Du roman au manga
You are Like a Star, aussi connu sous le titre Nanji, Hoshi no Gotoku, est un manga publié au Japon en 2024. En France, il faudra patienter jusqu’à l’année 2026 pour voir l’œuvre arriver aux éditions Vega. Cette adaptation se compose de trois tomes et trouve son origine dans un roman du même nom. Une adaptation sur grand écran est également prévu pour octobre 2026.

Les enfants du silence
Akimi, 17 ans, vit avec sa mère sur une île située au beau milieu de la mer intérieure de Seto. Le paysage est idyllique, mais la vie, elle, est loin de l’être. En effet, cela fait déjà quelque temps que son père a quitté le foyer familial. Et pour cause, dès qu’il en a l’occasion, il profite de ses absences pour rejoindre sa maîtresse, une professeure venue de Tokyo travaillant dans le domaine de la couture. À l’époque, Akimi et sa mère pensaient qu’il ne s’agissait que d’une simple passade.
Pourtant, les jours ont passé, et son père est devenu de plus en plus distant. Akimi a fini par s’habituer à ses absences. Sa mère, quant à elle, a tenté de combler le vide avec l’alcool, espérant que cela l’aiderait à patienter. Elle y croit encore : son mari reviendra un jour. Il est absent le soir, mais elle continue de l’aimer éperdument, prête à tout pour qu’il revienne, jusqu’à lui préparer son repas chaque soir. Akimi, elle, est bien plus lucide malgré son jeune âge. C’est elle qui tient la maison à bout de bras. Elle peut difficilement compter sur sa mère, trop absorbée par ses illusions et sa souffrance.
Heureusement, elle peut se reposer en partie sur son camarade de classe, Kai. Arrivé récemment sur l’île, lui aussi porte les cicatrices d’une enfance difficile. Son père est décédé trop tôt, et sa mère enchaîne les relations amoureuses, sans jamais trouver quelqu’un de stable. À chaque fois, le résultat est le même : Kai doit veiller sur elle, comme s’il était l’adulte, faute de pouvoir compter sur une stabilité familiale.
Deux vies, une même solitude
Ce jour-là, c’en est trop pour Akimi. Elle veut aller voir son père, mais certainement pas seule. Encore moins avec sa mère, qui refuserait de prendre le risque de croiser la maîtresse. Son seul soutien reste Kai, qui accepte de l’accompagner. D’ailleurs, il trouve Akimi particulièrement courageuse pour oser se rendre chez la maîtresse de son père à seulement 17 ans.
Et justement, Akimi est accueillie par cette dernière. Contre toute attente, elle est même invitée à prendre le thé. Malgré son stress, c’est pour elle l’occasion d’en apprendre davantage sur cette femme, prénommée Tôko. Akimi ne l’avait jamais imaginée ainsi. Pourtant, Tôko se montre particulièrement gentille, attentive, presque bienveillante. Elle propose même de transmettre un message à son père.
Lorsqu’ils repartent, Akimi et Kai se retrouvent seuls et font le point sur cette après-midi. Kai avoue qu’il envie en quelque sorte Akimi. Il aurait aimé que sa mère soit comme Tôko. Kai se confie d’avantage. Il parle de cette mère instable, qui enchaîne les relations sans jamais trouver de stabilité. Puis il évoque aussi lui-même, son mal-être, son addiction à l’alcool, son seul moyen d’oublier. Personne ne semble vraiment faire attention à lui. Même sa mère ne voit pas ce qu’il traverse.
Et pourtant, cette après-midi lui a fait du bien, tout comme à Akimi. À partir de ce moment, les deux adolescents se rapprochent et tentent ensemble de faire face aux absences et aux blessures laissées par leurs familles.


Entre peur et évidence
Akimi et Kai se sont rapprochés. Le jeune lycéen se confie sur son avenir, ou plutôt sur ce qu’il espère construire : publier son propre manga. Mais cela implique aussi un départ pour Tokyo. Un départ qui résonne comme un second abandon pour Akimi. Aujourd’hui, Kai est son seul véritable soutien, et l’idée de le savoir bientôt loin d’elle la bouleverse.
De son côté, l’adolescente n’a pas encore de projet clair pour l’avenir. Elle aimerait devenir brodeuse, travailler dans le domaine de la haute couture… comme Tôko. C’est justement pour cela qu’elle évite d’en parler, surtout à sa mère… En attendant, elle brode en secret, comme pour garder ce rêve pour elle seule. Encore une fois, Akimi et Kai se retrouvent autour d’un point commun : les mangas pour Kai, la broderie pour Akimi. Tous deux y trouvent une forme d’évasion, un refuge loin de leurs réalités familiales.
Un soir, alors que Kai rentre chez lui accompagné d’Akimi, ils découvrent une scène difficile : sa mère est en larmes, effondrée. Une nouvelle fois, son petit ami n’était qu’une illusion. Elle pensait avoir trouvé l’homme de sa vie, mais il n’était qu’un homme marié. Une femme brisée, encore une fois. Alors, comme toujours, Kai se retrouve à devoir prendre soin de sa mère, au risque de s’oublier lui-même.
Mais cette fois, Akimi est là. Elle décide de soutenir la mère de son ami… Et en agissant ainsi, elle rend finalement service à Kai. Comme elle, il ne devrait pas vivre une situation pareille. Il ne devrait pas avoir à soutenir sa mère autant qu’il le fait… pas à cet âge, pas à l’âge où l’on est censé encore se construire.
Puis, une fois la mère de Kai couchée, le calme revient peu à peu dans la maison. Akimi choisit de rester pour ne pas le laisser seul. Dans ce silence, ils prennent le temps de parler mais surtout, de mettre des mots sur leurs sentiments naissants…