé Histoire. Dans le même temps le jeu séduit, tant par ses OST, ses combats variés que par son univers, presque mythologique.

