Avant-propos
Le 16 janvier 2026, Serafini Productions publiait son dernier jeu en date : BrokenLore: UNFOLLOW. Cinq mois plus tard, le studio refait déjà surface avec un tout nouvel opus de sa licence horrifique : BrokenLore: FOLLOW. Mais avant de parler du jeu en lui-même, une petite présentation du studio s’impose.
Qui est Serafini Productions ?

Basé à Tokyo, au Japon, Serafini Productions est un studio indépendant spécialisé dans les jeux vidéo d’horreur. Et autant le dire tout de suite, c’est un domaine qu’ils maîtrisent particulièrement bien. En seulement quelques années, le studio est parvenu à créer un univers qui lui est propre, mélangeant horreur psychologique, ambiance pesante et histoires souvent liées à des thèmes très humains. À l’heure actuelle, quatre jeux sont déjà disponibles : BrokenLore: DON’T WATCH, BrokenLore: LOW, BrokenLore: UNFOLLOW et désormais BrokenLore: FOLLOW.
Un univers connecté de bout en bout
Ce qui rend cette licence particulièrement intéressante, c’est que tous ces jeux sont reliés entre eux. Même si chaque épisode raconte sa propre histoire et met en scène des personnages différents (du moins, pour la plupart), l’univers de BrokenLore suit un fil conducteur commun. Au fil des jeux, certains éléments se répondent, laissant peu à peu entrevoir un récit bien plus vaste qu’il n’y paraît au premier abord.



L’aventure est d’ailleurs loin d’être terminée. Le studio a déjà annoncé l’arrivée de BrokenLore: ASCEND pour 2026, ainsi que trois autres projets encore non datés : BrokenLore: DARKDAWN, BrokenLore: DON’T PLAY et BrokenLore: DON’T LIE (spin-off de Don’t Watch). Une chose est sûre, Serafini Productions semble bien décidé à continuer d’étendre l’univers BrokenLore encore pendant plusieurs années.
Pour autant, il n’est absolument pas nécessaire d’avoir joué aux précédents opus pour profiter de FOLLOW. Vous risquez simplement de passer à côté de quelques références ou de certains détails liés à l’univers global, mais l’histoire reste parfaitement compréhensible en l’état. Et c’est justement là que réside l’une des forces de la licence. Chaque épisode peut se découvrir indépendamment des autres tout en apportant sa propre pierre à l’édifice. Les nouveaux joueurs peuvent donc commencer par FOLLOW sans être perdus, tandis que les habitués prendront plaisir à repérer les nombreux clins d’œil et connexions disséminés au fil de l’aventure.
Au final, Serafini Productions laisse le choix à ses joueurs : découvrir un seul jeu et profiter d’une histoire complète, ou plonger dans l’ensemble de la licence afin de reconstituer progressivement toutes les pièces du puzzle.
Nouveau jeu, même personnage
Dans ce test, nous allons nous intéresser au dernier épisode en date : BrokenLore: FOLLOW. Cette fois-ci, le studio fait le choix de revenir en arrière puisque FOLLOW s’avère être le préquel de BrokenLore: UNFOLLOW. Nous retrouvons Anne, un personnage que les joueurs du précédent opus connaissent déjà bien. Pour rappel, la jeune femme est victime de harcèlement en raison de son poids, une situation qui va progressivement la détruire psychologiquement.
Là où UNFOLLOW abordait principalement les dérives des réseaux sociaux, le cyberharcèlement ainsi que les troubles alimentaires, FOLLOW choisit une approche différente. L’objectif est avant tout de comprendre comment Anne en est arrivée là et quelles sont les véritables origines de son mal-être.



Nous retrouvons également plusieurs personnages importants déjà aperçus dans UNFOLLOW, notamment sa mère. Une mère qui, malgré elle, n’a malheureusement pas toujours su réagir de la bonne manière face au harcèlement que subissait sa fille. D’autres visages familiers sont également présents tout au long de l’aventure.
Autre élément intéressant à souligner : le développement du jeu s’est effectué en collaboration avec une psychologue. Un choix qui permet au studio d’aborder ses thématiques avec davantage de justesse et de crédibilité, notamment lorsqu’il est question de harcèlement scolaire, de confiance en soi ou encore de souffrance psychologique.
Le début d’une longue descente aux enfers
Enfin, en termes de durée de vie, FOLLOW est nettement plus court que son prédécesseur. Comptez environ 1h30 pour venir à bout de l’aventure, contre près de 4 heures pour UNFOLLOW. Un format plus condensé, mais qui permet malgré tout d’approfondir efficacement l’histoire d’Anne et de mieux comprendre les événements qui ont conduit au précédent jeu.



En fin de jeu, nous retrouvons Anne qui finit par trouver refuge derrière son ordinateur, persuadée d’avoir enfin trouvé un endroit où elle peut être elle-même, loin du regard des autres et du harcèlement qu’elle subit au quotidien. Malheureusement, ce qu’elle considère comme une porte de sortie n’est en réalité que le début d’un nouvel enfer. Sans le savoir, Anne s’apprête à emprunter un chemin qui la conduira directement aux événements de UNFOLLOW, où sa situation ne fera que s’aggraver davantage.
Comment affronter le harcèlement ?
Les jeux de la licence BrokenLore ne sont pas particulièrement difficiles d’un point de vue gameplay. Au final, la véritable difficulté se situe ailleurs : dans leur approche psychologique. Selon votre sensibilité et votre propre vécu, certains passages peuvent d’ailleurs s’avérer difficiles à traverser. Car si FOLLOW est présenté comme un jeu d’horreur, nous sommes ici très loin de l’horreur classique faite de monstres sanguinolents ou de scènes particulièrement gore.



L’horreur se trouve avant tout dans ce qu’Anne vit au quotidien. Tout au long de l’aventure, le joueur assiste à l’accumulation des moqueries, des humiliations et des remarques blessantes qui finissent peu à peu par détruire la jeune femme de l’intérieur. Et contrairement à de nombreux jeux vidéo, il n’existe ici aucune arme, aucun pouvoir ou aucune solution miracle pour se défendre. La seule option consiste à avancer et à affronter ce passé douloureux en même temps qu’Anne. C’est précisément là que réside toute la difficulté du jeu. Non pas dans les mécaniques de gameplay, mais dans la manière dont il parvient à mettre le joueur face à une réalité particulièrement dure, mais malheureusement bien réelle
On retrouve néanmoins quelques énigmes tout au long de l’aventure (ainsi que quelques courses poursuites), mais celles-ci restent globalement simples et accessibles. Votre seul véritable objectif reste donc d’avancer, pas à pas, et de suivre le parcours d’Anne jusqu’au bout de son histoire.