Rivage est un jeu d’aventure et de réflexion à la première personne développé par Exnilo Studio et édité par Raw Fury (Mr Sun’s Hatbox, Sable, Dome Keeper, Call of the Sea, Blue Prince, Post Trauma, Cassette Beasts, etc.).
Le jeu nous propulse à bord de la station spatiale A.R.E.S. Alors que notre équipage a été victime d’un mystérieux événement, nous nous réveillons seule à bord de la station, avec énormément de questions et très peu de réponses.
Et autant vous le dire directement, si vous aimez les jeux où on doit fouiller, lire, réfléchir, faire des déductions et parfois se gratter la tête pendant cinq minutes devant un truc qui semble pourtant tout con, Rivage pourrait bien vous satisfaire.
Un jour sans fin dans l’espace
« Au 25e siècle, l’humanité a été contrainte de s’étendre au-delà de son système solaire. Parmi les étoiles, elle a découvert la planète VESTA, un monde susceptible de devenir son nouveau foyer. La station spatiale A.R.E.S. a alors été mise en orbite pour l’étudier et évaluer son potentiel, mais tout a basculé quand la station a été frappée par un phénomène inconnu…«

On incarne une certaine Miranda Vigneau, et dès le début, on comprend que quelque chose cloche.
Nous sommes à bord de la station spatiale ARES et environ 80 % de notre équipage est porté disparu. Enfin, « disparu » est peut-être même un terme un peu trop gentil, puisque nous n’avons absolument aucune idée de ce qui s’est passé et de ce qui leur est donc arrivé.
Le jeu nous laisse donc explorer les lieux afin de comprendre ce qui a bien pu arriver.
Pour accéder aux différentes parties de la station, il faudra notamment récupérer des cartes d’accès permettant d’augmenter notre niveau d’accréditation.
On commence logiquement avec une accréditation de niveau 1, autant dire qu’on ne peut pas aller bien loin avec ça.
Petit à petit, on va donc devoir trouver ou créer les cartes correspondant aux différents membres de l’équipage afin d’accéder aux zones nécessitant leur niveau d’autorisation. Ça va jusqu’au niveau 5.




Mais le fonctionnement de Rivage ne s’arrête pas là. Car nous sommes coincés dans une boucle temporelle. Lorsqu’on utilise toute l’énergie qu’on a, on découvre vite que pour la récupérer, on va devoir effectuer une « boucle ».
Et ce n’est pas une petite boucle de cinq minutes, heureusement. Par contre, on semble revivre les mêmes événements depuis trèèèès longtemps.
À chaque fois que notre « journée » se termine, on recommence depuis le « début » (comment a commencé le jeu).
Fort heureusement, certaines choses restent acquises entre chaque boucle, les accréditations obtenues, les photos prises et surtout les connaissances que nous avons accumulées.
Dieu merci, parce que sinon le jeu serait absolument infernal et interminable !
Un gameplay en boucle
Le principe de boucle temporelle est au coeur du gameplay, vous l’aurez compris.
La station dispose d’une quantité d’énergie limitée. En effet, ce n’est pas notre énergie à nous, mais bien celle de la station que nous utilisons. Chaque fois que nous ouvrons certaines portes ou activons certains mécanismes, nous consommons une partie de cette énergie.
On commence avec quatre unités.
Et une fois qu’il n’y en a plus, la station se retrouve sans courant et on ne peut plus y faire grand-chose.
Notre seule solution consiste alors à nous rendre dans une salle qui devient accessible lorsque l’énergie est épuisée, direction la cuisine, où se trouve une borne d’arcade. Il suffit de l’utiliser pour réinitialiser l’énergie… Et relancer une nouvelle journée.


C’est plutôt malin, puisque cette mécanique nous oblige constamment à réfléchir à la manière dont nous allons utiliser notre énergie, pour arriver à finir le jeu en faisant le moins de boucles possible.
Le problème, c’est qu’il suffit parfois d’une toute petite erreur d’inattention pour nous retrouver bloqués dans notre progression, et devoir recommencer avec une nouvelle boucle.
Vous avez oublié de relever un nom ? Une marque ? Un mot qui ne vous semblait pas important sur le moment ?
Eh bien, dommage.
Il faudra parfois refaire une boucle complète pour retourner chercher cette information. Et comme retrouver certaines informations nécessite d’utiliser une bonne partie de notre énergie, on peut rapidement se retrouver à refaire une journée entière pour un seul petit détail.
Heureusement, en avançant dans le jeu, nous allons pouvoir « gagner » un peu plus d’énergie.
Mais vraiment un peu, et le gagner n’est pas entre parenthèse pour rien.
Ce n’est clairement pas suffisant pour pouvoir aller partout en une seule boucle, ce qui signifie qu’il faut constamment planifier nos actions.
K9, notre meilleur compagnon
Pour nous accompagner dans l’aventure, nous disposons de K9, une sorte d’interface intelligente qui va devenir bien utile.
C’est à travers elle que nous allons notamment pouvoir conserver les informations importantes récoltées au cours de nos différentes boucles.
K9 nous permet également d’utiliser notre lampe, notre lampe UV, notre appareil photo, mais aussi d’écouter et de consulter les différents éléments que nous avons pu récupérer au cours de notre exploration.



On a donc finalement tout un tas d’accessoires à notre disposition, mais ceux-ci sont regroupés directement dans une seule interface, celle de K9, accessible à l’écran en appuyant sur une touche.
L’appareil photo sera certainement l’outil le plus utile du jeu.
Il nous permettra de conserver certaines informations afin de pouvoir les consulter plus tard, et notamment certains éléments qu’il serait autrement impossible de garder en mémoire entre les boucles.
Par contre, l’utilisation de l’appareil photo n’est pas toujours très pratique. Certaines informations sont tellement petites ou peu lisibles que parfois, même en zoomant, c’est compliqué de lire. Un seul zoom est possible, et lorsqu’on zoom, cela prend une énorme partie de l’écran, ce qui nous empêche de faire quoi que ce soit en même temps. Ça peut parfois être un peu laborieux.
Un équipage qu’on apprend à connaître, à aimer, et/ou à détester
Même si Miranda se retrouve seule sur la station que nous foulons, elle n’est évidemment pas la seule personne qui compte dans cette histoire.
L’équipage est composé d’environ cinq personnes, chacun ayant son propre caractère et venant d’une nation différente.

On retrouve notamment Miranda pour la France, Amaan pour l’Inde, Jahi pour le Kenya, Rafael Almeida pour l’Espagne et Jonny Kim pour le Vietnam.
Et même si nous ne les verrons jamais directement en chair et en os, nous allons progressivement apprendre à les connaître grâce aux audiologs, aux documents et aux différents éléments laissés derrière eux.
C’est d’ailleurs un des trucs que j’ai beaucoup appréciés dans le jeu.
Au fil de notre progression, on découvre leur personnalité, leurs relations, leurs petites histoires et ce qui a pu se passer avant que tout parte en couille.



On va forcément s’attacher à certains personnages, en apprécier d’autres beaucoup moins, et surtout avoir envie de comprendre comment ils ont tous pu se retrouver dans cette situation.
Le système d’accréditation permet d’ailleurs de renforcer cette impression de progression dans la découverte de l’équipage. Comme chacun possède son propre niveau d’accès, il faudra retrouver ou créer leurs cartes respectives afin de pouvoir scanner celles-ci et pénétrer dans des zones qui nous étaient auparavant interdites, comme leurs chambres, par exemple.



Beaucoup de lecture pour encore plus de questions
Rivage est un jeu qui demande de lire. Beaucoup. Mais alors vraiment beaucoup.
On trouve des documents un peu partout, des audiologs, des échanges, des informations techniques, des souvenirs… Et il faut évidemment réussir à faire le rapprochement entre tout ce que l’on découvre.
Certaines informations paraissent complètement inutiles lorsqu’on les trouve, avant de prendre tout leur sens plusieurs heures plus tard.





Et c’est là que le jeu devient intéressant. Rivage ne nous explique pas systématiquement tout. Il faut parfois déduire certaines choses, se souvenir d’un détail trouvé deux heures auparavant ou simplement comprendre ce que le jeu essaye de nous faire remarquer.
Si lire vous fait chier, passez votre chemin. Vous allez probablement passer un très mauvais moment.
Par contre, si vous aimez ce genre de jeux où vous devez fouiller, lire et essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé, ruez-vous dessus, vraiment. Parce que le jeu est une petite pépite dans le genre.
Des énigmes qui demandent parfois de faire chauffer son cerveau
Les énigmes sont évidemment une grosse partie du jeu.
La majorité d’entre elles sont plutôt bien faites et accessibles, à condition d’avoir pris le temps de lire et d’observer ce qui nous entoure.
Le jeu évite également un truc que je déteste particulièrement dans ce genre d’aventure : Devoir retaper constamment les mêmes mots de passe ou les mêmes codes. K9 est là pour nous aider avec ça.
Une fois qu’on a découvert certaines informations, elles restent généralement acquises, ce qui évite de nous faire refaire inutilement certaines manipulations.





Mais toutes les énigmes ne sont pas aussi bien expliquées, et/ou intuitives.
Certaines peuvent être particulièrement difficiles à comprendre, comme celle concernant l’ordinateur d’Amaan, ou celle autour du jeu d’échec.
Et malheureusement, quand on n’y comprend rien aux échecs, bah… On n’y comprend rien aux échecs.
Rivage nous force pourtant parfois à nous confronter à ce genre de choses.
Et là, forcément, ça devient beaucoup moins amusant.
Une station spatiale vraiment agréable à parcourir
Visuellement, Rivage est très réussi.
La station ARES est crédible, détaillée et surtout agréable à parcourir. L’ambiance sonore accompagne parfaitement les lieux et contribue énormément à cette sensation d’isolement.
On est seul, dans une grande station spatiale, avec pour seuls compagnons les vestiges laissées par nos anciens camarades qui s’y trouvaient sûrement encore avant notre réveil.




Et ça fonctionne assez bien.
Le jeu est également fluide et plutôt bien optimisé, ce qui permet de profiter de cette ambiance sans avoir à subir une tonne de problèmes techniques. Quelques ralentissements sont quand même malheureusement présents par moment, mais c’est très rare. Le seul vraiment soucis technique qu’on peut déplorer, c’est que le jeu fait un peu « blurry », comme s’il y avait un voile à l’écran, par moment.
Quant à lui, le jeu d’acteur est lui aussi très bon, et les différents audiologs sont agréables à écouter.
Et comme on passe une bonne partie de notre temps à découvrir de nouveaux éléments de l’histoire, l’ensemble est très crédible et arrive à nous tenir en haleine du début à la fin.
Surtout qu’il y a pas mal de rebondissements, dont certains que je n’avais pas vraiment vu venir.
Une histoire qui donne envie de savoir et comprendre
La plus grande qualité de Rivage c’est probablement son intrigue.
Le jeu est extrêmement intrigant, et c’est clairement pour son et notre plus grand bien.
On commence avec énormément de questions et très peu de réponses. Puis, au fur et à mesure de nos différentes boucles, on récupère des morceaux d’informations qui permettent progressivement de comprendre la situation, mais pas sans nous faire nous poser de nouveaux questionnements.







On avance donc en permanence avec cette envie de savoir ce qui va se passer par la suite.
Pourquoi sommes-nous coincés dans cette boucle ?
Depuis combien de temps la revivons-nous ?
Qu’est-il arrivé à l’équipage ?
Et surtout…
Comment est-ce qu’on va réussir à sortir de tout ça ?
Je ne vais évidemment pas divulgâcher les réponses, mais l’histoire tient vraiment en haleine jusqu’à la fin.
Et vu que j’ai terminé le jeu en environ 17 heures, je peux vous dire que j’ai eu largement le temps de me poser des questions. (Les développeurs estiment que le jeu se finit entre 10h et 12h, mais suivant comment vous jouez, ça peut être plus, voir moins.)
En tout cas, ce fût pas sans mal, d’ailleurs, parce que certaines énigmes m’ont bien fait galérer.
Et encore, je crois que j’ai eu la mauvaise fin, car le jeu semble en avoir deux.
