MOUSE: P.I. For Hire

Date de sortie

16/04/2026

Développeur

Fumi Games

Éditeur

PlaySide

Test réalisé sur

PC

Plateforme(s)

STEAM DECK

Compatible

GENRE(S)

Action, Aventure, Exploration, FPS, Plateforme, Tir

MODE(S)

Solo

LANGUE(S)

Anglais audio avec des sous-titres français

CLASSIFICATION

PEGI_16

MOUSE: P.I. For Hire est un FPS d’action-aventure en noir et blanc, développé par Fumi Games et édité par PlaySide.
Le jeu nous plonge dans un univers digne des vieux cartoons des années 30, avec une grosse vibe film noir.


Et autant dire que ça sent la magouille, le fromage… Et les emmerdes.

Un film noir version cartoon

Dès les premières minutes, le ton est donné, on est clairement dans une ambiance à la croisée entre vieux dessins animés façon Mickey ou Cuphead, un peu de Bendy and the Ink Machine (en beaucoup moins horreur et plus mafieux), et une mise en scène qui rappelle parfois BioShock Infinite ou même Max Payne.

Le tout avec une ambiance sonore et musicale qui fait penser à un mélange entre vieux cartoon à la Mickey et un petit côté The Mask.

Et franchement bordel, ça marche super bien, l’ambiance est dingue.

Un FPS rétro qui ne reste pas bloqué dans le passé

Côté gameplay, on est sur un FPS bien nerveux, qui rappelle les anciens fast FPS à la Quake, Doom, Wolfenstein ou encore Duke Nukem 3D.

Mais on peut aussi utiliser l’environnement, comme tirer (Pan!) sur une corde pour faire tomber une enclume sur un ennemi, exploser des barils, etc.

On débloque même des capacités au fil du jeu : double saut, grappin avec la queue, planage…
Bref, il y a de quoi s’amuser !

Des souris et des armes

Côté arsenal, on est plutôt bien servis.

Poings, pistolet, fusil à pompe, TNT, exterminateur (lance-acide), etc.
En tout, on aura facilement une douzaine d’armes.

Chaque arme peut être améliorée en 3 paliers via des plans :

  • 1 plan
  • 3 plans
  • 5 plans

Le premier palier débloque le tir secondaire de nos armes, par exemple.

Petit regret cependant, il est impossible de viser.
Ça n’aurait peut-être pas changé grand-chose, mais ça aurait été un petit plus.

On peut aussi donner des coups de pied, ce qui permet :

  • de repousser les ennemis
  • d’interagir avec le décor (barils explosifs, etc.)

Par contre, quand on porte un baril… On ne peut rien faire d’autre.
Pas se soigner, pas ouvrir une porte, pas sauvegarder.

Obligé de le balancer. Dommage de ne pas pouvoir juste le poser à terre.

Ce n’est pas une arme, mais nous aurons aussi une lampe torche. Dommage qu’elle soit utilisable uniquement dans le noir.

Une enquête à la manière d’un détective

Dans notre bureau, on a un tableau d’enquête où l’on doit relier des indices entre eux, comme dans les films.
Ça permet de débloquer de nouvelles pistes et de faire avancer les affaires.

On peut aussi se balader librement sur la carte de la ville, en voiture, avec plusieurs zones :
ville, forêt, plage, cirque, cimetière…
C’est très varié, dommage que le déplacement dans cette map soit si lourd.

La map a un petit côté tapis de jeu d’enfance (ou du Flex Fiesta… ahah)

Un jeu qui regorge de BEAUCOUP de contenu et de choses à faire

Le jeu regorge de choses à faire :

  • Passages secrets
  • Collectables (comics, cartes, journaux…)
  • Mini-jeu de cartes dans le bar
  • Magasins (armes, bonus, etc.)
  • Missions secondaires

Les secrets sont partout, et c’est cool à explorer.

Mais… Pas toujours logique.

Tu trouves un objet dans un passage secret…
Et derrière, faut quand même l’acheter en boutique, pour certains. Pourquoi ?

Un mini-jeu sympa, mais…

Le mini-jeu de cartes (baseball) est plutôt cool.

Tu joues batteur/lanceur avec des cartes, ça te fera gagner des jetons qui serviront à obtenir un item unique.

Le jeu est fun, même si plus t’as de cartes, plus il est difficile, au final, ce que je ne trouve pas forcément très logique…
Mais alors… Devoir se retaper le tuto à chaque fois qu’on relance une nouvelle partie, même après en avoir déjà fait plus de 20 et avoir autant de jetons… C’est non !
C’est juste super énervant et donne limite envie de ragequit !

Mais tout n’est pas parfait…

Parce que oui, malgré toutes ses qualités, le jeu a aussi ses défauts.

Déjà, il y a pas mal de murs invisibles (le jeu en est cependant conscient et en fait même un blague à la fin), ce qui casse un peu l’exploration.
Certains passages sont aussi très scriptés. Donc impossible d’aller trop vite et de skipper certains passages.

Les animations de mort des ennemis sont fun au début (têtes qui explosent, ennemis cramés…), mais deviennent vite répétitives.

Et globalement, le jeu finit par devenir très légèrement redondant sur la durée.

La malédiction de la traduction (française)

Alors là… Accrochez-vous.
La traduction est complètement bancale. (ENCORE)

Et pas qu’un peu.

Quelques exemples (et y’en a à la pelle) :

  • “Not really the best time to celebrate” → “Je m’y connais pas trop en musique…”
  • “Traveller” → “mon ami”
  • “Disinfectants” → “dissolvants”
  • “There is a scale in this world” → “Ce monde est une échelle”
  • “Not sure you want to hear this” → “Ça risque de te faire un choc”
  • “No I hate mimes” → “Oh que si. Je déteste les clowns.” (Alors que juste avant, “mimes” était bien traduit…)

Mais le pire du pire :

Un personnage dit clairement (en français) :
Bonjour Mr Jacques
qui se voit traduit en :
Hello, Mister Jack.

Mais… POURQUOI ?!

Le perso parle FRANÇAIS dans le jeu…
Et on te traduit ça en ANGLAIS ?

C’est quoi la logique ?

Et juste après, elle dit :
“Bonjour, it means hello in French” => “Hello. Ça veut dire bonjour, but in English”

C’est lunaire. Pourquoi inverser la traduction, et traduire des choses qui n’ont pas à l’être, ici ?

Avec des voix françaises, ce genre de choix aurait fait sens et fonctionné sans souci. Mais en VOSTFR, avec uniquement l’audio anglais, ça crée un décalage inutile.
Donc on lit quelque chose qui ne colle pas à ce qu’on entend, et ça devient vite frustrant.

Alors oui, parfois faut adapter pour les blagues, les références, etc.
Mais là, on est sur des phrases qui pouvaient être traduites correctement sans problème, sans perdre le sens.

Et le pire, c’est les blagues sur le fromage :
Dans une blague, par exemple :
Le « cheddar » devient de l' »oseille » tandis que le « gouda » devient du « basilic ».

Dans un jeu de souris… Donc avec du fromage…
Faut m’expliquer la logique.

Et des fois, c’est l’inverse :
Les sous-titres français nous font des blagues/jeux de mots avec du fromage… Alors qu’il n’en est rien en VO.
Bref, c’est incohérent du début à la fin.

Ça reste compréhensible, hein…
Mais mal traduit, mal interprété, et surtout pas respectueux de la VO.
Et c’est franchement frustrant à lire.

Une direction artistique aux petits oignons

Malgré tout ça, il faut reconnaître une chose :
La direction artistique est incroyable.

Les animations sont super travaillées (le rechargement du pompe est génial),
la mise en scène est pleine d’humour et de rebondissements,
et les doublages sont excellents.

On retrouve même des noms connus comme Troy Baker (Joël de The Last of Us), accompagné de pas mal d’autres talents.
Et ça, ça fait vraiment la différence.

INFORMATIONS

Date de sortie

16/04/2026

Développeur

Fumi Games

Éditeur

PlaySide

Test réalisé sur

PC

Plateforme(s)

STEAM DECK

Compatible

GENRE(S)

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Anglais audio avec des sous-titres français

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CONCLUSION

Au final, MOUSE: P.I. For Hire est clairement un jeu qui m’a marqué.

Oui, il a des défauts.
La traduction française multiplie les reformulations sans réel bénéfice (c’est même souvent l’inverse), que ce soit en lisibilité, en naturel ou en fluidité, il y a des murs invisibles, quelques bugs, et ça peut devenir répétitif sur la durée.

Mais malgré tout ça, j’ai passé un super moment !
Parce que derrière, t’as une direction artistique de dingue, une ambiance film noir maîtrisée comme un bon vieux polar sous whisky, des personnages vraiment cools, attachants et bien écrits, une mise en scène soignée, et surtout une vraie identité.

C’est pas parfait, certes, mais c’est le genre de jeu où tu lances une mission… Puis une autre… Puis “allez encore une petite”, et tu te retrouves à 2h du mat sans comprendre comment t’en es arrivé là. Et pourtant, ce n’est même pas un rogue-like !

Franchement, des jeux avec une telle personnalité, t’en as pas tous les jours.
Ça déborde de style, ça a une vraie gueule, et ça ne ressemble pas à tout ce qui sort en ce moment.

Un vrai coup de cœur, malgré ses défauts !

Par contre, c’est dommage qu’après avoir fini l’aventure, on ne puisse pas recommencer les niveaux que l’on veut, via la map ou autrement…
Histoire de récupérer ce qu’il nous manque en collectables et compagnie.

Parce que refaire plus de 20 heures de jeu pour 1 BD, 2 journaux et trois succès qui se battent en duel…
Bon… Comment dire… La flemme un peu.

Surtout que du coup, je ne comprends pas trop l’intérêt de trouver de l’argent dans le dernier niveau…
C’est un peu comme recevoir ton salaire… Le jour de la fin du monde.


P.S. :
Si vous comprenez au moins un peu l’anglais, je vous conseille de mettre les sous-titres en VO (anglais).
Ça vous évitera de criser à cause de la traduction.

Les dialogues ne sont pas très complexes, donc ça passe largement.

Et si vous ne comprenez pas du tout l’anglais, pas d’inquiétude, ça reste compréhensible dans les grandes lignes…
Mais vous allez rater quelques jeux de mots… Ou en récupérer d’autres à la place.
(Genre l’oseille et le basilic qui débarquent à l’improviste dans un jeu de souris et de fromage… Cherchez pas, même le jeu ne sait pas.)

+ POINTS POSITIFS

  • Intrigue bien écrite et prenante
  • Direction artistique incroyable
  • Ambiance film noir réussie
  • Doublages de qualité
  • Environnements variés
  • Arsenal varié et complet
  • Beaucoup de contenu
  • Bonne durée de vie (+ de 20h)
  • PNJ bien écrits et haut en couleurs
  • Quêtes secondaires sympathiques
  • L’humour
  • Choix d’option très complet
  • OST très réussie qui colle parfaitement au jeu
  • Mini-jeu de cartes sympa…

- POINTS NÉGATIFS

  • Légèrement répétitif sur la durée
  • Beaucoup de murs invisibles
  • Traduction française bancale
  • Pas de New Game+ ou de possibilité de refaire les niveaux une fois le jeu fini
  • …mais le tuto qui revient tout le temps est très énervant

Cet article a été rédigé avec un service presse

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4 réponses

  1. Le moins que l’on puisse demander, lorsque l’on critique un aspect d’une œuvre artistique, c’est d’être capable de juger correctement de la qualité de la discipline qui est évaluée. Or votre critique se permet de remettre en question la qualité de la traduction du jeu tout en prouvant que vous ignorez complètement ce qui constitue une bonne ou une mauvaise traduction. Absolument tous les exemples que vous donnez semblent prouver que nous avons affaire à un travail de traduction soigné, humain et créatif.

    Prenons l’exemple du personnage qui s’exprime avec des mots anglais en français alors qu’elle le fait avec des mots français en anglais. Nous avons là une technique de transposition tout ce qu’il y a de plus standard, un mécanisme de traduction bien rodé. Le but d’une traduction n’est pas de reproduire bêtement ce qui est dit dans l’original, mais de transmettre le même effet d’une façon propre à la langue cible. Ainsi, ce qu’il faut préserver ici, c’est le fait que le personnage emploie des mots étrangers. Si ce « Monsieur Jacques » que vous citez avait été laissé tel quel dans la traduction française, une personne purement francophone n’aurait simplement pas compris que ce personnage est censé s’exprimer de façon étrange en utilisant des mots d’une langue étrangère. L’effet narratif recherché par le développeur n’aurait pas été retranscrit. Le personnage aurait donc été aplati en VF par rapport à la VO. En transposant son « accent », la traduction préserve entièrement le personnage. Vous demandiez la logique de ce choix de traduction? La voici.

    Et ça ne s’arrête pas là. « Cheddar » est un vrai terme anglais signifiant « argent » en langage familier. Son équivalent français est, en effet, « oseille ». Il est donc bien normal de l’avoir respecté pour un rendu plus idiomatique, quitte à perdre la blague relative au fromage. Bien heureusement, l’équipe de traduction semble avoir pensé à compenser la nécessité d’effacer certains traits d’humour en rajoutant d’autres blagues du même type de son propre cru. Je ne doute pas que vous penserez à les féliciter pour leur créativité ? Ah, non, pardon, vous critiquez justement ce genre d’ajouts, qui sont également un mécanisme tout ce qu’il y a de plus commun en traduction pour préserver le style d’une œuvre.

    Un troisième exemple pour la route : « Ça risque de te faire un choc » est une traduction très idiomatique de « Not sure you want to hear this ». La phrase transmet que l’interlocuteur ne va pas apprécier ce qui suit dans les deux langues. Mais je suppose que vous auriez préféré une version plus littérale et plate, un simple « Je ne pense pas que tu veuilles entendre ça », option non seulement plus longue, donc problématique vis à vis du sous-titrage, mais qui aurait pu être recrachée par Google Translate ? Vous ne donnez pas suffisamment de contexte dans vos autres exemples pour les décortiquer, mais au vu des de vos autres critiques, on peut supposer que vous avec été encore une fois incapable d’apprécier le travail de traduction, vous contentant de présumer que, si ça ne correspondait pas mot pour mot à ce qui était dit en Anglais, c’est que c’était faux.

    Le métier de la traduction de jeu vidéo est méconnu et malaimé. C’est rare de voir une critique parler d’une traduction, donc c’est d’autant plus désolant que l’une des rares exceptions à la règle se fasse sur la base d’une incompréhension profonde de ce qui est, d’après vos exemples et les captures que vous joignez à travers le texte, une traduction qui a l’air excellente. Vous accusez la traduction de manquer de respect à la VO, mais au contraire, elle la respecte en fournissant un vrai travail d’adaptation qui cherche à préserver son ton, son humour et ses effets de style plutôt qu’à recracher bêtement les formulations anglaises. C’est vous qui manquez de respect à l’équipe de traduction avec votre critique.

    1. Bonjour,

      Je sais très bien qu’une traduction ne doit pas être littérale, et je le dis moi-même dans mon test. L’adaptation, la transposition, tout ça, je le remets pas en cause.

      Là où je suis pas d’accord avec vous, c’est sur le rendu en jeu.

      Votre commentaire est très théorique, mais moi je parle d’un ressenti en jeu.
      Et clairement, la traduction m’a sorti de l’immersion plusieurs fois.
      Peu importe que l’intention derrière soit bonne, si le résultat est étrange à lire, ça ne fonctionne pas.
      J’ai eu l’impression que certaines traductions passaient complètement à côté du contexte, tant certains passages semblaient déconnectés de ce qui se passait à l’écran.

      Pour l’exemple du personnage qui mélange les langues, je comprends totalement la logique sur le papier. Qui aurait parfaitement fonctionné si le jeu avait été doublé en français.
      Là, dans un jeu seulement en VOSTFR, où on entend donc que la VO (anglais), lire l’inverse de ce qu’on entend, c’est perturbant.
      On capte le décalage direct, et ça casse le truc.
      Là où c’est censé être fluide, ça devient visible, surtout que la personne qui parle ce mélange de français/anglais a, en plus, un accent français.

      Pareil pour certaines phrases.
      Oui, elles peuvent être idiomatiques, mais si en les lisant je me dis “tiens, c’est bizarre cette formulation”, c’est que ça ne marche pas complètement.
      Une bonne traduction, pour moi, c’est aussi et surtout une traduction qui se fait oublier.

      Je reconnais que je peux chipoter sur certains exemples, le « Not sure you want to hear this » par exemple.
      Après vu la taille des cases de dialogue (qui est vraiment grande) et les personnages qui n’ont pas leur lèvres qui bougent, l’argument de la longueur des phrases ne tient pas vraiment ici.
      Un “Pas sûr que cela te plaise d’entendre ça” aurait très bien fonctionné, par exemple.

      Enfin… Y’a quand même des exemples où, clairement, ça ne fonctionne pas :
      “Not really the best time to celebrate” → “Je m’y connais pas trop en musique…”
      “Disinfectants” → “dissolvants”

      Là, ce n’est plus juste une question de traduction ou de style, ça pose un problème de sens.
      Après, en effet, sans contexte, c’est compliqué de se faire une vraie idée de tout ce dont je parle.

      Mais dans tous les cas, ne pas aimer une traduction, ce n’est pas un manque de respect. Ça reste un avis basé sur mon expérience de jeu. Je ne dis pas que tout est mauvais, je dis simplement que, de mon côté, ça ne m’a pas convaincu.

      C’était le but du test de donner mon avis, pas de faire une analyse technique de la traduction.

      1. Merci pour votre réponse ! Vous avez totalement raison, il est dur d’évaluer correctement une traduction sans contexte. C’est pourquoi je reviens vers vous après avoir joué au jeu au cours des derniers jours.

        J’ai pu vérifier par moi-même que la traduction est excellente. Elle est pleine de personnalité, fluide, fidèle au style des dialogues anglais et très idiomatique. De plus, j’ai pu croiser certains des exemples qui semblent le plus vous tenir à cœur, ce qui m’a permis de constater que vous critiques sont infondées. Vous en citez deux dans votre réponse: “Not really the best time to celebrate” → “Je m’y connais pas trop en musique…” et “Disinfectants” → “dissolvants”. Je vous propose d’analyser ces choix de traduction en contexte.

        1) Je m’y connais pas trop en musique…:

        Dialogue en anglais: « Now, give me the first thing that comes to mind, all right? » –> « Oooh, the Party! » –> « Not really the best time to celebrate. » –> « No, no, the politicians, the Big Mouse Party ! »

        Dialogue en français: « Dites-moi simplement la première chose qui vous passe par la tête. » –> « Oooh, le Groupe ! » –> « Je m’y connais pas trop en musique… » –> « Non, non… Les politiciens, le euh… Le Groupe des Souris Respectables. »

        Comme vous pouvez le voir, nous affaire à un quiproquo. Jack comprend de travers le sens du mot prononcé par son interlocutrice: « party ». Il pense qu’il signifie « fête » alors que le personnage utilise en réalité son homonyme, qui fait référence à un parti politique. C’est pourquoi il répond « Not really the time to celebrate ».

        Bien évidemment, cette blague ne peut pas être traduite littéralement en français, faute de quoi elle n’aurait aucun sens. Un francophone ne penserait jamais que quelqu’un fait allusion à une fête en entendant le mot « parti ». C’est donc une interaction ayant besoin d’être localisée pour créer le même effet en français.

        Dans la version française, le « Big Mouse Party » est donc le « Groupe des Souris Respectables ». Ainsi, le quiproquo de Jack n’est plus de confondre « fête » et « parti », mais « groupe de musique » et « parti politique ». C’est pourquoi il répond « Je ne m’y connais pas trop en musique ». Nous pouvons même supposer que le nom français de cette organisation a été choisi précisément afin de pouvoir localiser correctement cette interaction.

        Ce dialogue, loin de poser un problème de sens comme vous l’avancez, constitue une étude de cas particulièrement intéressante qui met en relief les défis qui se présentent lors d’un processus de localisation. Elle prouve que le jeu a été traduit avec soin par une équipe de traduction professionnelle et expérimentée.

        2) « Disinfectant »

        Dialogue anglais: « I’m simply concerned for our little brothers. I see there’s been some weird dis.. dis… dis… » –> « Disagreements? Between them and mice? » –> « No, dis, dis… dis… » –> »Disinfectants? No way, they finally came up with something better than Spike-D’s stuff ? » –> « D-disapearences, Jack! »

        Dialogue français: « Je m’inquiète juste pour nos petits amis. Dernièrement, il y a eu des dis.. dis… dis… » –> « Des disputes ? Entre elles et les souris? –> « No, des dis… dis… dis… » –> « Des dissolvants ? On a enfin trouvé un produit plus efficace que la camelote vendue par Lacto-Z ? » –> « Des d-disparitions, Jack! »

        Lors de ce dialogue, Jack discute avec un personnage qui bégaie. Son interlocuteur essaye de lui faire part de « disparitions », ou « disapearences » en anglais. Mais comme il bégaye, il n’arrive pas à finir le mot, répétant « dis… dis… dis.. », ce qui marche dans les deux langues, étant donné que les trois premières lettres du mot sont identiques en anglais et français.

        Jack est impatient et n’arrête pas de couper l’autre personnage pour deviner le mot commençant par « dis » qu’il essaye de prononcer. Il propose en premier « Disagreements », traduit par « Disputes » en français. Dans les deux langues, les mots commencent par « Dis ».

        La proposition suivante de Jack est « Disinfectants » en anglais. Or, « Désinfectants » ne commence pas par « dis », il ne peut donc pas penser que c’est là le mot qui va être prononcé en français. Voilà pourquoi la traduction le remplace par « Dissolvants », un mot commençant par les bonnes lettres et qui peut tout aussi bien être un produit vendu par Spike-D/Lacto-Z (encore une traduction très bien trouvée, au passage!).

        Dans ce dialogue, le fait que Jack fasse allusion à des désinfectants n’a aucune importance pour le sens de la phrase. Ce qui compte, c’est qu’il est en train d’interrompre le discours de l’autre personnage pour proposer des mots commençant par « dis » qui sont à côté de la plaque. Encore une fois, contrairement à ce que vous avancez, la traduction s’efforce de préserver le sens de l’anglais. C’est justement si elle avait traduit littéralement le mot que nous aurions eu affaire à un contresens.

        J’ai aussi croisé la blague remplaçant « cheddar » par « oseille » et le « gouda » par « basilic ». Mis à part le fait que « oseille » est effectivement l’équivalent de « cheddar » lorsque le mot se réfère à l’argent, ce choix de traduction permet de localiser un jeu de mots. En français, il joue sur le fait que l’oseille et le basilic sont toutes deux des plantes aromatiques. D’ailleurs, la traduction précise même « J’parlais pas d’la plante, Jack » pour expliciter la blague.

        Pour résumer: dans les trois cas, ce que vous prenez pour une erreur de traduction est un choix judicieux compte tenu du contexte du dialogue et de l’effet humoristique recherché. Je vois trois explications possibles à votre choix de présenter les phrases hors du contexte du dialogue environnant dans votre critique. Soit vous n’avez tout simplement pas compris les blagues anglaises, soit vous avez lu le français trop vite, soit vous avez volontairement décidé d’omettre le contexte pour faire passer d’excellents choix de traduction pour des contresens.

        Force est de constater que tous vos exemples de « mauvaise traduction » ne tiennent pas la route en contexte, et qu’il s’agit au contraire des endroits où il est le plus apparent que nous avons affaire à une traduction de qualité. Votre critique me désole plus encore qu’avant de jouer au jeu, car je sais maintenant qu’elle est mensongère et fruit soit d’une manque de compréhension de votre part, soit de mauvaise foi.

        Vous dites qu’une bonne traduction ne se remarque pas, et c’est vrai… lorsque l’audience expérimente uniquement la traduction, sans avoir accès à la VO. Mais c’est bien normal de remarquer des différences entre la traduction et la VO quand les deux sont juxtaposés. Au contraire, si tout est identique, alors c’est mauvais signe, surtout quand nous avons affaire à de l’humour, qui est difficilement traduisible tel quel. La traduction de MOUSE reste très proche de la source la plupart du temps, mais s’éloigne dès que l’anglais utilise une tournure de phrase qui n’existe pas en français ou dès qu’il faut adapter un blague pour qu’elle fonctionne en français. C’est là ce que font les bonnes traductions.

        Je pense que la moindre des choses de votre part, au vu des exemples que je vous ai donné, serait de modifier la section dédiée à la traduction dans votre critique. Vous avez bien sûr le droit de ne pas adhérer à certains des choix stylistiques de la traduction, mais il est possible de faire ça tout en mettant en avant qu’ils sont réfléchis, sans l’accuser d’être « bâclée » ou « lunaire », ce qui est tout simplement faux.

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