Desktop Explorer est un jeu d’énigmes en point & click (mais pas que) qui nous replonge directement dans les années 90. Il est développé par le studio indépendant mexicain Recurring Dream et édité par Recurring Dream, Outersloth ainsi qu’indienova,
Ici, pas de combats ni de phases d’action. Toute l’aventure se déroule sur un ancien ordinateur, dont il faudra fouiller chaque dossier, chaque fichier et chaque logiciel afin de découvrir les secrets qu’il renferme.
Un vieux PC rempli de secrets
L’aventure commence lorsque l’on retrouve l’ancien ordinateur de notre oncle.
Impossible de le connecter à Internet, mais ce n’est finalement pas le plus important. En fouillant les différents profils utilisateurs de cette vieille machine, on comprend rapidement qu’elle cache bien plus que quelques vieux fichiers oubliés.
Notre objectif sera de découvrir ce qui est arrivé à ses anciens propriétaires en résolvant une multitude d’énigmes.
Ces énigmes nous seront donné par un mystérieux logiciel : Desktop Explorer
Le principe est simple : Ouvrir des dossiers et fichiers, sauf que… Chaque dossier est protégé par un mot de passe.
Pour progresser, il faudra donc mettre la main sur celui-ci afin de déverrouiller le dossier suivant… Qui contiendra généralement un nouveau mot de passe, de nouveaux indices et de nouveaux mystères.
Petit à petit, les pièces du puzzle s’assemblent et l’histoire se dévoile progressivement.
Le jeu est d’ailleurs découpé en plusieurs profils utilisateurs, qui forment en quelques sorte, les chapitres du jeu :
Halibut, Maxine puis Admin, ensuite viendra s’ajouter deux autres chapitres un peu particuliers que je préfère ne pas détailler afin de ne rien spoiler.



iWindows 95 : le nouveau point & click ?
Desktop Explorer est finalement un point & click assez unique en son genre :
Au lieu de déplacer un personnage dans des décors, on manipule directement un faux système d’exploitation qui mélange les premiers Windows et les premiers MacOS.
On navigue entre les dossiers, les images, les logiciels, les propriétés des fichiers ou encore les documents texte exactement comme si l’on utilisait réellement un ordinateur.
Et le jeu ne se contente pas de nous faire cliquer un peu partout.
Très souvent, il faudra changer la nature du fichier, changer un *.img en *.npg par exemple, ou encore ouvrir les propriétés d’un fichier, remarquer qu’un mot est écrit dans une autre couleur, chercher un fichier caché ou encore observer attentivement une image.
Desktop Explorer nous pousse constamment à réfléchir autrement.
Le fameux think outside the box est véritablement au cœur du gameplay.



Lire, observer… Mais surtout réfléchir
Si vous n’aimez pas lire, autant être honnête : Ce jeu n’est probablement pas fait pour vous.
Les fichiers *.stp, par exemple, contiennent de nombreux textes qui ressemblent parfois à un livre dont vous êtes le héros. Ils racontent une partie de l’histoire tout en donnant des indices sur les prochains mots de passe.
Les fichiers *.res, eux, viennent compléter notre journal et permettent d’en apprendre davantage sur les personnages et les événements.





Au fil de l’aventure, on débloque également plusieurs logiciels qui viennent enrichir notre système d’exploitation.
On retrouve notamment une calculatrice, un logiciel de dessin proche de Paint, un bloc-notes, mais aussi une étrange lentille permettant d’appliquer différents filtres de couleurs afin de révéler certains indices invisibles.
Le jeu ne cesse d’introduire de nouvelles idées, ce qui évite d’avoir un sentiment de répétitivité.
Certaines énigmes sont assez évidentes tandis que d’autres demandent vraiment de longues minutes, voire beaucoup plus.
Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à sortir un vrai papier et un crayon.
Le bloc-notes intégré au jeu peut dépanner, mais plus l’aventure avance, plus prendre ses propres notes devient quasiment indispensable.
Et honnêtement… Il arrive aussi qu’on tente un mot de passe complètement au hasard, juste parce qu’on ne sait plus où chercher.
Et le pire, c’est que ça fonctionne parfois.


Pizarro, une aide pas toujours très utile
Si jamais vous êtes complètement bloqué, Desktop Explorer met à disposition un petit assistant nommé Pizarro, qui vient avec le logiciel qui porte le nom du jeu.
Il rappelle immédiatement le célèbre trombone de Microsoft Office ou encore les aides des vieux jeux éducatifs.
On peut lui demander des indices, mais attention, il n’en a pas beaucoup en stock, par énigmes il ne doit pas en avoir plus de 5 (et je pense que je suis gentil)
Enfin… Sur le papier, c’est une excellente idée.
Mais j’ai trouvé ses indices presque toujours beaucoup trop vagues et abstraits pour réellement aider.
On finit donc par ne pas du tout l’utiliser du jeu, vu que lorsqu’on lui demande quelque chose, il n’est pas capable de nous aider convenablement.
Si vous espériez une vraie aide pour vous débloquer, il faudra bien souvent continuer à vous creuser les méninges tout seul.


Une aventure qui se renouvèle sans cesse
L’une des forces du jeu, c’est sa capacité à surprendre.
Au début, on pense simplement chercher des mots de passe dans des dossiers, en résolvant des énigmes de plus en plus complexes, puis arrivent de nouveaux logiciels.
Puis de nouveaux types d’énigmes.
Puis le profil de Maxine introduit NextRooms, une sorte de petit réseau social ou logiciel de chat dans lequel on contrôle directement un personnage façon vieux jeu PC.
On y discute avec différents personnages, on récupère des objets dans un inventaire et on résout encore de nouveaux puzzles.
Plus loin encore, le chapitre Admin change une nouvelle fois complètement le gameplay avec une expérience qui rappelle les vieux RPG à la première personne, à la The Elder Scrolls ou plus récemment Legend of Grimrock ou Cryptmaster.
Le jeu ne cesse pratiquement jamais d’introduire de nouvelles idées et fonctionnalités, ce qui évite une bonne partie de la lassitude que pourrait provoquer un concept aussi particulier, sur la durée.
(J’ai fini le jeu en plus de 25 heures, et il faut avouer que, sur une telle durée, simplement chercher des mots de passe pour ouvrir des dossiers aurait fini par devenir trèèèèèès lassant.)
Le tout est accompagné d’une ambiance très réussie, renforcée par de nombreux clins d’œil à la pop culture, l’informatique des années 90, aux premiers systèmes d’exploitation, mais aussi à différentes licences cultes comme Resident Evil ou encore à Hideo Kojima.





Un jeu qui demande du papier… Et de la patience, beaucoup de patience
En revanche, il faut être prévenu.
Desktop Explorer demande énormément de réflexion. Plus on avance dans le jeu, plus les énigmes deviennent complexes.
Si vous n’aimez pas lire, prendre des notes ou passer parfois plusieurs 10ène de minutes sur une seule énigme, vous risquez rapidement de décrocher.
Le bloc-notes intégré peut rendre service, mais très rapidement, prendre un vrai papier et un crayon devient presque indispensable.
Certaines énigmes sont vraiment excellentes et procurent une vraie satisfaction une fois résolues.
D’autres, en revanche, m’ont paru inutilement compliquées. Je pense notamment aux échecs, au distributeur ou encore à quelques casse-têtes qui donnent franchement envie de s’arracher les cheveux tant leur logique est difficile à comprendre.
Et je ne vais pas vous mentir… Heureusement que le « au pif » fonctionne parfois.





