Legacy of Kain: Ascendance est un jeu d’action-plateforme en 2D développé par Bit Bot Media, et édité par Crystal Dynamics (Legacy of Kain, Killing Floor, Tomb Raider…).
Ici, pas de gros jeu en 3D ou d’aventure à la Soul Reaver. Non. On part sur un jeu en 2D, avec une direction très rétro, qui rappelle fortement les anciens Castlevania.
Mais est-ce que ça fonctionne vraiment… ?
Une histoire de famille compliquée
Dans cet épisode, on suit la quête de Elaleth, une vampire… Mais surtout la sœur de Raziel.
Son objectif ? Se venger de son frère, qui a tué son bien-aimé, un certain Mathias.



Petite particularité sympa (ou glauque, au choix) : elle aime couper la main droite de ses ennemis pour faire passer un message.
Une référence directe à ce que son frère lui a fait.

Au fil de l’aventure, on alterne les points de vue, puisqu’on incarne aussi Raziel… En humain, bien avant qu’il ne devienne un dévoreur d’âmes, mais pas que…
Et oui, vous allez même l’affronter en boss.
Metroidvania ou pas ?
Alors, on va être clair tout de suite, si vous venez pour un metroidvania… Vous pouvez repartir tout de suite.
Malgré ce que peuvent dire les tags du jeu (sur Steam notamment), on est ici sur un jeu d’action-aventure en 2D avec une grosse dimension plateforme.
Les niveaux sont découpés en chapitre, la progression est très linéaire, et les combats sont omniprésents.



On est beaucoup plus proche d’un vieux Castlevania que d’un Hollow Knight ou d’un vrai metroidvania.
Impossible d’avancer tant que tous les ennemis à l’écran ne sont pas morts (des murs invisibles vous bloquent.)
Le gameplay est simple, mais loin d’être efficace… C’est rigide, daté, et vite répétitif.
Deux personnages, plus de fun ?
Le jeu alterne entre plusieurs personnages selon les chapitres (12 au total, pour environ 4h de jeu).
Elaleth :
- Peut planer et voler (mais c’est lourd, vraiment lourd)
- Doit boire le sang des ennemis pour survivre (sa vie descend toute seule avec le temps…)
- Tout consomme de l’endurance… Même planer
- Peut dasher et parer les attaques
Clairement, jouer Elaleth est lent et contraignant.
Le système d’endurance rend tout lourd, et le fait de devoir constamment se nourrir devient vite pénible.

Raziel (humain) :
- A une roulade pour esquiver
- N’a pas de jauge d’endurance, mais une jauge de « bombes enflammées »
- Doit brûler les ennemis pour les purifier (sinon ils reviennent à la vie)
- Se soigne avec de la nourriture peu ragoutante
Et honnêtement ?
C’est lui le plus agréable à jouer.
Les ennemis sont aussi plus variés de son côté : vampires, chauves-souris, rats mutants géants, morts-vivants…
Ça apporte un peu plus de dynamisme.

Et même… Kain
Oui, on jouera aussi Kain.
Plus puissant, capable de dasher à travers certaines portes, il apporte un gameplay un peu différent, mais reste assez classique. Un mélange entre Elaleth et Raziel.



Un gameplay varié… Mais frustrant
Sur le papier, le jeu propose pas mal de choses :
Combats, phases de plateforme, énigmes, poursuites, secrets cachés dans les murs, etc.





Mais en pratique, c’est pas la même chose…
L’IA est complètement à la ramasse (les ennemis se jettent parfois eux-mêmes dans le vide…), les boss sont peu inspirés, les animations rigides et datées, les phases avec de l’eau: tu l’effleures = tu meurs, et un des points les plus noirs du jeu à mon sens, il est impossible de regarder vers le bas dans les zones verticales, donc quand on veut chercher des secrets et tout, on meurt injustement bien trop souvent !
Et ça, c’est particulièrement frustrant.


Une direction artistique en crise d’identité
Le jeu propose du pixel-art… Correct, sans plus, mais PAS QUE !
On y retrouve un gros gloubi-boulga visuel pas forcément toujours très cohérent.
Ça mélange :
- 16 bits en jeu
- Cinématiques en comics pixelisés (puis en dessins animés sur la fin)
- Dessins « animés » de nos personnages lors des dialogues
- Et même de la 3D sans intérêt et daté





Le pire reste la fin, avec les cinématiques en mode comics / dessin animé bien plus réussies…
Ils ont enfin progressé, mais dommage que le reste du jeu soit resté figé dans son état initial.
À moins que ce soit voulu, auquel cas ce mélange de genres visuels devient à la fois incompréhensible et incohérent…
Une traduction vraiment pas terrible
Là, on touche un point sensible pour moi.
Quelques exemples :
- « I am pleased » → « Mes félicitations »
- « You won’t be leaving this room » → « Tu ne repartiras pas d’ici vivant »
- « And we can end this NOW » → « et nous pourrions mettre fin à tout cela » (le “NOW” a disparu…)
- « As you did for Janos ? » → « Comme pour Janos, j’imagine. » (Une question qui se transforme en affirmation… Tout va bien. Et vu que la VO met bien l’accent sur le fait que ce soit une question, ça ne fonctionne pas.)
– Et ces petits exemples sont sur 4/5 cases d’affilées, quand même… –


Alors oui, ça reste compréhensible…
Mais c’est mal interprété en permanence durant tout le jeu.
Et le problème, c’est qu’il n’y a pas de VF, que des voix anglaises, donc on lit tout.
Encore s’il y avait eu des voix françaises, on pourrait se dire que ces sous-titres étaient calés dessus. Mais non, ce n’est même pas le cas !
Du coup, quand tu comprends un minimum l’anglais, ça pique les yeux.
Je chipote surement dessus, mais savoir que des gens sont formés et payés pour faire ça… Alors qu’une personne “lambda” pourrait faire 3 fois mieux qu’un pro, ça m’énerve.
Un jeu tiré d’un comics ?
Et oui, le jeu est en réalité adapté du comicbook :
Legacy of Kain: Soul Reaver – The Dead Shall Rise, qui sert de préquel officiel à la saga Soul Reaver.
On y découvre notamment le passé humain (ou pas) de Raziel.
Attention cependant, le jeu (ainsi que le comics ?) prend certaines libertés avec le lore, ce qui risque de faire grincer les dents des fans.
(Peut-être pour ça que la fin du jeu est en mode comics/dessin animé, pour rappeler que le jeu est une adaptation d’un comics ?)


