Une tranche de vie bouleversante

Living with My Brother’s Wife est un manga publié pour la première fois au Japon en 2015. L’œuvre est terminée et compte au total 16 tomes. Chez nous, il aura fallu patienter près de dix ans avant de voir débarquer le premier volume en France. L’édition est assurée par Noeve Grafx, une maison d’édition française née en 2020.
Malgré les difficultés rencontrées ces dernières années, l’éditeur continue de tenir bon et de défendre son catalogue avec conviction. On y retrouve une vraie volonté de proposer des titres variés, parfois plus atypiques, qui sortent des sentiers battus. Des récits parfois bouleversants, à l’image de Living with My Brother’s Wife.

Continuer malgré tout
Depuis quelques mois déjà, la vie de Shino Kishibe, une lycéenne de 17 ans, a un goût bien différent… Derrière son sourire se cache en réalité une douleur profonde : le décès de son frère, survenu quelques mois plus tôt des suites d’une maladie. Cette perte n’est pourtant pas la première. Plus jeune, Shino a également perdu ses deux parents dans un accident de voiture…
La disparition de son frère marque un nouveau tournant dans sa vie, comme si tout vacillait une fois de plus. Pourtant, Shino continue d’avancer. En apparence du moins. Elle fait de son mieux pour tenir bon. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de ses amis, mais aussi sur celui de ses professeurs, qui s’inquiètent pour elle.
Et lorsqu’elle rentre chez elle, Shino n’est pas seule. Quelqu’un l’attend patiemment… et cette personne, c’est Nozomi, sa belle-sœur, autrefois l’épouse de son frère disparu.
Avancer à deux
Nozomi, de son côté, a 24 ans. La perte de son mari Taishi a été une période particulièrement difficile à traverser. Pourtant, elle continue d’aller de l’avant. Enseignante en école primaire la journée, elle prend, une fois chez elle, un rôle à mi-chemin entre celui de maman et de belle-sœur.
À elles deux, elles essaient de tenir, de faire face aux épreuves et surtout d’apprendre à vivre avec ce deuil. Car non, le deuil n’a rien de simple… Et même avec le temps qui passe, l’absence de ce frère, de cet époux, reste bien présente. Alors, ensemble, elles avancent comme elles peuvent, petit à petit.
Cela passe par des moments du quotidien, parfois simples, mais essentiels. Shino tente d’initier Nozomi aux jeux vidéo (avec plus ou moins de succès), tandis que Nozomi, elle, n’hésite pas à reprendre son rôle d’enseignante quand Shino a besoin d’aide pour ses devoirs.
C’est à travers ces instants de complicité, discrets mais sincères, que les deux jeunes femmes apprennent à se découvrir, à créer un lien… et à continuer d’avancer, malgré tout.


Un lien invisible
Dans ce quotidien déjà bien chargé, les deux jeunes femmes vont rapidement être rejointes par un adorable petit chaton. Trouvé par Shino, impossible pour elle de l’abandonner… Comme elle, il mérite une seconde chance, d’être aimé et accueilli quelque part.
De son côté, Nozomi hésite. Elle doute. Entre son travail qui lui prend une bonne partie de son temps (parfois même le week-end) et son manque de confiance en elle, s’occuper d’un chaton lui semble être une responsabilité trop lourde à porter.
Mais son ami lui rappelle qu’elle n’est pas seule. Shino est là, elle aussi, et elle est tout à fait capable de s’en occuper. Finalement, avec l’accord du propriétaire, elles décident d’accueillir ce nouveau venu sous leur toit.
Les deux jeunes femmes décident alors de partir faire quelques emplettes pour préparer son arrivée, de quoi nourrir ce petit orphelin qui, désormais, a trouvé une famille.
Dans la supérette, Nozomi croise l’une de ses élèves, intriguée de la voir accompagnée d’une jeune fille. Une amie ? Pas vraiment. Une simple belle-sœur ? Pas seulement. Pour Nozomi, Shino est bien plus que ça. Elle est comme une petite sœur. Pas par le sang, mais par ce lien invisible, fragile et pourtant incroyablement fort qui les unit.